UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIALE 2002: Comment caractériser la pauvreté
State of World Population
Sections
Aperçu général
Comment caractériser la pauvreté
Macroéconomie, pauvreté, population et developpement
Les femmes et l'inégalité entre les sexes
Santé et pauvreté
Le VIH/sida et la pauvreté
Pauvreté et éducation
La population, la pauvreté et les objectifs mondiaux de développement
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Comment caractériser la pauvreté

Aperçu général
Les nombreuses dimensions de la pauvreté
Des causes entremêlées
Mesurer la pauvrté

Causes entremêlées

Reconnaître les causes et les effets divers de la pauvreté, ainsi que la manière dont ils agissent les uns sur les autres, détermine en partie la manière dont nous mesurons la pauvreté, ainsi que les plans que nous faisons pour l'éliminer. La nouvelle conception du processus de développement - et de ceux qu'il laisse à l'écart - fait une place à la qualité de la gouvernance et à l'instauration d'un état de droit, à la corruption et à la criminalité, aux facteurs culturels et historiques. Il y a quelques années seulement, ces dimensions étaient jugées parfaitement à l'écart des grands courants du développement, et on y voyait peut-être une intrusion dans les affaires de pays souverains.

Par contre, le Rapport mondial sur le développement humain 2000 (9) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) est consacré en grande partie au bilan des pays du monde en matière de droits de l'homme. L'indice de développement humain du PNUD évalue régulièrement le progrès de chaque pays en matière d'éducation et de santé. La Banque mondiale s'est fait une priorité absolue d'écouter les " voix des pauvres " et d'y répondre (10).

5 LES VOIX DES PERSONNES ÂGÉES PAUVRES EN AFRIQUE DU SUD ET EN INDE

Dans une récente étude de l'UNFPA, on a demandé à des femmes et hommes âgés pauvres, en Afrique du Sud et en Inde, surtout dans les zones rurales, quels sont les principaux problèmes qui dominent leur vie. Il est apparu que beaucoup sont préoccupés par la pauvreté extrême : médiocres conditions de vie; insuffisance des soins de santé et de la protection sociale; violences et sévices entre membres de générations différentes.

Près de 5 % de la population sud-africaine sont âgés de 65 ans au moins. Ces personnes ont connu l'apartheid et tout son cortège d'indignités, et l'héritage en est encore vivant parmi eux. La plupart n'ont pas échappé depuis à la pauvreté extrême et à l'exclusion sociale.

Les Sud-Africains âgés identifient comme suit leurs besoins prioritaires : la sécurité alimentaire; de l'eau salubre; un abri adéquat; l'électricité; de l'argent et une pension; des centres de soins de santé adéquats; des documents d'identité, par exemple un extrait de naissance, pour revendiquer leurs droits; et une aide dans les soins à donner au conjoint. Ils appréhendent de devenir vieux avant tout par peur de l'isolement, de l'exclusion, des sévices, de la maladie, d'un sentiment général d'impuissance et de l'impact croissant du VIH/sida.

Selon les prévisions, le nombre des personnes âgées passera en Inde de 77 millions en 2000 à 141 millions environ d'ici 2020. Plus de la moitié des personnes âgées sont à la limite de la pauvreté, et beaucoup ont une santé médiocre et vivent dans des conditions insalubres.

Très peu d'entre elles sont prises en charge par un régime de retraite quelconque; la famille constitue leur source première de soins et de soutien. Mais le développement économique et la migration fréquente des jeunes adultes portent atteinte à la source d'appui traditionnelle des personnes âgées. Les femmes âgées, surtout les célibataires et les veuves, sont particulièrement défavorisées.

Raji, âgée de 75 ans, a déclaré : " Je vis seule depuis le décès de mon mari, voici sept ans. Mes enfants sont des migrants. Ils n'ont jamais pris la peine de s'informer de mon sort. Je n'ai aucun revenu et presque aucun contact avec qui que ce soit. Je mourrai comme cela. Je n'ai pas de vie digne de ce nom, je suis seule et fragile. "

Source

AGIR EN METTANT À PROFIT LA TRANSITION DÉMOGRAPHIQUE L'" explosion démographique " qui a commencé dans les années 50 fut le résultat d'une brusque chute des taux de mortalité, rendue possible par des innovations dans les soins de santé et par l'utilisation à grande échelle d'une technologie médicale importée dans les pays en développement (11). Mais, dans les pays les plus pauvres, les changements correspondants qui aideraient à faire baisser la fécondité - adaptation des savoir-faire, des capacités et du comportement, amélioration de l'infrastructure matérielle et de la technologie - n'ont suivi que lentement. Ce manque de concordance a ralenti le progrès économique et social. Le déséquilibre entre la croissance rapide des populations et l'insuffisance des ressources qui seraient nécessaires à leur entretien a mis à très rude épreuve l'organisation sociale et exigé un effort maximal des institutions qui servent les pauvres.

Au niveau des ménages, une fécondité élevée alourdit la charge représentée par les enfants et amoindrit le bien-être des familles pauvres. Par une ironique coïncidence, les circonstances qui favorisent une fécondité élevée coïncident souvent avec l'élargissement des perspectives économiques et sociales (12).

Au moment où les pays traversent la période de transition démographique et où la fécondité baisse, un créneau momentané s'ouvre : les familles possédant quelques ressources peuvent se permettre d'éduquer leurs enfants, de trouver de bons emplois et d'accumuler certains avoirs. Mais les pauvres, dernier groupe social à enregistrer une baisse de la fécondité, sont incapables de tirer parti de l'occasion (13). Non seulement ils ont davantage d'enfants, mais ils manquent de l'information et des ressources nécessaires pour tourner l'occasion à leur profit. Leur inaptitude à répondre à de nouveaux signaux concernant les coûts et les avantages liés à une famille nombreuse aggrave leur condition.

La réduction de la fécondité aide à réduire la pauvreté à long terme. Les changements démographiques intervenus au Brésil durant les 50 dernières années équivalaient à un supplément de 0,4 à 0,5 % de la croissance annuelle du revenu par habitant. (14). Durant cette période, le taux de croissance moyen du revenu par habitant a été voisin de 3,0 % par an. L'impact estimatif direct de la transition démographique sur la pauvreté a donc été voisin de 15 % de l'impact de la croissance économique.

L'" ENVIRONNEMENT PROPICE " Le progrès technologique et l'accumulation de capital humain et matériel ont été les moteurs jumeaux de la croissance économique à l'époque contemporaine. Mais leur action est la plus efficace dans un environnement qui encourage à investir. Cet environnement propice embrasse le cadre social dans sa totalité; un processus politique représentatif non vicié par la corruption; le respect des droits de l'homme; des lois et règlements équitables, imposés de manière impartiale; et un large éventail d'institutions publiques, civiles, communautaires et culturelles qui se renforcent les unes les autres pour fournir à tous les citoyens des perspectives d'ordre économique et social dans la justice et l'égalité.

Les institutions de microfinancement, qui utilisent de petits prêts pour multiplier l'impact des ressources et initiatives communautaires, sont un exemple positif de cet environnement. En même temps qu'elles offrent un appui économique, elles encouragent les programmes à base communautaire dans les domaines sanitaire et éducatif et dans la formation des femmes à des rôles de responsabilité. Cette combinaison de services basée sur des partenariats avec les communautés locales a changé les attitudes concernant l'affranchissement des femmes pauvres tout en accroissant leur pouvoir économique (15).

Les institutions sont les mécanismes sociaux qui mettent en relation capacités et ressources; la qualité des institutions détermine avec quel degré de productivité ou d'équité cette relation fonctionne. Chaque élément ajoute - ou enlève - de l'énergie aux autres. Les programmes d'alphabétisation élémentaires, par exemple, rendent les individus plus capables d'acquérir et d'utiliser des informations sur la santé, les marchés ou la vie communautaire; mais ils améliorent aussi les institutions qui fournissent ces services, les mettant mieux à même de faire connaître des informations utiles aux nouveaux alphabétisés.

De même, des institutions mieux sensibilisées interagissent avec les capacités et les ressources : les améliorations de la gouvernance accroissent toute capacité en éliminant les impuissances juridiques; des règlements plus équitables peuvent réduire le coût des opérations commerciales ou abaisser les obstacles qui séparent les pauvres des ressources. La société civile joue un rôle important dans la création d'institutions aptes à répondre aux besoins, par exemple d'organisations de microcrédit qui mettent les ressources à la disposition des groupes les plus pauvres, surtout des femmes, et qui en même temps leur viennent en aide sur le plan de l'alphabétisation et de la planification familiale.

De nombreux pays en développement ont réalisé des progrès considérables s'agissant d'améliorer les capacités globales de leurs populations : espérance de vie (qui est un indicateur de la santé), nutrition, niveaux d'activité économique et d'éducation, se sont tous améliorés depuis 1960. Mais le progrès a été plus facile et plus rapide dans les pays qui ont :

  • mis à la disposition des femmes l'information et les moyens nécessaires pour espacer les naissances et en choisir le moment, et pour éviter les grossesses si elles le souhaitent;
  • fourni des services garantissant une grossesse en bonne santé et un accouchement sans danger;
  • accru la couverture et la qualité des systèmes éducatifs;
  • fait progresser l'égalité et l'équité entre les sexes d'autres manières, par exemple en protégeant les droits juridiques et traditionnels des femmes;
  • adopté des politiques de la population fondées sur le respect des droits de l'homme;
  • mis au point des systèmes de gouvernance et de participation populaire caractérisés par le sens et l'exercice des responsabilités.

6 AU BANGLADESH, DU CRÉDIT À DES GROUPES
La Banque Grameen du Bangladesh fournit de petits prêts à des familles pauvres afin de mettre en route de nouvelles entreprises et, peut-être, de commencer une nouvelle vie, mais les familles ont d'abord besoin d'une alphabétisation élémentaire, de planification familiale et de services de gestion des entreprises. C'est une tâche difficile que d'offrir tout cela à des femmes qui ont été traditionnellement exclues de la société. C'est pourquoi Grameen offre des prêts à des groupes plutôt qu'à des individus. Cette approche abaisse le coût de la fourniture des services, tout en offrant un appui mutuel qui permet aux femmes de se trouver en interaction avec le marché et la communauté au sens large. Source

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