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Comment caractériser la pauvreté
Aperçu général
IL Y A PLUSIERS SORTES DE PAURETÉ
Le revenu est le moyen
habituel de mesurer la pauvreté, mais la pauvreté a de nombreuses
dimensions. Les pauvres sont privés de services, de ressources et de
perspectives autant que d'argent. Leurs ressources limitées sont
déployées de manière inefficace. L'énergie, l'eau, les vivres, tout
leur coûte davantage par unité de consommation : paradoxalement,
la pauvreté coûte cher aux pauvres.
La santé, l'éducation, les relations entre les sexes et le degré
d'inclusion sociale sont autant de facteurs qui promeuvent ou
réduisent le bien-être de chaque individu et aident à déterminer
la prévalence de la pauvreté. Pour échapper à la pauvreté, il
faut améliorer les capacités individuelles et élargir l'accès à un
large éventail de ressources, d'institutions et de mécanismes
d'appui.
La croissance économique ne mettra pas par elle-même fin à la
pauvreté. Les hypothèses que la richesse va " ruisseler goutte à
goutte " jusqu'aux pauvres, ou que " la marée montante soulève
tous les bateaux " sont sans doute plaisantes à croire, mais elles
ne correspondent pas toujours à l'expérience, surtout dans les pays
les plus pauvres et parmi les groupes les plus pauvres. Pour mettre
fin à l'extrême pauvreté, il faut s'y appliquer avec détermination
et prendre des mesures spécifiques.
Tableau 1: Nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour (sur la base de la parité du pouvoir d'achat en 1993))
| 1987 | | 1998 | |
| % | millions | % | millions |
| Asie de l'Est | 26.6 | 417.5 | 14.7 | 267.1 |
| Europe orientale/Asie centrale | 0.2 | 1.1 | 3.7 | 17.6 |
| Amérique latine/Caraïbes | 15.3 | 63.7 | 12.1 | 60.7 |
| Moyen-Orient/Afr. du Nord | 4.3 | 9.3 | 2.1 | 6.0 |
| Asie du Sud | 44.9 | 474.4 | 40.0 | 521.8 |
| Afrique subsaharienne | 46.6 | 217.2 | 48.1 | 301.6 |
| Source : Banque mondiale |
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LA PAUVRETÉ MONÉTAIRE L'économie mondiale n'a cessé de
grandir au cours des trois dernières décennies, mais des améliorations
considérables peuvent dissimuler d'importantes différences
de région à région, de pays à pays ou à l'intérieur d'un même pays.
Par exemple, la réduction estimative de la pauvreté au niveau
mondial résulte en grande partie de la croissance économique de
la Chine. La pauvreté monétaire persiste et, en bien des endroits,
s'aggrave.
Sur la base des dépenses, la proportion de la population des
pays en développement disposant de moins d'un dollar par jour est
tombée de 28,3 % en 1987 à 23,4 % en 1998. Ces pourcentages reflètent
la croissance démographique, mais les chiffres absolus sont
demeurés relativement stables (1,2 milliard environ).
La réduction de la pauvreté a été inégale selon les régions
(tableau 1). Les réductions les plus spectaculaires se sont situées
dans l'Asie de l'Est, surtout en Chine. L'aggravation la plus spectaculaire
s'est située en Europe de l'Est et en Asie centrale. Le nombre
net des pauvres a augmenté en Asie du Sud et en Afrique. Une
modeste réduction de la pauvreté a été enregistrée dans le Moyen-
Orient et en Amérique latine.
Le concept de pauvreté monétaire a récemment été élargi et
englobe désormais la vulnérabilité économique, expression qui définit
la situation des ménages ou des individus relégués dans un état
de pauvreté chronique par des périodes momentanées de chômage,
la mauvaise santé ou d'autres malheurs.
L'INÉGALITÉ DE REVENU Sans prendre ici en considération les
manquements aux droits de l'homme, à la justice et à l'équité,
l'inégalité entre les nations et à l'intérieur d'une seule nation
contribue à fomenter des troubles politiques et détermine des courants
de migration à la recherche de conditions plus favorables (1). Elle retentit aussi sur le niveau général de la santé publique.
L'espérance de vie est plus basse dans les sociétés où l'inégalité est
plus marquée. Aussi bien le volume des ressources disponibles que
l'équité de leur répartition contribuent à la santé du corps social.
Selon la plupart des critères retenus, l'écart entre riches et
pauvres, au niveau mondial comme à l'intérieur des pays, a augmenté. (2). Le ratio du revenu par habitant entre le quintile le plus
riche et le quintile le plus pauvre dans le monde était de 30 à 1 en
1960; il a fait un bond jusqu'à 78 à 1 en 1994 pour retomber légèrement
à 74 à 1 en 1999 (3).
AUTRES DIMENSIONS Il faut faire une distinction entre le
manque de revenu et le manque de capacité (4). Les pauvres ressentent
de manière aiguë leur impuissance et leur insécurité, leur
vulnérabilité et leur manque de dignité. Au lieu de prendre des
décisions pour eux-mêmes, ils sont soumis aux décisions d'autrui
dans presque tous les aspects de leur vie. Leur manque d'éducation
et de compétences techniques leur interdit de s'élever. La mauvaise
santé peut avoir pour conséquence qu'ils n'occupent que des
emplois irréguliers et mal payés. Leur pauvreté même leur interdit
les moyens d'échapper à la pauvreté. Quand les pauvres essaient
de couvrir même leurs besoins élémentaires, ils se heurtent à des
obstacles persistants, économiques ou sociaux, inflexibles ou imprévisibles,
imposés par la loi ou la coutume. La violence est une
menace toujours présente, surtout pour les femmes.
Les plus pauvres utilisent les ressources à leur disposition, et
leur considérable esprit de ressource, dans la lutte pour la survie.
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