Rôle des gouvernements
De bien des manières, les gouvernements créent les conditions favorables à légalité entre les sexes. Ils peuvent écarter les obstacles dus à la législation et changer celle-ci pour promouvoir la justice entre les sexes; ils peuvent prêter attention à légalité entre les sexes au stade de la conception des politiques et programmes; et ils peuvent encourager la mise en place denvironnements institutionnels propices. En sa qualité de principal employeur, direct et indirect, le gouvernement peut fixer des normes et offrir un exemple aux autres employeurs. Enfin, les dirigeants politiques peuvent recommander et promouvoir légalité entre les sexes, encourageant leurs partisans de tous niveaux à faire de même.

Jørgen Schytte/Still Pictures |
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Au Ghana, programme de formation destiné au personnel de bureau. Les gouvernements peuvent former hommes et femmes à utiliser des technologies nouvelles.
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Les gouvernements se sont accordés dans le Programme daction de la CIPD sur la nécessité daugmenter la part du budget national consacrée aux soins de santé, y compris la santé en matière de reproduction, et les contributions à laide internationale. Ils ont reconnu quune participation accrue à la coopération et à lappui techniques entre pays en développement diffuserait plus largement les enseignements tirés des programmes réussis.
Soutien de la législation à légalité entre les sexes
De nombreux codes juridiques ou administratifs contiennent des dispositions qui font obstacle à laccès des femmes aux ressources et à la propriété, ainsi quaux informations de base sur les services et à laccès à ceux-ci (y compris santé et éducation), aux décisions fondamentales concernant leur place dans la famille1, à la protection contre la violence et à la liberté dassociation. Même quand une législation favorable existe, il arrive que lapplication de ces droits légaux soit faiblement imposée ou quils soient annulés par le droit coutumier.
La Constitution de lAfrique du Sud garantit les droits en matière de reproduction, mais leur jouissance effective a été limitée par des appels au droit coutumier. La question nest pas encore tranchée et lattention des responsables a été attirée sur la nécessité dapporter un éclaircissement.
Le FNUAP a patronné des débats entre parlementaires des États arabes et des pays africains concernant la nécessité de modifier les textes de loi régissant le statut personnel, cela afin de protéger la jouissance des droits, notamment en matière de reproduction.
Plus des deux tiers des pays du monde, dont presque tous les pays dAmérique latine, ont modifié leur législation de manière à améliorer laccès des femmes aux ressources, aux services éducatifs et sanitaires et à élargir leur rôle dans la prise de décisions au sein de la famille2.
En Équateur, lAssemblée nationale constituante a envisagé dinscrire dans la Constitution les droits en matière de reproduction et de sexualité. Les groupes de femmes, y compris le Conseil national des femmes, ont conduit les consultations et exercé des pressions. Au Venezuela, le Réseau pour la population, avec lappui du FNUAP, a promu linscription dans la nouvelle Constitution, approuvée en décembre 1999, des droits en matière de reproduction et de sexualité et de légalité entre les sexes3.
La mutilation génitale féminine a été prohibée dans les pays suivants : Ghana (1994); Djibouti (1995); Burkina Faso (1996); Côte dIvoire, Togo et République-Unie de Tanzanie (1998); et Sénégal (1999). En Égypte, un décret du Ministère de la santé a interdit en 1996 la MGF excepté dans les cas où des raisons médicales limposent; en 1997, le tribunal administratif suprême a confirmé cette interdiction que ses adversaires lui demandaient de révoquer4.
Encadré 30
: Les femmes et la prise de décisions
Textes législatifs récemment adoptés
Durant la période 1997-1999, un certain nombre de pays ont promulgué ou révisé leur législation dans divers domaines afin de laligner sur les principaux objectifs de la CIPD et de la QCMF5.
Santé en matière de reproduction
Le Mexique et le Pérou ont promulgué une législation détaillée qui élargit laccès aux services de santé en matière de reproduction de toute nature. En Guinée, le nouveau Code de la santé publique a donné un rang prioritaire aux services de planification familiale. En Géorgie, la loi sur les soins de santé a stipulé que tous les citoyens ont le droit de déterminer le nombre de leurs enfants et lespacement de leur naissance. Le Portugal a amendé sa Constitution pour préciser que lÉtat doit garantir le droit à la planification familiale. En Équateur, la nouvelle Constitution a garanti le droit de tout individu de décider du nombre denfants quil désire.
Le Pérou a garanti le droit de choisir la contraception chirurgicale en tant que méthode de planification familiale. Le Brésil a approuvé la contraception chirurgicale pour les personnes qui, à lâge ou avant lâge de 25 ans, ont déjà deux enfants. Le Paraguay a fait paraître un Manuel national de planification familiale qui autorise la contraception chirurgicale. La Thaïlande a autorisé les salariés à prendre un congé pour contraception chirurgicale.
Le Ministère japonais de la santé et de la protection sociale a approuvé en 1999 la vente de contraceptifs oraux à faible dose, près de 40 ans après la première campagne visant à obtenir cette approbation.
Le Cambodge a promulgué une législation détaillée sur lavortement, qui en étend la pratique à de plus nombreux cas.
Amélioration de la condition des femmes
LAlbanie, le Burkina Faso, lÉquateur, Fidji, Madagascar, la Pologne et le Soudan ont adopté ou révisé leur Constitution de manière à interdire la discrimination fondée sur le sexe. La France a amendé sa Constitution de manière à promouvoir laccès égal des femmes et des hommes aux charges électives. Le Luxembourg a criminalisé la discrimination fondée sur le sexe dans la plupart des aspects de la vie sociale.
Le Cap-Vert et la République tchèque ont promulgué un nouveau Code de la famille qui garantit légalité des droits et des devoirs dans le mariage. LAfrique du Sud a prescrit légalité de statut des époux dans les mariages coutumiers. Dautres pays ont adopté dans ce domaine une législation de portée plus limitée.
Au Pakistan, la Haute Cour de Lahore a décidé que le consentement des deux parties est une condition indispensable à la validité du mariage et quun tuteur na pas le droit de donner ce consentement au nom dune femme sans son approbation. La Constitution du Burkina Faso a affirmé que le mariage est fondé sur le libre consentement de lhomme et de la femme.
Violence sexiste
Le Botswana, la Chine, la Colombie, la Dominique, le Pérou, les Philippines, le Royaume-Uni et le Viet Nam ont aggravé la sévérité des sanctions pour divers délits sexuels ou élargi la protection contre la violence sexuelle. Le Cap-Vert, Cuba, la République-Unie de Tanzanie, la Thaïlande, lUkraine et le Viet Nam ont proscrit le trafic des femmes et des enfants. Le Canada, lItalie et le Royaume-Uni ont criminalisé le tourisme sexuel quand des mineurs en sont victimes. La Bolivie a cessé dexiger que l"honnêteté" dune femme soit prouvée pour la reconnaître victime de certains délits sexuels. LAllemagne a criminalisé le viol conjugal.
LAfrique du Sud, la Belgique, les Bermudes, le Honduras, Maurice, le Mexique, le Pérou, le Portugal, la République dominicaine et le Venezuela ont adopté sous diverses formes une législation contre la violence familiale. Les Bermudes ont interdit de suivre avec insistance quelquun contre son gré (stalking), tandis que la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont institué des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel.
Relations entre patrons et salariés et emploi
Le Cambodge, lÉquateur, lIndonésie, la République de Corée, le Sénégal et le Tadjikistan ont promulgué un nouveau Code du travail qui interdit de manière générale la discrimination contre les femmes sur le lieu de travail; le Cambodge, lÉquateur et le Swaziland ont aussi garanti léquité des rémunérations et tous ces pays, à lexception du Tadjikistan, offrent désormais une protection contre le renvoi des femmes enceintes ou en congé de maternité. Au Sénégal, une femme qui travaille na plus besoin du consentement de son époux pour adhérer à un syndicat. En Équateur, les employeurs doivent avoir un certain pourcentage de femmes dans leur personnel. La Thaïlande exige des employeurs quils traitent de manière égale les salariés des deux sexes et interdit le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.
La République-Unie de Tanzanie a interdit le renvoi pour raisons de sexe ou de grossesse. Le Chili, Chypre, le Soudan et la Zambie ont proscrit la discrimination pour raison de grossesse ou de maternité. Le Chili a en outre interdit dexiger un test de grossesse comme condition demploi. La République de Corée a banni la discrimination sexuelle dans les syndicats. Fidji a proscrit le harcelèrent sexuel et la discrimination dans lacceptation des candidatures à lemploi. Plusieurs autres pays ont renforcé les protections prééexistantes contre la discrimination sexuelle.
Box 31: Egyptian Women
Gain Divorce Rights Similar to Men's
Conception des politiques et programmes
Plusieurs pays dAmérique latine ont commencé danalyser les différences dimpact quont leurs programmes sur les hommes et sur les femmes. La majorité des pays ont maintenant des plans daction visant à mettre en oeuvre le Programme daction de la CIPD et le Programme daction de la QCMF. Presque tous les pays africains ont un ministère, bureau, département ou service chargé des problèmes dégalité entre les sexes.
Les gouvernements peuvent concevoir des politiques et programmes en prêtant attention à leurs impacts différents sur les hommes et sur les femmes, encourageant la rétro-information participative et le contrôle local. Ils peuvent récompenser les institutions qui promeuvent légalité entre les sexes par lattribution de ressources humaines et financières.
Les plans nationaux visant à appliquer les recommandations des conférences doivent être précis concernant les responsabilités, tant à lintérieur quen dehors du gouvernement, et faire place aux vues des différents groupes concernés. Il peut être nécessaire de créer au sein des institutions existantes de nouveaux organes au plan des politiques ou de ladministration, ou de désigner des responsables des questions sexospécifiques.
Encadré 32
: Le suivi et lévaluation améliorent les programmes
et encouragent à tenir compte des sexospécificités
Les questions clefs
Changements politiques et institutionnels
Les pays peuvent avoir besoin de formuler ou réviser des politiques officielles visant à promouvoir légalité entre les sexes. Les responsables doivent être en mesure danalyser les différents impacts que les programmes ont sur les hommes et les femmes, et de déterminer le degré de satisfaction de leurs différents besoins. Des changements institutionnels peuvent aussi savérer nécessaires, sagissant par exemple didentifier les responsables chargés de contrôler les progrès. Il faut aussi améliorer les mécanismes chargés détablir des rapports et de recevoir la rétro-information émanant de la société civile, y compris les groupes de femmes.
Formation
Les décideurs et les responsables de létablissement des programmes doivent recevoir une formation concernant les questions sexospécifiques afin de promouvoir légalité entre les sexes. Les ONG et les réseaux internationaux et locaux, les services daide au développement, les institutions financières internationales et les bureaux nationaux ont tous préparé des documents de formation. En Colombie, par exemple, la formation destinée aux agents des dispensaires spécialisés dans la santé en matière de reproduction a permis daméliorer la circulation de linformation, de réduire la durée dattente et daccroître la participation du personnel et la satisfaction des clients.
Suivi
Il faut contrôler la manière dont les ressources sont allouées pour garantir quelles promeuvent légalité entre les sexes et répondent aux besoins des femmes comme des hommes. Par exemple, les écoles doivent être également accessibles aux enfants des deux sexes et les élèves doivent être à labri de violences. Les indicateurs de programme doivent être rendus sensibles aux sexospécificités et des bases de données ventilées par sexe doivent devenir les outils normaux dévaluation. Des indicateurs qualitatifs doivent compléter les approches quantitatives.
Exercice des responsabilités
Les codes de conduite pour programmes de santé doivent garantir le respect des droits, besoins, perceptions des clients, ainsi que les possibilités qui leur sont offertes. Des systèmes à base de médiateur et autres moyens destinés à solliciter la rétro-information et un apport participatif sont nécessaires pour garantir lexercice des responsabilités envers les bénéficiaires de programmes.
Réforme du secteur sanitaire et ajustement structurel
Des analyses menées en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne ont montré que les programmes dajustement, notamment la décentralisation des services, peuvent affaiblir les programmes déducation et de santé et saper les efforts visant à éliminer la pauvreté et améliorer la qualité de vie. Les gouvernements doivent suivre limpact des programmes de réforme afin de veiller à ce que les services déducation et de santé continuent datteindre les pauvres, en particulier les femmes et les fillettes.
Qualité des soins
Les prestataires de services ont besoin de formation et dappui pour dispenser des soins attentifs tant aux femmes quaux hommes. Il faut améliorer la qualité des soins délivrés dans les systèmes de santé, notamment pour la santé en matière de reproduction et de sexualité. Les organisations donatrices internationales et bilatérales, dont le FNUAP, ont mis davantage laccent sur les initiatives visant à améliorer la qualité des soins dans le cadre de leur appui aux programmes de santé en matière de reproduction.
Analyse budgétaire tenant compte des sexospécificités
Il convient dexaminer les budgets nationaux pour voir comment ils satisfont aux besoins et intérêts des femmes, en mesurant leffet des choix faits en matière de dépenses et de revenus, et en particulier comment ils se répercutent sur la condition des femmes pauvres6. Des ressources dorigine publique, privée et communautaire sont indispensables pour garantir que les mesures destinées à sauvegarder léquité entre les sexes sont strictement appliquées. Depuis la CIPD et la QCMF, Cuba, lÉquateur et El Salvador ont augmenté leurs allocations budgétaires aux programmes concernant les femmes7. LAustralie procède régulièrement, depuis le milieu des années 80, à des analyses de la manière dont les femmes ont bénéficié des dépenses du Gouvernement fédéral et des États8. Le Secrétariat du Commonwealth a soutenu les gouvernements de plusieurs pays (Afrique du Sud, Barbade, Fidji, Saint-Kitts-et-Nevis et Sri Lanka) dans leurs efforts pour se doter dun budget soucieux des sexospécificités9.
Recherche
Pour formuler la programmation et les activités de plaidoyer, il est nécessaire de mieux évaluer les différents besoins des femmes et des hommes, les impacts de linégalité entre les sexes, et les obstacles à une amélioration. Puisque la discrimination sexuelle la plus démoralisante se situe dans la famille, il convient de soutenir la collecte de données sur les familles et de suivre les changements intervenus dans celles-ci.
Programmes visant les hommes
Il faut des programmes destinés à répondre aux besoins des hommes sur le plan de la santé en matière de reproduction, à encourager leur soutien actif à la protection de la santé féminine, et à les faire participer à des dialogues sur linégalité entre les sexes et sur ses coûts pour les femmes, les hommes et la société dans son ensemble.
Prévention de la violence
Pour protéger les femmes contre la violence sexiste, il faut agir sur de nombreux fronts : activités de plaidoyer, changement de la législation; amélioration de lapplication des lois; solutions de rechange sans danger pour les victimes; systèmes détablissement de rapports; services de médiation et de conseils; et financement des groupes dappui locaux.
Élimination de la pauvreté
Le souci de répondre aux besoins des plus pauvres dentre les pauvres occupe désormais une place prioritaire dans laide internationale au développement. En Inde, par exemple, le Plan-cadre des Nations Unies pour laide au développement (UNDAF), élaboré par des organisations gouvernementales et internationales, trace les grandes lignes dune approche coordonnée de laide au développement, où il est prêté attention à lélimination de la pauvreté et aux problèmes sexospécifiques10.
Obstacles arbitraires mis au recrutement et écarts entre les rémunérations
Pour éliminer la discrimination entre les sexes en matière de recrutement, il faut interdire aux employeurs dexiger des femmes chercheuses demploi la preuve quelles utilisent des contraceptifs ou ne sont pas enceintes. Les écarts de rémunération entre hommes et femmes doivent être analysés et versés au dossier du débat public sur légalité et la justice entre les sexes, le sens de lexpression "travail équivalent", limportance des rôles procréateur et productif des femmes, et les questions connexes11.
Éducation aux droits de lhomme
Les campagnes pour la défense des droits fondamentaux des hommes et des femmes, y compris les droits à la santé en matière de reproduction et de sexualité, doivent tenir compte de la différence des perspectives des deux sexes. Les messages doivent être appropriés à chaque âge et à chaque situation. Les organisations de la société civile ont élaboré divers programmes déducation aux droits de lhomme et documents de formation en la matière12.
Activités de plaidoyer
Les médias, cest-à-dire le cinéma, la radio, la télévision et de plus en plus le Web, peuvent encourager images positives et rôles modèles. Une éducation destinée aux décideurs comme aux dirigeants locaux peut inciter communautés et familles à lutter contre les inégalités. Un meilleur accès aux nouvelles technologies de linformation permettra un échange ouvert de renseignements sur les meilleures pratiques et les diverses approches.
Soutien du FNUAP à légalité entre les sexes
En tant quorganisation chef de file du système des Nations Unies dans lappui à la mise en oeuvre du Programme daction de la CIPD, le Fonds des Nations Unies pour la population aide les pays en développement et les pays en transition à assurer un accès universel à la santé en matière de reproduction, y compris lhygiène sexuelle et la planification familiale, et à appliquer des stratégies de population et de développement de nature à faciliter le développement durable. Le Fonds travaille aussi à promouvoir la prise de conscience des problèmes de population et de développement et milite pour la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation des objectifs de la CIPD.
Lengagement du FNUAP en faveur des droits en matière de reproduction, de légalité entre les sexes, de la responsabilité masculine et de lémancipation des femmes sous-tend sa programmation dans chacun de ces domaines.
Soutien aux gouvernements
Au Mexique, avec le soutien du FNUAP, le Conseil national de la population a formé son personnel technique et le personnel de 10 conseils de la population, au niveau des États, à bien connaître les moyens par lesquels les programmes et politiques de population peuvent promouvoir légalité entre les sexes. Les cinq États les plus pauvres du Mexique ont désormais inclus dans leurs programmes de population des plans visant à instaurer légalité entre les sexes. La prochaine étape consistera à inclure dans le suivi et lévaluation une perspective ouverte aux sexospécificités.
Le FNUAP a fourni une formation et une assistance technique, par exemple en Angola au Ministère de la famille et de la promotion de la femme, et au Swaziland au Bureau des sexospécificités du Ministère de lintérieur13.
Au Pérou, mettant à profit lexpérience faite ailleurs dans la région, le FNUAP a soutenu la création du Ministère de la promotion de la femme et du développement humain. En République dominicaine, il a fourni des avis dexperts pour la rédaction du texte législatif portant création du nouveau Secrétariat de la femme.
En Équateur, au Pérou et en République dominicaine, où les services de santé ont été décentralisés, le FNUAP a aidé les communes à promouvoir les droits en matière de reproduction et une participation active des femmes à la prise de décisions.
Dautre part, le Fonds soccupe activement dun large éventail de problèmes relatifs aux sexospécificités.
Santé des adolescents en matière de reproduction
Depuis la CIPD et la QCMF, les pays ont prêté plus dattention à la santé des adolescents en matière de reproduction. Le FNUAP offre une assistance technique et financière aux programmes nationaux.
En Amérique latine, les Rencontres sur laffection et la sexualité organisées par des ONG encouragent les adolescents à discuter de leurs expériences et à élaborer leurs propres solutions. La méthodologie a été élaborée avec le soutien du FNUAP, au Chili, par le Service national de la femme, lInstitut national de la jeunesse et les Ministères de la jeunesse et de léducation; plusieurs autres pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Costa Rica et Uruguay) lont adoptée. Le FNUAP a prêté un appui complémentaire aux programmes répondant aux besoins des adolescents dans les pays suivants : Chili, Colombie, Équateur, Haïti, Honduras, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, République dominicaine et Venezuela. Au Nicaragua, un projet destiné aux adolescents ruraux et soutenu par le FNUAP vise en priorité les pauvres et ceux qui sont exclus de lenseignement structuré.
En Égypte, le FNUAP a soutenu la formation de jeunes hommes et femmes à la fonction déducateurs de leurs compagnons dâge afin de développer leur aptitude à remplir un rôle dirigeant. Les activités portent sur les points suivants : prise de conscience individuelle, organisation de la vie et de la carrière, intérêt spécial au comportement procréateur, au métier de parent, aux MST et à la planification familiale14.
Violence sexiste
Encadré 33
: En Inde, des réformes législatives contre le viol
Le FNUAP a prêté appui à la formation des travailleurs sanitaires sagissant dintervenir dans des épisodes de violence sexiste, ainsi que dans divers domaines (législation, application des lois et entretiens-conseils). Dans plusieurs pays (Équateur, Honduras, Mexique, République dominicaine et Venezuela), le FNUAP a prêté appui aux gouvernements, aux parlements et aux organisations de la société civile afin délaborer, réformer ou appliquer des lois qui répriment la violence à légard des femmes; et il a aidé à établir des rapports sur les sévices sexuels commis contre des fillettes au Chili, au Nicaragua et au Panama.
En République dominicaine, le Fonds a facilité la création de services de police qui auront pour mission dinstruire les accusations dactes de violence à légard des femmes et des fillettes, et il a aidé à préparer des publications sur la prévention de la violence sexiste et sur la législation la réprimant. En Haïti, le FNUAP a soutenu les groupes de femmes qui font pression pour améliorer ladministration de la justice dans les affaires de viol et aidé à former des membres de la police nationale à prévenir la violence sexiste et à y faire face. Au Pérou, le FNUAP, lUNICEF et lOrganisation panaméricaine de la santé soutiennent la Commission nationale chargée de prévenir la violence familiale, qui comprend des représentants des ministères, de lAssociation nationale des communes et des organisations de femmes.
Le Fonds a aussi participé à une campagne déducation publique organisée par lONU contre la violence à légard des femmes et des filles en Amérique latine et dans les Caraïbes, sous la conduite dUNIFEM agissant en collaboration avec le FNUAP, lUNICEF, le PNUD et ONUSIDA. Dans plusieurs pays, le FNUAP a contribué à organiser des manifestations, conférences de presse, réunions et groupes de débat.
Encadré 34
: En Afrique du Sud, lutte des professions juridiques et médicales
contre le viol
Participation des hommes
Le FNUAP a soutenu diverses conférences régionales sur la participation des hommes, plusieurs approches régionales en Afrique subsaharienne, et la création de groupes dhommes dans plusieurs pays (Bolivie, Colombie, Honduras, Nicaragua, Pérou et Uruguay).
Dans les forces armées et de police de plusieurs pays (Bolivie, Équateur, Nicaragua, Paraguay et Pérou), le Fonds soutient des activités destinées à faire prendre davantage conscience de la santé des hommes en matière de reproduction et de sexualité, de linégalité des relations entre les sexes, et de la violence à légard des femmes.
Dans le nord-ouest de la Namibie, le FNUAP prête appui à des groupes de débat réservés aux hommes sur la planification familiale, les maladies sexuellement transmissibles et linégalité entre les sexes. Des infirmiers, des membres des forces armées et de police, lÉglise luthérienne évangélique et un club de football y participent15.
Autres domaines dassistance
Prévention du VIH/sida
Le FNUAP collabore avec ONUSIDA, lOMS et dautres institutions pour garantir légalité entre les sexes dans les programmes de prévention du VIH/sida et des MST. Le FNUAP et la FIPF mettent actuellement au point un module de formation concernant la prévention du VIH/sida destiné aux associations de planification familiale et à dautres prestataires de services.
Recherche et formation
Avec le soutien du FNUAP, le Nicaragua a institué un programme international de maîtrise concernant la santé et les droits en matière de reproduction, qui est conçu dans une perspective tenant compte des sexospécificités. En Bolivie, le FNUAP aide à former des prestataires de soins en matière de reproduction, laccent étant mis sur la qualité des services, les droits de la clientèle et la publication de recherches qualitatives16. Le FNUAP a appuyé dans divers pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, El Salvador, Guatemala, Honduras, Jamaïque, Mexique et Pérou) des recherches visant à identifier les besoins spécifiques des femmes sur le plan de la santé en matière de reproduction et de sexualité, notamment en relation avec les politiques sanitaires et leur impact, la mortalité maternelle et lemploi féminin17. Au Panama, le FNUAP a prêté appui à des recherches sur les liens entre population, sexe et pauvreté, et formé des ONG et des organisations gouvernementales à préparer des projets tenant compte des sexospécificités qui établissent un lien entre population et réduction de la pauvreté.
Activités de plaidoyer
En Haïti, le FNUAP aide le Ministère de la condition féminine et des droits des femmes à concevoir et gérer des stratégies de plaidoyer portant sur les droits des femmes. En Bolivie, le FNUAP prête appui à lélaboration de programmes de télévision éducative sur la santé et sur légalité entre les sexes18. Au Mexique, le FNUAP soutient Comunicación e Información de la Mujer, réseau national de journalistes engagés dans la cause de légalité entre les sexes et de lémancipation des femmes. Au Chili, le FNUAP a prêté appui à Fempress, revue du Réseau pour la santé des femmes dAmérique latine et des Caraïbes.
Participation politique des femmes
Dans plusieurs pays (Bolivie, Équateur, El Salvador, République dominicaine et Venezuela), le FNUAP a appuyé une formation visant à mettre en place une direction politique du mouvement des femmes et à assurer leur participation au processus législatif, aussi bien quau niveau de la politique et de la gestion locales.
Le FNUAP a prêté appui à des réseaux féminins et à des groupes autochtones en Bolivie, en Équateur, au Pérou et en Amérique centrale, ainsi quau Réseau afro-caraïbe.

UNICEF/1220/Cindy Andrew |
| Les élèves dune école au Malawi. Le FNUAP soutient les activités de plaidoyer qui visent à prévenir linterruption de leurs études. |
Éducation des filles
Le FNUAP soutient des activités de plaidoyer visant à éviter que les filles ne quittent lécole et à améliorer leur statut social, conformément au Plan daction de la Conférence mondiale sur léducation pour tous (1990). Le Fonds a collaboré avec lOrganisation des Nations Unies pour léducation, la science et la culture (UNESCO), le PNUD, lUNICEF et la Banque mondiale à une évaluation du Plan daction, couronnée par un Forum mondial de léducation tenu en avril 2000 à Dakar (Sénégal).
Microcrédit
Les gouvernements soutiennent de plus en plus les institutions de microcrédit, soit directement au moyen de subventions, soit en promulguant des règlements dappui. Pour émanciper efficacement les femmes, ces programmes doivent leur apprendre à lire et à compter, leur donner une éducation à la vie familiale et, si possible, encourager le passage à la création dentreprises structurées. Le FNUAP a soutenu divers programmes de cette nature, par exemple au Yémen19. Au Viet Nam, le FNUAP a facilité la création de plus de 500 groupes dépargne féminins, en prêtant assistance aux projets damélioration agricole et communautaire, aux campagnes damélioration de lapprovisionnement en eau et de lassainissement, et à un réseau dagents sanitaires bénévoles au niveau des communautés20.
Collecte de données
Le FNUAP prête une assistance technique aux pays afin de faire mieux prendre conscience des inégalités entre les sexes, de produire et danalyser des données tenant compte des sexospécificités afin de planifier et dévaluer les politiques et les programmes. Plusieurs pays (Bolivie, Haïti, Honduras et Venezuela) sont actuellement aidés à préparer des recensements nationaux de la population, en appliquant une analyse qui aborde la question de léquité entre les sexes.
Rôle des donateurs
La communauté internationale des donateurs a vigoureusement soutenu les efforts tendant à promouvoir légalité entre les sexes. Lengagement des organisations donatrices ressort clairement des déclarations dintentions21, des mécanismes institutionnels22 et de létablissement de rapports23 depuis la CIPD et la QCMF, mais cet engagement na pas encore reçu un apport suffisant de ressources.
La CIPD a convenu que les programmes de population et de santé en matière de reproduction exigeraient 5,7 milliards de dollars daide internationale en lan 2000, puis 7,2 milliards de dollars par an en 2015. Or, actuellement, le montant mis à disposition nest que denviron 2,1 milliards de dollars par an24.
Une meilleure collaboration entre les donateurs est nécessaire pour réduire les doubles emplois et mettre en commun les compétences, dans le sens des réformes de laide au développement menées par le système des Nations Unies.
UNIFEM et le FNUAP ont signé un mémorandum daccord intensifiant leur coopération à lappui des efforts de chaque pays. Dans le monde entier, les membres du personnel du FNUAP spécialisés dans les problèmes sexospécifiques prêtent appui aux projets et aux activités de formation dUNIFEM.
Le FNUAP a adopté des directives de programmation sur légalité entre les sexes et le souci des sexospécificités25, ainsi que des conseils opérationnels destinés à ses bureaux de pays concernant la promotion de lémancipation des femmes et les droits de la personne26. Dautres organisations du système des Nations Unies, à savoir lUNICEF, le PNUD, lOMS, lOrganisation mondiale du Travail et le Programme alimentaire mondial, ont aussi établi des directives et des manuels sur le sujet.
La Banque mondiale a publié un Policy Research Report on Gender and Development27, qui analyse limportance pour le développement des questions relatives aux sexospécificités et de lémancipation des femmes, et a établi un rapport sur les programmes et projets de prêts quelle-même a financés à laide de ses prêts28. Actuellement, la Banque élabore des stratégies et procède à des examens concernant les questions liées aux sexospécificités dans les programmes sectoriels29.
Les institutions devront poursuivre et intensifier ces efforts.
Des fondations privées, à savoir notamment la Fondation Ford, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlitt, la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur, la Fondation David et Lucile Packard, la Fondation Rockefeller, la Fondation Summit, le Fonds mondial Wallace et la Fondation pour les Nations Unies, jouent un rôle de plus en plus important dans le soutien aux programmes nationaux visant à promouvoir la santé en matière de reproduction et légalité entre les sexes.
Un soutien accru de la communauté des donateurs encouragera les activités aux niveaux national et local.
Les tâches qui nous attendent
Un changement de société est toujours difficile, surtout quand les relations fondamentales entre hommes et femmes dans les familles et la société sont en cause. Les quelques dernières dizaines dannées ont vu porter une attention accrue à lémancipation des femmes et réaliser certains progrès dans ce sens. On a aussi reconnu de plus en plus comment les règles régissant les perspectives ouvertes aux hommes et aux femmes, ainsi que les comportements, influent sur les chances dune marche accélérée du développement et de la justice.
Les changements intervenus dans les relations entre les sexes, ainsi que dans les structures de pouvoir et les systèmes de croyances qui les sous-tendent, ne sont pas moins radicaux et importants que les changements en cours dans des domaines tels que ceux de la mondialisation, de la gouvernance, des technologies de linformation et de lurbanisation. Les sociétés ont besoin de trouver leurs solutions propres, enracinées dans une vision de justice et déquité entre les sexes, et dautre part en harmonie avec leur culture et leur situation générale, afin doffrir une vie meilleure aux femmes comme aux hommes.
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