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ETAT DE LPOPULATION MONDIALE 1998

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La réduction de la dimension de la famille peut s’avérer bénéfique du point de vue économique

L'accroissement rapide des populations âgées appelle une planification mûrement réfléchie


De pair à pair:  Maîtrisons notre destin

L'ère de l'accroissement rapide de la population n'est pas encore révolue
L’accroissement rapide des populations âgées appelle une planification mûrement réfléchie

Dans les 50 prochaines années, la proportion de personnes âgées de plus de 65 ans va plus que doubler, passant de 6,8 % de la population mondiale à 15,1 %. En Europe occidentale, plus d’une personne sur quatre (27,5 %) sera âgée de plus de 65 ans en 2050.

En 2050, le nombre de gens âgés de plus de 65 ans sera plus élevé que jamais auparavant – 1,42 milliard, selon la projection médiane (la plus probable) de l’Organisation des Nations Unies. Ainsi donc le chiffre actuel sera multiplié par trois et demi, et le chiffre de 1950 sera plus que décuplé.

Pareil accroissement va mettre à rude épreuve la capacité de la famille et de la société de fournir aux personnes âgées le soutien financier, médical et social dont elles ont besoin. Mais la «génération nouvelle» des personnes âgées sera également en meilleure santé, mieux éduquée et plus productive que celles qui l’ont précédée, selon le rapport Etat de la population mondiale 1998 publié par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

Le rapport du FNUAP examine certaines des conséquences du vieillissement de la population, alors même que la population totale continue d’augmenter et qu’un nombre plus important de jeunes arrivent à l’âge d’avoir des enfants et à l’âge actif. Le rapport appelle à un réexamen du contrat d’entraide passé entre les générations et souligne que la société globale aura tout à gagner des investissements consentis en faveur du bienêtre des jeunes et des vieux.

Au cours des 50 dernières années, l’espérance de vie a considérablement augmenté dans les pays en développement, passant de 40,1 ans en 1950 à 62,1 ans pour les hommes, et de 41,8 à 65,2 ans pour les femmes ; elle devrait atteindre 73,2 ans pour les hommes et 77,8 ans pour les femmes d’ici à 2045. Le nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre en bonne santé et en demeurant active a augmenté également.

L’espérance de vie est la plus faible – 50,9 ans pour les hommes et 53 ans pour les femmes – dans les pays les moins avancés, où la mortalité infantile se maintient à un niveau élevé. Ces pays doivent faire face simultanément au maintien d’une fécondité élevée et à l’accroissement des populations âgées.

Le changement des modes de vie a été tout aussi important que les progrès de l’espérance de vie. Les relations entre les enfants et leurs parents sont en train de se diversifier dans le sillage d’une urbanisation et d’une mobilité croissantes et de l’augmentation des revenus, et les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à s’arranger pour mener une vie plus autonome. Dans les pays en développement, près de sept personnes âgées sur dix contnuent de vivre dans un foyer auprès d’un membre plus jeune de la famille, mais le nombre de celles qui vivent seules ou uniquement avec leur conjoint est en augmentation, tout comme celui des personnes d’âge moyen qui ne s’attendent pas à vivre dans leurs vieux jours auprès de leurs enfants ou à être soutenues par ceuxci.

On trouve une exception à cette tendance dans un pays, la Thaïlande, où la plupart des gens continuent de penser qu’ils bénéficieront du soutien de leur famille dans leurs vieux jours, malgré une réduction considérable de la dimension de la famille au cours des 30 dernières années. Des enquêtes font également ressortir que beaucoup de parents thaïlandais – tout comme un nombre croissant de parents dans les autres pays – estiment qu’en investissant dans la santé et l’éducation d’un nombre moins élevé d’enfants, ils améliorent leurs chances de bénéficier plus tard d’un soutien, plutôt qu’en ayant beaucoup d’enfants.

Les parents de la prochaine génération auront moins d’enfants pour les soutenir dans leurs vieux jours, et les réseaux de la famille élargie se rétréciront. Les familles compteront plus de membres âgés, et un grand nombre d’entre elles auront à la fois des jeunes et des vieux à charge.

Les mécanismes de soutien formels et informels des vieux gagnent en importance, à mesure que le rôle de la famille décroît.

Du fait de l’allongement de l’espérance de vie et d’un avancement de l’âge de la retraite, on passe beaucoup plus d’années à la retraite qu’auparavant. Mais la notion de retraite ne signifie pas grand-chose pour la plupart des vieux dans les pays en développement, faute d’avoir un emploi dans le secteur structuré de l’économie ou une pension. Il leur faut travailler pour subvenir à leurs besoins.

Les régimes publics de pensions de retraite, d’invalidité ou de survivant existent aujourd’hui sous l’une ou l’autre forme dans environ 155 pays, mais leur couverture présente de très grandes différences et ils ne couvrent que 30 % de la population mondiale âgée de plus de 60 ans. Environ 40 % de la population d’âge actif contribue à ce soutien.

Les régimes de retraite et le nombre d’années qu’on peut espérer passer à la retraite présentent de très grandes différences dans les pays en développement. Le Chili, qui a privatisé le régime de retraite, inspire d’autres pays. Les caisses de prévoyance, qui investissent le montant des cotisations obligatoires prélevées sur les salaires dans des fonds d’investissement, sont un élément clef des régimes de retraite dans un certain nombre de pays d’Asie et d’Amérique latine. Selon le rapport du FNUAP, de tels régimes ne laisseront pas de gagner en importance à mesure que les populations âgées iront en augmentant, et il en ira de même des établissements de soins gérés par la communauté et des programmes d’aide aux populations âgées.

Dans la plupart des pays développés, des organisations bénévoles privées complètent l’aide publique aux personnes âgées ; elles gèrent des centres spécialisés de jour et des dispensaires, apportent des repas à domicile, assurent le transport des personnes âgées, font leurs courses, font leur ménage et assurent des services médicaux de base. Dans certains pays en développement, des organisations locales, aidées en cela par des ONG internationales comme HelpAge International et l’Association américaine des retraités, s’emploient à assurer des services collectifs analogues.

Le vieillissement et les femmes

Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes et elles constituent la majorité des populations âgées dans la plupart des pays. Les femmes âgées doivent supporter le fardeau de perceptions négatives et sont en butte à la discrimination sociale et économique. Elles risquent davantageque les hommes d’être pauvres et analphabètes. Pourtant, comme le souligne le rapport du FNUAP, les décideurs n’ont que trop souvent tendance à négliger les problèmes propres aux femmes âgées.

En général, les veuves de tout âge se remarient moins vite que les hommes. Elles sont beaucoup plus nombreuses que les veufs, dans une proportion pouvant être de 5 pour 1 au Bangladesh et dans une grande partie de l’Afrique. Les veuves qui n’ont pas de fils mariés risquent de se trouver bien démunies, en raison de pratiques discriminatoires qui limitent leurs droits en matière d’héritage et de propriété ou leur accès aux pensions. Le rapport se prononce pour l’élimination de cette discrimination.

Les politiques de santé négligent souvent les problèmes propres aux femmes âgées, qui comptent en moyenne plus d’années de maladie que les hommes âgés, du fait de facteurs biologiques aggravés par toute une vie passée sans avoir un accès suffisant aux services de base, aux aliments et à la nutrition, et par les épreuves traversées pendant leurs années de procréation. Le rapport souligne la nécessité de mener des recherches plus approfondies portant, par exemple, sur la ménopause et ses conséquences et d’améliorer la collecte et l’analyse des données en utilisant des indicateurs qui mesureront avec précision les disparités de statut sanitaire entre les hommes et les femmes.

Le rapport note plus généralement en ce qui concerne la santé que, le vieillissement des populations aidant, le fardeau de la maladie va passer des maladies infectieuses aux maladies non transmissibles et aux maladies chroniques, sans que cela puisse justifier une réorientation fondamentale des services de santé financés à l’aide de fonds publics dans les pays en développement. La nécessité urgente continuera de se faire sentir d’améliorer les services destinés aux pauvres et à ceux qui ne jouissent pas d’une bonne santé, quel que soit leur âge, groupe qui comporte un nombre disproportionné de femmes et de ruraux, ainsi que de personnes âgées. Le rapport estime en conclusion qu’il y a tout à gagner à s’efforcer de réduire les disparités de santé et d’assurer à tous des soins de santé de qualité tout au long du cycle de vie.

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