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La réduction de la dimension de la famille peut savérer
bénéfique du point de vue économique
L'accroissement rapide des
populations âgées appelle une planification mûrement réfléchie
De pair à pair: Maîtrisons notre destin
L'ère de l'accroissement rapide de la population n'est pas encore révolue |
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De pair à pair : Maîtrisons notre destin
Toyosi Fadahunsi, une adolescente de 16 ans, vient tout juste de donner à ses
compagnes de classe ce quelle appelle «des tuyaux concernant les choses de la
vie». Elle fait partie des 600 éducateurs-pairs dOsogbo, la capitale de
lEtat dOsun dans le sud-ouest du Nigéria, qui ont été formés à la
préparation à la vie familiale par Life Vanguards, une organisation non gouvernementale
qui se propose daméliorer la santé en matière de sexualité et de reproduction
des jeunes Nigérians.
Life Vanguards fournit des informations et des services de conseils pour permettre
aux jeunes de prendre des décisions informées. «Je connais aujourdhui des tas de
choses dont je navais pas la moindre idée auparavan», dit Toyosi. «Life Vanguards
nous explique que nous avons les clefs de notre avenir entre nos mains et nous apprend à
prendre soin de nous-mêmes en tant que filles et à nous comporter avec les autres,
notamment les garçons. Nous regardons des films et nous savons tout à propos de la
sexualité et de la grossesse. Je connais parfaitement mon corps».
Le rapport Etat de la population mondiale 1998 publié par le Fonds des
Nations Unies pour la population indique quun grand nombre des 530 millions de
jeunes âgés de 15 à 19 ans ont une vie sexuelle active. Ils ont besoin quon leur
explique comment avoir un comportement responsable et se protéger dune grossesse
non souhaitée ou de certaines maladies. Les parents éprouvent souvent de la gêne à
aborder de telles questions et les adolescents préfèrent sen entretenir avec
dautres jeunes.
«La plupart des jeunes sont renseignés par leurs pairs à lécole ou
pendant les heures de loisirs», explique Segun Igbinlade, spécialiste de la gestion des
programmes (hors classe). «Nos éducateurs-pairs leur fournissent des informations
correctes sur la santé en matière de reproduction quils peuvent ensuite
transmettre à leurs amis».
Selon Igbinlade, 400 jeunes fréquentent chaque mois un centre de Life Vanguards et
ils y trouvent des informations «non diluées» concernant la sexualité humaine, le
respect de soi, les conséquences dune grossesse non souhaitée et les choix qui
soffrent en matière de contraception, et ce par le biais dateliers, de
séminaires, de discussions de groupe et de vidéos. Pour devenir un éducateur-pair, un
jeune doit avoir suivi 40 heures de préparation à la vie familiale.
Life Vanguards, que le FNUAP finance par le biais du Ministère de la santé de
lEtat dOsun dans le cadre des efforts visant à renforcer la prestation de
services dans le domaine de la santé en matière de reproduction, joue également le
rôle dun projet pilote pour une initiative du gouvernement fédéral visant à
mettre en place un système viable de soins de santé pour les adolescents.
Lorganisation gère aussi un dispensaire réservé aux jeunes qui leur
propose, gratuitement ou à des prix subventionnés, des services et des conseils de
santé en matière de reproduction, y compris le diagnostic et le traitement des maladies
sexuellement transmissibles. Le personnel infirmier se rend aussi dans les écoles et
auprès des jeunes qui ne fréquentent pas lécole mais exercent des activités
professionnelles.
Selon le directeur du projet, le docteur Oluwole Odutolu, lorsque Life Vanguards a
été créée en 1994, la plupart des parents étaient sceptiques et certains ont interdit
à leurs enfants de participer aux activités. Cette attitude a changé à partir du
moment où les parents et les responsables de la communauté ont pu assister à des
séminaires sur les activités et les objectifs de lorganisation.
Jumoke Shiyanbade, une infirmière, explique : «Je me fâchais tout rouge chaque
fois que je voyais une adolescente enceinte. Après avoir participé à un atelier de Life
Vanguards, jai appris à me montrer plus patiente et aujourdhui, jai de
bien meilleures relations avec les jeunes que je rencontre dans lexercice de mes
activités quotidiennes».
Ife Olatunji, une élève qui termine le secondaire, exerce une très grande
influence sur ses pairs quelle est chargée déduquer : «Jai cessé de
fréquenter les camarades qui risquent de me distraire de mes études. Je voudrais devenir
comptable, mais je sais très bien que cela ne sera pas possible si je nétudie pas
mes cours, si je nai pas de bonnes fréquentations ou si je tombe enceinte».
Olanike Abubakar, autre élève qui termine le secondaire, âgée de 14 ans,
reconnaît quil y a encore certaines choses dont elle a beaucoup de difficultés à
sentretenir avec ses parents : «On ne peut pas raconter aux parents quedes jeunes
vous «draguent», par exemple, mais nous avons pu aborder cette question grâce à Life
Vanguards.
Je sais que les garçons ne sont pas des ennemis. En fait, je peux dire que
jai des amis, comme jai des amies. Mais il y a une différence entre un ami et
un amant. Un ami ne me demandera pas de coucher avec lui, car il sait que ce nest
pas de mon âge».
«Aujourdhui, même les garçons peuvent comprendre pourquoi une fille doit
savoir dire non», explique Folade Oluwasanmi, une étudiante de 20 ans qui fait des
études dingénieur et qui est chargée déduquer ses pairs. «Grâce à Life
Vanguards, jai appris des tas de choses auxquelles je ne prêtais guère
dattention à mon cours de biologie. Je sais pourquoi une fille est réglée,
comment elle peut tomber enceinte et comment elle peut éviter une grossesse
lorsquelle nest pas prête à fonder une famille. Je sais ce que je veux».
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