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Nous, Parlementaires du monde entier, venons à Ottawa
pour réaffirmer notre engagement envers le Programme
d'action de la Conférence internationale sur la population
et le développement et pour nous engager à agir
afin de faire progresser la mise en oeuvre du Programme d'action
et des principales mesures identifiées dans l'examen
mené cinq ans après.
Nous réaffirmons en outre notre engagement
envers le développement
durable et ses trois piliers : croissance économique, progrès
social et protection de l'environnement.
Nous reconnaissons et acceptons
notre rôle crucial,
sur les plans tant individuel que collectif, en tant que
pont entre le peuple et le gouvernement - comme avocats pour
les droits et les besoins du peuple, comme législateurs
chargés de faire des lois pour protéger ces
droits, et comme responsables chargés de mobiliser
les ressources et de créer l'environnement propice
nécessaire pour répondre à ces besoins.
Nous reconnaissons
et acceptons en outre le fait que la population est un problème transversal qui a un impact
sur tous les autres problèmes de développement
et qui occupe donc une place centrale dans la réalisation
des objectifs de développement pour le Millénaire,
en particulier ceux qui visent à éliminer la
pauvreté et la faim; à améliorer la
santé maternelle, y compris les efforts menés
pour lutter contre l'avortement pratiqué dans des
conditions dangereuses et pour promouvoir la santé et
les droits en matière de reproduction et de sexualité;
combattre le VIH/sida; assurer l'enseignement primaire universel;
et promouvoir l'égalité entre les sexes et
l'affranchissement des femmes.
Nous reconnaissons en outre
les faits suivants :
Il manque 34 % des fonds nécessaires pour atteindre
le chiffre mondial convenu de ressources pour 2000, qui est
de 17 milliards de dollars pour les programmes de population
et de santé en matière de reproduction - 24
% sur le plan des ressources intérieures et environ
55 % sur celui des ressources extérieures.
La moitié de la population mondiale vit avec moins
de 2 dollars par jour; 1,2 milliard de personnes vivent avec
moins d'un dollar par jour. Plus de la moitié sont
des femmes.
L'instabilité politique fait obstacle à l'élimination
de la pauvreté et au développement durable.
Dans le monde
entier, quelque 840 millions de personnes souffrent de malnutrition;
des millions d'entre elles, dont
6 millions d'enfants âgés de moins de 5 ans,
meurent chaque année des effets de la faim et de la
malnutrition chroniques.
On compte actuellement environ 40
millions de réfugiés
et de personnes déplacées dans leur propre
pays, dont beaucoup n'ont pas accès aux services de
santé en matière de reproduction.
En 2000, 508 millions de
personnes vivaient dans des pays en situation de stress
hydrique; en 2025, ce sera le cas
de 3 milliards.
On compte un milliard d'adolescents qui
ont atteint ou sont sur le point d'atteindre la période procréatrice
de leur vie et dont beaucoup n'ont pas accès à l'éducation
et aux services de santé en matière de reproduction.
Chaque
année, plus de 500 000 femmes meurent durant
la grossesse et l'accouchement; 7 millions de plus souffrent
d'infections ou de lésions.
Dans le monde entier, 350 millions
de femmes n'ont pas encore obtenu accès à un éventail de moyens
de contraception sans danger et efficaces; chaque année,
près de 175 millions de grossesses ne sont pas désirées
ou se placent à un moment inopportun.
Dans le monde entier,
les besoins de millions de femmes sur le plan de la planification
familiale et de la santé en
matière de reproduction ont été ignorés,
notamment dans des pays comme l'Afghanistan, où les
femmes ont été contraintes durant des décennies
de pâtir de la non-satisfaction de ces besoins.
Près de 40 millions d'avortements sont pratiqués
chaque année, souvent dans des conditions dangereuses.
Environ 78 000 femmes, soit 227 par jour, meurent chaque
année à la suite d'interruptions de grossesse
pratiquées dans des conditions dangereuses.
En 2001, 5 millions
de personnes sont devenues séropositives,
dont 800 000 étaient des enfants; 3 millions de personnes
sont mortes du sida la même année.
On compte 13,4 millions
d'orphelins du sida, dont beaucoup ont la charge d'un foyer.
Près de la moitié de tous les nouveaux cas
d'infection frappent des jeunes âgés de 15 à 24
ans et les jeunes filles sont particulièrement exposées.
On
compte 40 millions de personnes atteintes du VIH/sida;
28,5 millions d'entre elles vivent en Afrique.
Le nombre des
préservatifs nécessaires pour
offrir une protection contre le VIH/sida est inférieur
chaque année de 8 milliards aux besoins.
En 2050, le nombre
de personnes âgées de 60
ans au moins passera de 600 millions à près
de 2 milliards et leur proportion dans la population doublera,
passant de 10 % à 21 %; beaucoup d'entre elles vivront
dans la pauvreté et auront besoin de l'aide des pouvoirs
publics pour obtenir des services sociaux et de santé.
Nous, Parlementaires réunis à Ottawa, nous
engageons à prendre les mesures suivantes et lançons
un appel aux Parlementaires, partout dans le monde, pour
qu'ils s'y engagent aussi :
- Faire tout le possible pour affecter jusqu'à 5 à 10
% des budgets nationaux de développement aux programmes
de population et de santé en matière de reproduction.
- Faire tout le possible pour atteindre l'objectif convenu
d'affecter à l'aide publique au développement
(APD) 0,7 % du PNB et n'épargner aucun effort pour
mobiliser le montant estimatif convenu de ressources financières
indispensables à la mise en oeuvre du Programme
d'action de la CIPD.
- Donner un rang élevé de priorité à l'accès
universel aux services et produits de santé en matière
de reproduction dans le cadre des politiques nationales
de santé et de réduction de la pauvreté,
sur le plan tant des allocations budgétaires que
des activités de programme.
- Formuler et mettre en oeuvre les politiques et fournir
les moyens de financement nécessaires pour offrir
aux réfugiés et aux personnes déplacées
les soins voulus sur le plan de la santé en matière
de reproduction et de sexualité.
- Promulguer, faire connaître et imposer des lois
et politiques de nature à promouvoir et protéger
les droits fondamentaux des fillettes et des jeunes femmes, à assurer
l'accès égal et la pleine participation des
femmes à la prise de décisions à tous
les niveaux, et à éliminer toutes les formes
de violence, de coercition et de discrimination contre
les femmes, y compris diverses formes de pratiques traditionnelles,
culturelles et religieuses qui leur sont nuisibles.
- Faire disparaître tous les écarts et inégalités
entre les sexes dans l'éducation, l'emploi et les
moyens d'existence, adopter et imposer des mesures propres à assurer
l'éducation des filles, développer leurs
compétences techniques et professionnelles et leur
enseigner à lire et à écrire.
- Promouvoir la réduction de la mortalité et
de la morbidité maternelles ainsi que du nombre
d'avortements pratiqués dans des conditions dangereuses, à la
fois en tant que priorité de la santé publique
et que préoccupation relative aux droits en matière
de reproduction.
- Soutenir l'éducation sanitaire afin de faire prendre
conscience des risques liés à la grossesse,
au travail et à l'accouchement, et d'approfondir
la compréhension des rôles et responsabilités
respectifs des membres de la famille, notamment des hommes,
s'agissant de promouvoir et de protéger la santé maternelle.
- Donner une priorité élevée à l'approvisionnement
en eau, surtout dans les zones rurales, et à l'assainissement
dans les stratégies nationales de développement
et de réduction de la pauvreté, et en particulier à un
meilleur rendement des ressources hydriques, à la
stabilisation de la population et à la stabilisation
du climat.
- Améliorer l'accès de tous ceux qui vivent
dans la pauvreté, en particulier des femmes, aux
ressources agricoles, y compris la terre, et promouvoir
des systèmes de distribution équitables et
efficaces, ainsi que le développement durable.
- Susciter la volonté politique nécessaire
pour élaborer des politiques du VIH/sida et les
intégrer aux politiques nationales de santé en
matière de reproduction, et mettre en oeuvre les
plans d'action nationaux; promulguer une législation
propre à garantir le respect des droits fondamentaux
et la dignité des personnes atteintes du VIH/sida
et des orphelins du sida; et dispenser l'éducation
et les services nécessaires pour prévenir
la transmission de toutes les formes d'infections sexuellement
transmissibles, dont le VIH/sida, et pour offrir le traitement
de ces infections.
- Veiller à ce que les adolescents, tant scolarisés
que non scolarisés, reçoivent l'information
nécessaire dans les langues appropriées,
aussi bien que des services et des occasions de participer à la
planification des politiques et programmes qui leur sont
destinés et de faire des choix et prendre des décisions
responsables et informées concernant leurs besoins
sur le plan de la santé en matière de reproduction
et de sexualité.
- N'épargner aucun effort pour assurer d'ici l'an
2015 l'accès universel aux services et produits
de santé en matière de reproduction, en encourageant
les gouvernements, les donateurs, la société civile
et le secteur privé à travailler ensemble,
avec l'appui des gouvernements, à atteindre cet
objectif.
- Créer et/ou renforcer une capacité nationale
de collecter, analyser et diffuser des données statistiques,
ventilées par sexe, au service de la planification
nationale du développement, et dégager les
ressources nécessaires à cette fin.
- Promouvoir et protéger la pleine jouissance par
les personnes âgées de leurs droits économiques,
sociaux, culturels, civils et politiques et éliminer
toutes les formes de violence et de discrimination contre
elles; et donner aux personnes âgées les moyens
de participer pleinement et efficacement à la vie
de leurs sociétés respectives dans les domaines économique,
politique et social.
Nous, Parlementaires, promettons, en tant qu'avocats de
la collectivité publique, législateurs et responsables,
de mettre en oeuvre ces mesures et de suivre de manière
active et systématique les progrès que nous
faisons à cet égard. Nous promettons en outre
de faire régulièrement rapport sur ces progrès
par l'intermédiaire des groupes parlementaires et
de nous rencontrer de nouveau dans deux ans pour évaluer
les résultats obtenus, sur le plan tant individuel
que collectif.

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