État de la population mondiale 2016

How our future depends on a girl at this decisive age
How our future depends on a girl at this decisive age

Elle a dix ans. Capable de s’approprier dès son plus jeune âge la sagesse et le savoir de ceux qui l’entourent, elle est appelée à devenir un jour une dirigeante exemplaire, une travailleuse productive, une inventrice, une mère attentionnée, ou tout ce qui contribue à la prospérité et au dynamisme d’une société. Elle façonnera l’avenir de sa communauté et du monde que nous partageons.

Une foule d’événements viennent bouleverser sa vie et la tiraillent de toutes parts. Jusqu’où ira-t-elle ? La réponse à cette question dépendra du soutien qu’elle recevra et de sa capacité à dessiner son propre avenir.
 

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J’AI 10 ANS

Je suis le visage
de l’avenir

À dix ans, une fille devient vulnérable. Elle est aux prises avec le passage à l’âge adulte, ses changements physiologiques et psychologiques rapides, et l’apparition de toutes nouvelles attentes de la part de sa famille et de la société. Si les risques sont aussi nombreux pour les filles que pour les garçons, la discrimination sexiste ne fait que les aggraver à presque tous les égards pour les premières. Les politiques publiques sont souvent axées sur les très jeunes enfants ou les adolescents plus âgés, et ne gèrent pas adéquatement les risques auxquels sont exposées les filles de dix ans.

Si ses droits ne sont pas bien protégés par des lois, des services et des investissements adaptés, ses chances de s’épanouir à l’adolescence et de devenir une adulte à part entière disparaissent à tout jamais.

La communauté internationale a déjà obtenu de bons résultats en faveur des garçons de dix ans, et ce, dans de nombreux domaines. Il est grand temps d’en faire autant pour les filles. 

Imaginer un monde nouveau pour les filles de dix ans
Imaginez une fille de dix ans dans un monde qui la valorise, l’encourage et la protège vraiment. Ses possibilités, loin de se réduire, se multiplient et se diversifient. Tout le monde reconnaît que ses droits doivent être respectés dans leur intégralité, au même titre que ceux de son frère, ce que reflètent les lois, la pratique juridique et les normes sociales. Personne ne pense qu’une fille est en âge de se marier ou d’avoir des enfants avant 18 ans. Personne n’attend d’elle qu’elle abandonne l’école pour gagner sa vie ou se charger des tâches ménagères. Elle fréquente une bonne école, bien entretenue, sûre et proche de son domicile. Cette fille de dix ans mange à sa faim, et son alimentation est suffisamment nourrissante pour assurer sa croissance et le développement de son cerveau. Elle est protégée et bénéficie des mêmes possibilités que les garçons d’explorer le monde qui l’entoure, de se faire des amis et de participer librement à la vie sociale.

Concrétiser cette vision
La communauté internationale peut réaliser cette ambition. C’est ce qu’elle a accepté de faire dans le cadre d’un ensemble d’engagements internationaux regroupés sous le Programme de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030. Adopté par les 193 pays membres des Nations Unies en 2015, le Programme à l’horizon 2030 représente une avancée unique dans l’histoire du consensus mondial sur le développement, puisqu’il s’applique à tous les pays, riches, pauvres ou en voie de développement. Il définit une trajectoire de transformation solidement fondée sur les droits fondamentaux et l’inclusion de tous les individus, et s’inscrit dans la durabilité, afin que toutes les ressources utilisées aujourd’hui de façon rationnelle puissent être exploitées par les générations futures. Au cours des 15 prochaines années, 17 objectifs de développement durable et 169 cibles contribueront à la réalisation du Programme à l’horizon 2030. 

Pour la première fois de l’histoire, le Programme à l’horizon 2030 engage explicitement les pays à ne laisser personne de côté sur la voie du développement. Il avertit la communauté internationale qu’aucune fille de dix ans ne doit être laissée en marge, abandonnée à la pauvreté ou à la maladie, ou sans instruction.
 

Photo © UNFPA/Santosh Chhetri

 

Transformer notre monde

En 2015, la communauté internationale a pris un engagement sans précédent pour l’humanité, la prospérité et la planète. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est historique. Approuvé par plus de 150 dirigeants mondiaux, il vise à mettre fin à toutes les formes de pauvreté et de discrimination et à transformer nos modes de vie, pour permettre à chacun de jouir de ses droits et de vivre dignement.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) joue déjà un rôle de premier plan dans la réalisation des objectifs relatifs à la pauvreté, à la santé, à l’éducation et à l’égalité des sexes. L’atteinte de l’objectif d’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive donne à chaque fille et à chaque femme la liberté de poursuivre des études, d’obtenir un emploi décent et de contribuer davantage à la vie de sa famille, de sa communauté et de son pays.

  • 1 PAS DE PAUVRETÉ

    Le premier objectif vise à réduire de moitié la proportion de personnes de tous âges touchées par l’une des dimensions majeures de la pauvreté.

    L’UNFPA appuie les services de santé sexuelle et reproductive qui permettent aux filles d’élargir leurs perspectives économiques.

  • 3 SANTÉ ET BIEN-ÊTRE

    Le troisième objectif vise à ramener le taux de mortalité maternelle mondial à moins de 70 pour 100 000 naissances vivantes.

    L’UNFPA aide les pays à mettre en place des politiques et des services publics qui contribuent à préserver la santé des filles.

  • 4 ÉDUCATION DE QUALITÉ

    Le quatrième objectif s’attache à assurer d’ici 2030 une éducation gratuite, équitable et de haute qualité.

    L’UNFPA œuvre aux côtés des pays en vue de promouvoir les investissements en faveur de l’éducation et des possibilités pour les filles.

  • 5 ÉGALITÉ DES SEXES

    Le cinquième objectif a pour but d’éliminer toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles.

    L’UNFPA s’emploie à mettre fin aux pratiques néfastes et à leurs conséquences.

 

On estime que 125 millions d’enfants sont âgés de dix ans aujourd’hui. On compte parmi eux un peu plus de 60 millions de filles, et 65 millions de garçons.

Où se trouvent les enfants âgés de dix ans aujourd’hui ?
Actuellement, l’enfant type de dix ans vit dans un pays en développement. Près de neuf sur dix (89 % d’entre eux) vivent dans les régions les moins avancées du monde, dont la moitié en Asie et dans le Pacifique, notamment en Chine et en Inde. Un sur cinq vit dans l’un des 48 pays définis par les Nations Unies comme les moins avancés (34 en Afrique subsaharienne, 13 en Asie et dans le Pacifique, et un en Amérique latine et dans les Caraïbes), où les défis qui s’opposent à la réalisation de leur plein potentiel sont les plus grands, et où les institutions chargées de les soutenir sont les plus faibles.

Près de 35 millions des filles actuellement âgées de dix ans vivent dans des pays affichant des niveaux élevés d’inégalité entre les sexes, mesurés par l’Indice d’inégalité de genre.

La vie des enfants âgés de dix ans aujourd’hui : défis et promesses
Près de six filles sur dix vivent dans des pays où les normes et les pratiques sexospécifiques les défavorisent considérablement, aussi bien à l’âge de dix ans qu’à l’âge adulte. Par rapport à leurs frères, ces filles ont moins de chance de poursuivre leur scolarité, sont plus exposées au risque de devoir travailler, sont plus susceptibles d’être mariées avant l’âge de 18 ans, ont plus de risques de subir des violences conjugales, sont plus susceptibles de souffrir de complications liées à la grossesse et ont moins de chance de prendre part aux décisions familiales, y compris lorsque celles-ci concernent leur scolarité ou leur santé. De tels schémas peuvent être lourds de conséquences pour les filles, et avoir des retentissements sur les familles, les communautés, voire les pays.
 

 

Nous avons dix ans.

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Les filles âgées de dix ans aujourd’hui nourrissent toutes des espoirs et des rêves pour leur avenir, que nous venions de pays développés ou en voie de développement, que nous vivions dans des villes, des villages ou des camps de réfugiés, ou que nous ayons grandi dans un foyer pauvre ou aisé. Mais nous serons toutes confrontées à des obstacles bien spécifiques sur le chemin qui nous mènera à l’âge adulte.

Voici un aperçu de notre vie et de nos aspirations.

Aditi

Bangladesh

Chaque matin, avant d’aller à l’école du village de Noyakata, Aditi fait ses devoirs. Quand elle rentre de l’école, elle s’occupe de sa petite sœur tandis que sa mère travaille. Son plat préféré est le poisson hilsa. Elle aime lire des livres avec sa camarade de classe Shumi et espère un jour étudier à l’université.

Toutes les photos de Aditi : UNFPA/Barcroft Media/Zakir Chowdhury
 
 

Daline

Cameroun

Daline vit à Yaoundé. Elle s’apprête à commencer sa première année dans l’enseignement secondaire et parle couramment anglais et français. Elle aide à s’occuper de ses deux frères et contribue aux tâches domestiques une heure par jour en passant le balai dans la propriété et la véranda. Ses plats préférés sont l’eru et le water fufu. Elle aime se promener et jouer aux cartes ou au Scrabble avec sa meilleure amie Anaïs.

Toutes les photos de Daline : UNFPA/Barcroft Media/Adrienne Surprenant
 
 

Hiba

Jordanie

Hiba est originaire de Syrie. Elle vit aujourd’hui dans le camp de réfugiés de Zaatari (Mafraq, Jordanie) avec sa mère, ses trois sœurs et ses deux frères. Son plat préféré est la mutabaka, une préparation à base d’aubergines et de tomates. La journée, elle s’occupe de sa petite sœur et de son frère cadet, pendant que sa mère et son aînée mènent une campagne contre le mariage des enfants au sein du camp. Elle aime jouer à cache-cache avec ses amis et aimerait un jour étudier à l’université.

Toutes les photos de Hiba : UNFPA/Barcroft Media/Maria de la Guardia
 
 

Ingeborg

Norvège

Ingeborg vit à Oslo avec ses parents, non loin de son école. Elle a commencé à apprendre à lire et à écrire à l’âge de quatre ans. Elle aime passer du temps avec ses amis et jouer à Pokémon avec son petit frère. Elle suit des cours de danse classique, fait du slalom en ski en Italie l’hiver et souhaite apprendre à plonger en apnée.

Toutes les photos de Ingeborg : UNFPA/Barcroft Media/Sigrid Bjorbekkmo
 
 

Isabelle

États-Unis

Isabelle vit dans une maison à Cabin John, dans le Maryland, avec ses parents et sa petite soeur. Elle est en quatrième année à l’école primaire et souhaite un jour étudier à l’université. Son repas préféré de la journée est le dîner car elle y mange parfois du poulet. Elle aime jouer à cache-cache, au loup et aux jeux de société avec ses amis.

Toutes les photos de Isabelle : UNFPA/Barcroft Media/Ruaridh Connellan
 
 

Ortilia

Guatamala

Ortilia a quatre frères et cinq sœurs. Elle vit à Chisec. Quand elle rentre de l’école, elle contribue aux tâches domestiques et s’occupe de ses cadets. Elle aime lire des histoires, des proverbes et des énigmes, et souhaite un jour étudier à l’université. Elle aime jouer avec ses quatre meilleurs amis. Elle participe en outre à un programme de renforcement des compétences ciblant les filles.

Toutes les photos de Ortilia : UNFPA/Barcroft Media/Daniele Volpe
 
 

Rosita

Albanie

Rosita vit à Peshkopi avec ses parents, sa sœur et ses trois frères. Elle est en quatrième année à l’école primaire et prévoit d’étudier à l’université lorsqu’elle aura terminé ses études secondaires. Son aliment préféré est le riz, parce qu’il sent si bon à la cuisson. Chaque jour, elle fait ses devoirs et contribue pendant deux heures aux tâches domestiques. Elle aime jouer au ballon, ainsi qu’à d’autres jeux, avec son amie Kristina.

Toutes les photos de Rosita : UNFPA/Barcroft Media/Nake Batev
 
 

Samantha

Brésil

Samantha vit avec ses parents et son petit frère Guilherme, âgé de cinq ans, dans une petite maison à Ceilânda, près de Brasilia. Sa grand-mère vit dans la maison d’à côté. Samantha est une élève douée : elle a déjà été récompensée par un prix quatre fois pour ses résultats. Elle espère pouvoir étudier à l’université. Ses aliments préférés sont le riz, les haricots et le steak-frites. Elle joue presque tous les jours avec son amie Ingrid.

Toutes les photos de Samantha : UNFPA/Barcroft Media/Bento Viana
 
 

Temawelase

Swaziland

Temawelase est en sixième année à l’école primaire dans une communauté rurale du district de Hhohho. Elle a quatre frères et sœurs. Son aliment préféré est le riz, parce que cela lui donne de l’énergie. Lorsqu’elle n’est pas à l’école, elle contribue aux tâches domestiques, s’occupe de l’un de ses cadets, ou joue à la corde à sauter et au hula hoop avec son amie Notsile. Elle participe en outre à un programme qui fournit aux filles des informations concernant leur santé et leur bien-être. Elle voudrait étudier à l’université.

Toutes les photos de Tuong Anh : UNFPA/Barcroft Media/Mark Lewis
 
 

Tuong Anh

Vietnam

Tuong Anh est en quatrième année à l’école primaire. Elle vit à Hanoi avec ses parents et ses trois frères âgés de 11, 12 et 16 ans. Elle contribue aux tâches domestiques dès qu’elle a un moment de libre. Sa mère lui a dit de travailler dur pour pouvoir aller à l’université un jour. Elle voudrait se marier, mais seulement après avoir fini ses études, et ne souhaite avoir qu’un ou deux enfants.

Toutes les photos de Tuong Anh : UNFPA/Barcroft Media/Quinn Ryan Mattingly
 
 
 

Il y a lieu d’être optimiste concernant l’avenir des enfants de dix ans.

Les deux dernières décennies ont été marquées par une évolution très rapide du nombre d’enfants scolarisés, une baisse spectaculaire des décès maternels, néonatals et infantiles, ainsi que par une lente transition vers une plus grande égalité entre les sexes. Si ces progrès se poursuivent et que nous nous investissons tous pour permettre à ce groupe d’âge d’optimiser son potentiel, alors les enfants de dix ans pourraient bien se révéler déterminants dans l’édification d’un monde meilleur.

 

Photo: © UNFPA/Ollivier Girard

 

Mes défis

Les obstacles se dressant sur mon
chemin vers l’âge adulte

Les obstacles que rencontrent les filles de dix ans diffèrent par leur type et leur degré de persistance à travers le monde. Mais, quel que soit l’endroit, il existe des barrières qui les désavantagent par rapport aux garçons, et ces barrières ne feront que s’élever à mesure qu’elles grandiront.

Des risques et des vulnérabilités accrus
Le début du voyage qui mènera les filles de dix ans vers l’âge adulte comporte de nombreux risques et vulnérabilités. Dans certaines régions du monde, lorsqu’une fille atteint l’âge de dix ans, elle est jugée prête à se marier. Une fois mariée, cette fille sera vraisemblablement retirée de l’école. Et dès qu’elle entrera dans la puberté, on attendra probablement d’elle qu’elle commence à porter des enfants. Ses organes génitaux seront peut-être mutilés afin d’obéir à des rites de passage. Sans éducation ni autonomie, elle risque de passer le reste de sa vie dans la pauvreté.

Entraves à la santé et au bien-être
Les attitudes, les caractéristiques et les comportements en matière de santé acquis et consolidés à l’adolescence, qui commence à l’âge de dix ans, détermineront la santé des filles pour la vie entière. Ainsi, les conséquences de choix positifs et d’un accès à des services de santé adaptés aux jeunes se feront sentir tout au long de la vie.

Violence
Près d’un tiers des femmes subissent directement la violence, cette menace est donc omniprésente. Le risque de violence concerne toutes les filles, dicte leurs choix et limite leur potentiel. 

La violence à l’égard des filles de dix ans prend également la forme de pratiques néfastes telles que le mariage d’enfants, les mutilations génitales féminines, les violences sexistes, les rapports sexuels forcés et la maltraitance psychologique, y compris les brimades et le harcèlement (Chong et al., 2006).

Accès limité à l’éducation
Bien que l’éducation soit un droit commun à tous les individus, les taux de scolarisation des filles ne sont pas les mêmes que ceux des garçons à travers le monde, et les filles sont plus susceptibles que les garçons de ne jamais aller à l’école.

À l’heure actuelle, environ 62 millions d’adolescentes dans le monde ne sont pas scolarisées. Lorsqu’une fille ne va pas à l’école, ou lorsqu’elle en est retirée, ses droits sont violés et ses perspectives d’avenir, limitées.

Les filles non scolarisées sont moins susceptibles d’accéder à une éducation complète à la sexualité et aux connaissances pratiques qui leur permettraient de mieux connaître leur corps, d’appréhender les rapports entre les sexes et les relations de pouvoir et d’acquérir des compétences de communication et de négociation.
 

 

Enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire, par région et par sexe, entre 2000 et 2014

Source de données : Institut de statistique de l'UNESCO

Adolescents non scolarisés en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire, par région et par sexe, entre 2000 et 2014

Source de données : Institut de statistique de l'UNESCO
 

Une protection inégale des droits fondamentaux
Une fille de dix ans peut rencontrer des obstacles juridiques dès sa naissance. Selon l’UNICEF, 230 millions d’enfants de moins de cinq ans ne possèdent pas de certificat de naissance, majoritairement en Asie et en Afrique subsaharienne. Sans certificat de naissance, un enfant (fille ou garçon) connaîtra plus tard des difficultés à s’inscrire à l’école, à accéder aux soins de santé et aux autres services sociaux, à trouver du travail et à hériter de biens fonciers.

Une fille de dix ans qui ne connaît pas ses droits est incapable de les faire valoir, que ce soit chez elle, en classe ou dans la rue.

L’application et la responsabilité sont deux éléments immuables qui permettent de mettre à l’épreuve un droit, que ce dernier concerne une fille de dix ans ou toute autre personne. Même si une jeune fille connaît ses droits et tente de les faire respecter, il est probable que sa tentative soit étouffée par ses parents, son époux ou par un système judiciaire qui ne prend pas ses droits au sérieux. C’est le cas des filles de dix ans que les juges autorisent à se marier, qui se voient interdire d’aller à l’école par un parent ou par leur époux, ou qui ne reçoivent aucune protection de la police en cas de violences conjugales ou parentales.

Obstacles économiques
Qu’elle vive dans un pays en développement ou dans un pays industrialisé, une fille de dix ans est aujourd’hui plus susceptible que son frère de supporter la charge des tâches domestiques et du travail non rémunéré nécessaires à l’entretien du foyer. Pour de nombreuses filles, il s’agira de l’unique ou de la principale forme de travail exercée durant toute leur vie, ce qui les rend plus pauvres que les hommes (et pour plus longtemps).

En dehors du foyer, la participation économique des filles continue de se heurter à des préjugés sexistes et à d’autres obstacles. De nombreux programmes de développement de la main-d’œuvre axés sur les jeunes portent sur des secteurs dominés par les hommes et n’incluent pas suffisamment de mesures concrètes pour intégrer les filles, telles que la sensibilisation directe des jeunes filles, la fourniture d’un moyen de transport afin d’assurer leur sécurité, ou la communication d’informations aux parents à l’aide de messages expliquant pourquoi leurs filles devraient participer à la vie économique. Pour compliquer encore davantage les choses, la plupart des données relatives au développement de la main-d’œuvre jeune ne sont pas ventilées par sexe, et ne permettent donc pas de mesurer les impacts sexospécifiques.

Ces obstacles à l’émancipation et à l’autonomie économiques des femmes concourent à enfermer les filles de dix ans dans la pauvreté pour le reste de leur vie, et à les empêcher de jouir de leurs autres droits fondamentaux.
 

 

Mes possibilités

Me soutenir aujourd’hui pour offrir
à tous un avenir meilleur

Les pays qui choisissent de mettre en place des politiques et des institutions propres à renforcer le capital humain que constituent les filles de dix ans, par le biais d’une éducation de qualité et de l’accès aux informations et services sanitaires, sont susceptibles de réaliser des progrès économiques majeurs. En revanche, ceux qui décident de ne rien faire ou de ne déployer que peu d’efforts pour abattre les obstacles à l’accomplissement du potentiel des filles seront confrontés à des difficultés considérables lorsqu’ils voudront renforcer leur croissance et leur développement économiques.

Tirer parti du dividende démographique
De nombreux pays en développement sont confrontés à une transition démographique spectaculaire, qui s’est d’abord manifestée par une chute des taux de mortalité néonatale et infantile, due en grande partie à l’amélioration des systèmes de santé, de la nutrition et de l’assainissement. Au cours des années suivantes, les taux de fécondité ont également chuté, car les couples ont compris qu’une réduction des risques de mortalité infantile signifiait qu’ils pouvaient obtenir le nombre d’enfants désiré avec moins de naissances. Par ailleurs, ces couples se tournent vers des méthodes de contraception modernes, contribuant encore davantage à la chute du taux de fécondité.

Cette transition démographique génère une structure de la population caractérisée par un nombre plus élevé d’adultes en âge de travailler que d’enfants ou de personnes âgées, qui sont dépendants des premiers. Les individus en « âge de travailler » ont généralement entre 15 et 64 ans.

Des politiques et institutions appropriées permettent ainsi de renforcer le capital humain que représentent les populations jeunes. De cette manière, un pays en développement peut connaître une croissance économique spectaculaire, associée à l’augmentation du nombre de personnes en âge de travailler au sein de sa population, et parvenir à un dividende démographique. Il s’agit d’une occasion unique de réaliser des avancées sur le plan économique et de réduire la pauvreté.

On entend par dividende démographique le potentiel de la croissance économique résultant de l’évolution de la pyramide des âges de la population d’un pays, caractérisée par une augmentation de la part de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans), qui finit par dépasser la part de la population n’ayant pas l’âge de travailler (de moins de 14 ans et de plus de 65 ans).

Le dividende démographique peut représenter deux points de pourcentage de croissance annuelle du revenu par habitant. Cette impulsion économique s’accroît avec le temps et l’accumulation des hausses de revenus. Cependant, la croissance économique n’est pas systématiquement associée au dividende démographique. En effet, l’obtention de revenus supérieurs dépend en partie du développement du capital humain que représente la population jeune. Les jeunes individus en bonne santé et instruits qui atteignent l’âge de travailler sont potentiellement plus productifs que ceux qui ne bénéficient pas de ces atouts. Par ailleurs, la productivité dépend de l’accès à l’emploi et au capital. L’obtention d’un dividende démographique dépend donc également des performances des marchés du travail et des capitaux, ainsi que des institutions et des politiques. 

 

Photo © UNFPA/Fahmia Al-Fotih

 

Principe du dividende démographique

On entend par dividende démographique le potentiel de la croissance économique résultant de l’évolution de la pyramide des âges de la population d’un pays, caractérisée par une augmentation de la part de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans), qui finit par dépasser la part de la population n’ayant pas l’âge de travailler (de moins de 14 ans et de plus de 65 ans).

  • Le Dividende Démographique

    Lorsque les taux de mortalité et de fécondité d’un pays passent d’élevés à faibles, on assiste à l’émergence d’une population jeune en âge de travailler susceptible de stimuler l’économie.

    © UNFPA/Live Images
  • Pré-Transition

    Mortalité Élevée Fécondité Élevée
    Investissements Clés Pour
    réduire la mortalité infantile à travers
    • La vaccination des enfants
    • Les soins de santé primaires
    • L’assainissement
    • L’eau potable
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    Un taux de mortalité infantile élevé s’accompagne souvent d’un fort taux de fécondité, ce qui débouche sur une pyramide des âges très jeune.

    © UNFPA/Matthias Mugisha
  • Transition Précoce

    Mortalité Réduite Fécondité Élevée
    Investissements Clés Pour
    autonomiser les filles, leur donner le choix à travers
    • L’éducation secondaire
    • L’éducation complète à la sexualité
    • L’accès aux informations, services et matériels de santé sexuelle et reproductive, y compris les contraceptifs
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    Lorsque le risque de mortalité infantile est moindre, les parents choisissent d’avoir moins d’enfants, et la pyramide des âges évolue.

    © UN Viet Nam/Aidan Dockery
  • Transition Tardive

    Mortalité Réduite Fécondité Élevée
    Investissements Clés Pour
    stimuler la croissance économique et l’emploi des jeunes à travers
    • La gestion macroéconomique
    • Le libre échange
    • Une bonne gouvernance
    • Des marchés du travail et financiers efficaces
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    Le nombre de personnes en âge de travailler augmente, tandis que la part de jeunes à charge diminue.

    © UNFPA Zimbabwe-Stewart Muchapera
  • Le Dividende Démographique Est Réalisé

    • Quand les jeunes sont en bonne santé, instruits et en mesure d’exploiter les possibilités à leur portée.
    • Quand davantage de ressources sont disponibles pour l’investissement productif.
    • Quand le revenu par habitant et le niveau de vie augmentent.
    • Quand la pauvreté diminue.
    © UNFPA/Abraham Gelaw
 

Le potentiel des filles de 10 ans
Investir dans la santé d’une fille de dix ans, ainsi que dans celle des femmes et des jeunes filles de tous âges, est essentiel à la croissance économique. En effet, une fille en bonne santé devient en grandissant une femme également en bonne santé et une travailleuse productive.

Il a été clairement démontré que les politiques en faveur de l’amélioration de la santé, de l’éducation et de la participation des femmes au monde du travail, outre le fait qu’il s’agisse d’initiatives louables, peuvent contribuer à créer des familles et des nations en meilleure santé, plus instruites et plus prospères.

Mais de quelle manière les filles âgées de dix ans aujourd’hui peuvent-elles s’inscrire dans cette équation ?

Le premier défi consiste à s’assurer que les filles de dix ans sont scolarisées et qu’elles le restent jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire.

Voici quelques-uns des moyens permettant d’augmenter le pourcentage de filles achevant leur scolarité :

• Transferts conditionnels de fonds
• Bourses au mérite
• Formations professionnelles
• Exemples de femmes ayant réussi sur le plan professionnel
• Transports
• Encouragements

L’éducation complète à la sexualité constitue un autre facteur essentiel, particulièrement pour une fille de dix ans, qui s’apprête à entrer dans l’adolescence et à vivre sa puberté.

En 2014, l’Inde a adopté une stratégie nationale en faveur de la santé des adolescents qui permet d’élargir l’accès de ces derniers à l’information et aux services de santé. Dès l’âge de dix ans, il est alors possible de bénéficier de services d’entraide, de santé mentale et reproductive, et les victimes de violence sexiste peuvent également recevoir des soins médicaux.

La sixième semaine de chaque année, la Norvège mène à destination de plus de 100 000 élèves du primaire et du secondaire une campagne d’éducation complète à la sexualité adaptée à leur âge.

 

Illustration concrète du dividende démographique

Comment se traduiront concrètement ces investissements en faveur des filles de dix ans ? Qu’ont à gagner ou à perdre ces fillettes et ces pays ?

Imaginons une fillette qui se trouve à un tournant majeur, tout comme son pays, de sa vie et de son développement, et envisage les différentes perspectives qui s’offrent à elle pour les 15 années à venir.

Gayatri est une fille de dix ans qui vit avec ses parents, ses grands-parents, ses deux frères et sa sœur dans un village en Inde. Ses parents ont été à l’école primaire et sont maintenant ouvriers agricoles. Après avoir payé pour la nourriture, le logement, les vêtements et les soins médicaux, le revenu disponible du foyer est faible. En fonction du soutien dont elle peut bénéficier, Gayatri fait face à deux avenirs très différents.

Une fille,
Deux avenirs

Son avenir dépend des investissements que nous réalisons aujourd’hui.

Perspective n° 1

 
  • ANS10
    Grâce à un programme de transferts conditionnels de fonds, les parents de Gayatri bénéficient d’une incitation financière, un moyen de garantir que leur fille se rend à l’école de manière régulière. La famille peut utiliser la somme restante pour acheter de la nourriture et des fournitures scolaires à leurs enfants. Gayatri apprend également qu’une bourse d’études sur concours pour l’entrée dans le secondaire sera proposée aux filles de son village. Elle décide alors de travailler dur en vue des examens, et bénéficie du soutien de ses parents et de ses enseignants. Gayatri commence également à suivre un programme communautaire destiné aux filles, où elle acquiert des connaissances sur la santé reproductive, notamment sur la puberté, la grossesse, l’utilisation de méthodes contraceptives et les infections sexuellement transmissibles. Elle est ainsi encouragée à prendre des décisions dans ce domaine et bénéficie d’une formation sur les compétences nécessaires à la vie courante.
    Les parents de Gayatri sont conscients que, bien que l’enseignement secondaire soit gratuit, les dépenses relatives aux livres, aux uniformes et autres seront plus élevées que pour l’école primaire. Ainsi, bien que souhaitant que tous leurs enfants puissent suivre des études secondaires, ils se rendent compte que cela ne sera probablement pas possible. Considérant que les frères de Gayatri auront de meilleures perspectives d’emploi qu’elle et ses sœurs, ils donnent la priorité à l’éducation de leurs fils plutôt qu’à celle de leurs filles.
  • ANS11
  • ANS12
    Gayatri obtient une bourse d’études et se prépare à intégrer l’établissement secondaire local.
    Gayatri quitte l’école à la fin de l’enseignement primaire. Elle a moins de chances d’accéder à des espaces sécurisés en dehors de son foyer ou d’échanger avec ses pairs que les enfants qui poursuivent leurs études.
  • ANS13
  • ANS14
  • ANS15
    Gayatri continue de bénéficier du soutien de ses pairs et gagne en autonomie.
    Après avoir quitté l’école, Gayatri est mariée à un garçon de 20 ans originaire d’un village voisin, dans le cadre d’un mariage arrangé par sa famille et celle du jeune homme. Les parents de Gayatri tiennent particulièrement à cette alliance, car la famille du marié ne réclame pas de dot, ce qui soulage considérablement la famille de Gayatri d’un point de vue financier.
  • ANS16
     
    Sous la pression de sa belle-famille qui lui demande d’avoir des enfants rapidement après le mariage, Gayatri donne naissance à son premier enfant. Elle connaît une grossesse difficile qui a de sérieuses conséquences sur sa santé.
  • ANS17
  • ANS18
    Gayatri termine ses études secondaires et trouve du travail comme opératrice de saisie dans une petite entreprise, située dans une ville voisine. Sur les conseils d’un collègue, elle ouvre un compte bancaire et commence à y déposer régulièrement de l’argent.
     
  • ANS19
     
    Gayatri donne naissance à son second enfant.
  • ANS20
  • ANS21
    Avec l’approbation de sa famille, Gayatri choisit de se marier à un jeune homme de 23 ans originaire d’un village voisin. En partie grâce aux revenus qu’elle apporte dans cette union, elle ne craint pas d’exprimer sa volonté et de prendre des décisions concernant son foyer. Grâce à l’enseignement qu’elle a reçu en matière de santé reproductive et sexuelle lorsqu’elle était adolescente, elle est en mesure de discuter avec son mari de la possibilité d’avoir des enfants plus tard et s’exprime avec assurance. Elle tient ainsi tête à sa famille qui la presse d’avoir son premier enfant directement après le mariage. Elle a recours à un moyen de contraception pour retarder sa première grossesse jusqu’à ce que son mari et elle se connaissent davantage et que leur situation financière soit plus stable.
    Gayatri travaille de manière intermittente en tant qu’ouvrière non qualifiée pour soutenir sa famille, mais cette activité n’est pas régulière, car limitée par ses impératifs de femme au foyer.
  • ANS22
  • ANS23
    Gayatri donne naissance à son premier enfant ; elle prend des congés pour s’occuper de lui, mais envisage de reprendre le travail par la suite. Son mari et elle souhaiteraient un deuxième enfant, mais décident d’attendre au moins deux ou trois ans.
    Enceinte de son troisième enfant, Gayatri souhaite aborder les questions de contraception avec son mari, mais celui-ci ne veut rien entendre. Craignant qu’il ne devienne violent, elle décide de ne plus aborder le sujet.
  • ANS24
  • ANS25
    Bien que sa fille soit encore très jeune, Gayatri, qui a repris le travail, espère lui offrir une scolarité au moins équivalente à celle qu’elle a reçue..
    Gayatri est à présent mère de trois enfants, et le foyer dispose de revenus limités, tout comme celui de ses parents lorsqu’elle était enfant. Son aînée, une petite fille de neuf ans, va à l’école primaire. Gayatri espère lui offrir une scolarité plus longue que la sienne, mais s’inquiète, car cela sera probablement impossible, non seulement pour des raisons financières, mais également parce que son foyer compte de plus en plus sur sa fille pour aider aux tâches ménagères et avec les plus jeunes enfants.
  2016 2030

Perspective n° 2

 

En Inde, comme dans tous les pays à revenu faible et intermédiaire du monde, il existe des millions de filles de dix ans comme Gayatri. Et si chaque fille de chaque pays présente une situation, un potentiel et des problèmes uniques, il est possible de prévoir ce que chacun risque de gagner ou de perdre.

Grâce aux revenus supplémentaires dont elle bénéficiera si elle suit la voie n° 1, Gayatri pourra économiser de l’argent et constituer une épargne en cas d’urgence, aider ses parents et ses grands-parents ou investir dans son éducation ou dans celle de ses enfants, ce qui est d’autant plus facile qu’elle a moins d’enfants que dans le scénario n° 2. Par ailleurs, selon la perspective n° 1, les enfants de Gayatri sont plus susceptibles d’être en bonne santé et instruits que si Gayatri n’avait pas bénéficié de ces investissements initiaux dans son capital humain, créant ainsi un cercle vertueux et permettant à sa famille d’échapper à la pauvreté.

Qu’apporte le parcours de Gayatri, et la possibilité d’obtenir des revenus plus élevés, à l’échelle nationale ?

 

Les filles âgées de dix ans aujourd’hui ont le pouvoir de façonner le futur et d’améliorer la santé et la prospérité de leur pays. Or, ce pouvoir peut être décuplé au moyen d’investissements dans l’éducation, l’autonomisation et le bien-être de ces jeunes filles.

C’est pourquoi les gouvernements des pays en développement, ainsi que les organisations non gouvernementales et multilatérales, doivent investir en priorité et d’urgence dans le quotidien des filles. Ils doivent également s’engager à accroître la présence, la visibilité et le pouvoir des femmes et des filles dans les sphères publiques que sont l’école et le milieu professionnel, et à démanteler les systèmes patriarcaux qui les confinent dans leur foyer.

À l’instar de Gayatri, toutes les jeunes filles du monde disposent du potentiel nécessaire pour libérer le pouvoir de toute une génération.

Photo: © UNFPA/Augusto Semente

 

Mon potentiel

M’épanouir

Le point tournant des dix ans symbolise non seulement un moment décisif dans la vie d’une fille, mais aussi pour toute une nation. Une grande part de ce que ces adolescents accompliront et obtiendront, ainsi que leur capacité à prendre leur vie en main, se détermine à cet âge-là. C’est pourquoi il est impératif que des politiques et des programmes soient mis en place afin de soutenir les enfants de dix ans s’apprêtant à entrer dans l’âge adulte.

L’accès à une éducation de qualité et à des informations et des services sur la santé sexuelle et reproductive adaptés à leur âge, l’abolition du mariage d’enfants, la mise en œuvre de programmes visant à prévenir et combattre la violence sexiste, ainsi qu’une alimentation appropriée permettront d’améliorer les perspectives d’avenir de ces enfants de dix ans.

Investir aujourd’hui dans des programmes et des institutions qui soutiennent les filles de dix ans est une mesure pertinente qui permettra non seulement d’offrir aux filles davantage de possibilités de s’épanouir pleinement, mais aussi d’éliminer les problèmes insidieux contre lesquels il est nécessaire de lutter aujourd’hui, tels que la pauvreté, l’exclusion et les maladies chroniques, lorsque ces filles atteindront l’âge adulte.

L’éducation des filles a été qualifiée comme le « meilleur investissement au monde », car elle accroît les opportunités économiques offertes aux femmes et aux filles, elle augmente la productivité et la croissance économique d’un pays et élève des enfants en bonne santé et mieux instruits. 

Les recherches ont démontré que les retombées de l’éducation sont nettement plus visibles à partir de l’enseignement secondaire ou supérieur. Elles ont révélé que chaque année supplémentaire de scolarisation accroît ensuite le salaire de 10 % : les donnés indiquent des retours légèrement supérieurs pour les femmes que pour les hommes (11,7 % contre 9,6 %). Plus le niveau d’éducation est élevé, plus les retours sont importants. Les études ont notamment permis d’établir des liens entre l’enseignement secondaire et des salaires plus élevés, une augmentation du revenu national, des familles moins nombreuses et capables de subvenir durablement à leurs besoins, et une réduction des inégalités et de la grande pauvreté.

Il existe également des liens entre un niveau d’éducation élevé et la réduction du VIH : des études récentes ont montré que la charge de morbidité imputable au VIH touchait principalement les personnes les moins instruites. Les données recueillies par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont révélé que plus longtemps les filles resteront à l’école, mieux elles seront à même de prendre des décisions concernant leur corps et d’avoir recours à des moyens de protection comme le préservatif.

En outre, les données ont montré que plus les études d’une adolescente sont longues, plus elle se mariera et fondera une famille tard.

Photo: © UNFPA/Margret Masanga

 

Ce Que Je Veux Faire Quand Je Serai Grande

 

Protéger les filles contre les pratiques néfastes
Chaque jour, près de 47 700 filles à travers le monde sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Dans certaines régions, lorsqu’une fille a ses premières règles, elle peut être mariée rapidement contre sa volonté. Pour pouvoir échapper au mariage précoce, une fille doit pouvoir bénéficier des mesures visant à la protéger avant l’âge de dix ans — avant la puberté, où la vulnérabilité à cette pratique néfaste s’accélère.

L’évaluation de 23 programmes de prévention des mariages d’enfants par le Centre international de recherche sur les femmes montre que les initiatives qui proposaient aux filles des informations, des connaissances et des réseaux de soutien obtenaient des résultats plus probants et plus cohérents. Les programmes ayant eu un impact moindre sur la réduction du mariage d’enfants sont ceux qui ont essayé de résoudre le problème uniquement à grande échelle, par exemple en modifiant les lois.

Les faits indiquent que les programmes qui aident les filles issues de familles modestes à poursuivre leur scolarité et à préserver leur santé permettent de réduire l’incidence du mariage d’enfants. Les résultats montrent qu’au niveau communautaire, les filles ayant bénéficié d’informations relatives à l’éducation ou à la dimension de genre et aux droits avaient moins de risques d’être mariées lorsqu’elles étaient encore enfants. 

Dans le monde entier, les filles sont vulnérables aux violences sexuelles, physiques et psychologiques au sein et en dehors des murs des écoles et dans les espaces publics. Les mesures de prévention de la violence sexiste — qui visent à faire de l’école un lieu sûr pour les filles — doivent inclure des activités de prévention et d’intervention, ainsi que des approches scolaires globales mobilisant élèves, parents, enseignants.

Supprimer les obstacles à l’égalité des sexes
Donner plus d’autonomie sociale et économique aux filles de dix ans bénéficie aux filles elles-mêmes, mais a aussi le potentiel de transformer leur communauté. Toutefois, l’autonomisation demande de supprimer les obstacles à l’égalité, qui sont nombreux et complexes, et de transformer les attitudes négatives.

Les hommes et les garçons peuvent être des alliés précieux et apporter un soutien considérable à l’autonomisation des filles. Leur participation aux programmes promouvant l’égalité des sexes peut par conséquent contribuer à un changement durable.

Les programmes qui tiennent compte du fait que les rôles dévolus aux femmes et aux hommes et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres sont étroitement liés au contexte culturel, religieux, économique, politique et social, ont plus de chances d’avoir des effets positifs que les autres. Ils considèrent que les relations entre les femmes et les hommes ne sont pas statiques et qu’elles peuvent évoluer.

Agir à plus grande échelle
Grâce aux programmes pilotes déployés à petite échelle à travers le monde, des filles de dix ans ont pu accéder à des services et un soutien qui les ont aidées à renforcer leur capital humain, leurs compétences, leur influence et leur autonomie, ce qui leur a permis en retour de retarder leur mariage et leur première grossesse, et de devenir des adultes dans des conditions sûres et saines.

Parallèlement, les actions menées au niveau communautaire, destinées à promouvoir l’égalité des sexes ainsi que les efforts locaux et nationaux visant à prévenir et à combattre la violence sexiste, ont commencé à enregistrer des résultats positifs.

Le défi consiste à présent à élargir et adapter les interventions efficaces afin d’atteindre davantage de filles et de régions, et d’apporter des changements au sein de nouvelles communautés.
 

jouer
L’égalité des sexes expliquée par Julia, dix ans, Bélarus
 

Mon avenir

Où en serai-je
dans quinze ans ?

D’ici 2030, le monde pourrait offrir un environnement totalement différent aux filles de dix ans.

Si les objectifs des Nations Unies pour un développement inclusif, équitable et durable sont réalisés dans 15 ans, chaque fillette de dix ans aura toutes les chances d’être en bonne santé, protégée et scolarisée. Elle ne sera plus mariée ou mutilée contre sa volonté. Ses droits seront respectés par la loi et entièrement soutenus par un large consensus social.

Elle ne sera plus désavantagée par rapport aux garçons du même âge.

 

Photo: © Panos Pictures/Tommy Trenchard

 

10 mesures essentielles ciblant les filles de 10 ans

  • 1

    Lois

    Établir et défendre l’égalité juridique grâce à des pratiques judiciaires cohérentes.

  • 2

    Lois

    Interdire toutes les pratiques néfastes à l’égard des filles et fixer l’âge minimum du mariage à 18 ans.

  • 3

    Service

    Offrir une éducation de grande qualité dans des écoles sûres, qui propose des programmes scolaires, un enseignement et des activités extrascolaires qui respectent pleinement l’égalité des sexes.

  • 4

    Service

    Dans le cadre des efforts visant une couverture santé universelle, mettre en place un bilan de santé mentale et physique pour toutes les filles de dix ans.

  • 5

    Service

    Offrir une éducation complète à la sexualité qui soit universelle dès le début de la puberté.

  • 6

    Politique

    Instaurer un mécanisme visant l’inclusion qui soit systématique et rigoureux, agissant sur tous les facteurs qui rendent les filles vulnérables à l’exclusion.

  • 7

    Investissements

    Évaluer et combler le manque d’investissements en faveur des jeunes adolescentes.

  • 8

    Investissements

    Mobiliser de nouveaux fonds destinés à la santé mentale, à la protection et à la réduction du travail domestique non rémunéré qui limite les opportunités des filles.

  • 9

    Données

    S’appuyer sur la révolution des données du Programme 2030 pour mieux évaluer les progrès réalisés en faveur des filles, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

  • 10

    Normes

    Engager les filles, les garçons et tous les membres de leur entourage à remettre en question et à changer les normes sexospécifiques discriminatoires.

 

En 2030, les filles âgées de dix ans aujourd’hui en auront 25. Dans 15 ans, lorsqu’elles seront de jeunes femmes autonomes, elles pourront changer le monde. Mais ce ne devrait pas être à elles de le faire. C’est au monde de changer pour elles.

Dans le cadre du Programme 2030, presque tous les États du monde se sont engagés à transformer le processus de développement de façon à ce que chacun en bénéficie et que la planète que nous partageons tous, y compris avec les futures générations, ne soit pas détruite.

Nous avons toutes les raisons de mettre les filles de dix ans au cœur de l’ensemble des éléments de ce processus. C’est leur droit. C’est le facteur essentiel d’un développement inclusif qui ne laisse personne de côté. Les retombées économiques et sociales n’en seront que plus positives et bénéficieront à tous.

 

Nous avons dix ans. Et nous sommes 60 millions à compter sur votre soutien pour pouvoir nous épanouir.
C’est notre droit.

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