Programme commun de lutte contre la mutilation génitale féminine et l'excision

L'UNFPA et l'UNICEF dirigent actuellement le plus important programme mondial visant à l'abandon des pratiques de mutilation génitale féminine (MGF). Programme commun de lutte contre la mutilation génitale féminine et l'excision de l'UNICEF et de l'UNFPA Accelerating Change met en commun les compétences des deux agences, à la lumière des découvertes les plus récentes en matière de sciences sociales et en partenariat avec les organisations communautaires locales.

L'objectif principal est de protéger les femmes et les jeunes filles contre la mutilation génitale féminine dans le cadre d'une approche à la fois respectueuse des différences culturelles et axée sur les droits humains. Le programme commun soutient également les services de santé et de protection destinés aux personnes affectées.

Depuis son instauration en 2007, le programme commun est appliqué en pleine cohérence avec une déclaration attestant de la volonté d'éradication des mutilations génitales féminines et de l'excision manifestée par dix agences des Nations Unies en charge de questions relatives à la santé et aux droits des femmes. Cette déclaration commune met en exergue le fait que ces pratiques constituent une violation des droits humains ayant des effets préjudiciables sur la santé des femmes, des jeunes filles et des nouveau-nés. Tout en reconnaissant que ces pratiques sont une convention sociale nécessitant une réponse coordonnée et collective, la déclaration prône une approche durable, communautaire et multisectorielle de renoncement à ces pratiques, l'objectif final étant leur éradication d'ici une génération. 

Résultats de la phase I du Programme commun (2008-2013)

  • Instauration de politiques ou de lois nationales dans 12 des 15 pays visés par le programme.
  • Mise en œuvre de protocoles d'aide aux survivantes de pratiques de MGF dans le cadre des soins prénataux/postnataux dispensés par 5500 établissements de santé
  • Formation de plus de 100 000 professionnels de la santé aux techniques de prévention, de réponse et de soins en rapport avec la MGF
  • Déclarations publiques d'abandon de ces pratiques dans plus de 12 700 communautés
  • Déclarations publiques désavouant les préceptes religieux imposant les pratiques de MGF par plus de 20 000 leaders religieux ou chefs traditionnels

Phase II – 2014-2017

En 2014, le Programme commun de l'UNFPA et de l'UNICEF est entré dans une deuxième phase et a été appliqué à 17 pays : Burkina Faso, Djibouti, Ouganda, Égypte, Éthiopie, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Mali, Mauritanie, Nigeria, Sénégal, Soudan, Somalie et Yémen.  Il soutient également les efforts régionaux (Afrique et pays arabes) et mondiaux d'éradication de la MGF.

L'objectif déclaré de la Phase II est de s'appuyer sur la dynamique d'abandon de ces pratiques créée au cours de la première phase. Plus spécifiquement, le but est de parvenir à une diminution de 40 % de leur prévalence chez les jeunes filles âgées de moins de 14 ans dans au moins cinq pays, avec au moins un pays annonçant officiellement l'éradication des pratiques de MGF avant la fin de l'année 2017.

Tout en continuant à s'appuyer sur l'approche holistique, respectueuse des différences culturelles et axée sur les droits humains de la Phase I, cette deuxième phase se concentre également sur la réactivité des systèmes de santé et de protection de l'enfance en termes de soins prodigués aux femmes et aux jeunes filles concernées par la MGF et l'excision.

Une évaluation rigoureuse

UNFPA-UNICEF Joint Evaluation of the UNFPA-UNICEF Joint Programme on Female Genital Mutilation/Cutting (FGM/C): Accelerating Change - See more at: http://global-staging.unfpa.org/admin-resource/unfpa-unicef-joint-evaluation-unfpa-unicef-joint-programme-female-genital#sthash.EqnCNA8R.dpuf

Une évaluation exhaustive, s'appuyant notamment sur quatre études de cas, a permis de valider l'approche du Programme commun et de recommander son élargissement afin d'exploiter la dynamique créée au cours de la Phase I. Cette évaluation, réalisée par les équipes de l'UNFPA et de l'UNICEF avec le soutien d'une société externe, se compose d'un rapport général et d'une analyse des effets du programme au Burkina Faso, au Kenya, au Sénégal et au Soudan. 

Adoption de la première résolution de lutte contre la MGF par l'Assemblée générale des Nations Unies

Les responsables du Programme commun ont travaillé en étroite collaboration avec les États membres afin de promouvoir une meilleure compréhension de la MGF et de la nécessité d'une approche holistique, respectueuse des différences culturelles et axée sur les droits humains. Ces travaux ont abouti en décembre 2012 à l'adoption à l'unanimité de la Résolution 67/146 « Intensification des efforts mondiaux pour l'élimination des mutilations génitales féminines » par l'Assemblée générale des Nations Unies. Soutenue par environ 150 pays, la résolution souligne que les pratiques de MGF et l'excision constituent une violation des droits humains des femmes et des jeunes filles et préconise une action mondiale en vue de leur éradication, notamment un élargissement du Programme commun.

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