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Si les dirigeants agissent rapidement, les jeunes pourraient régler des problèmes internationaux

18 July 2017
Author: UNFPA
Si les dirigeants agissent rapidement, les jeunes pourraient régler des problèmes internationaux
Edith Nambalirwa touche d’autres jeunes avec son esprit d’entreprise et sa connaissance de la santé sexuelle et reproductive. © UNFPA ESARO/Corrie Butler

MUBENDE, Ouganda/NATIONS UNIES, New York – Aujourd’hui, le monde fait face à des perspectives sombres, depuis une pauvreté persistante jusqu’à des inégalités bien ancrées. L’une des solutions indispensables se profile pourtant à l’horizon, si les pays et leurs dirigeants agissent dès maintenant. 

En Afrique et en Asie du Sud-Est, dans de nombreux pays pauvres et en développement, le profil démographique de la population change. De nombreux jeunes atteignent l’âge de travailler et il y a de moins en moins de personnes à charge. Ces conditions peuvent potentiellement générer un dividende démographique, une croissance économique qui peut survenir quand la proportion de travailleurs augmente, permettant ainsi aux familles d’épargner et d’investir plus d’argent. A grande échelle, ces changements peuvent amener des communautés entières à sortir de la pauvreté.

Cependant, l’apparition de ce dividende ne peut se faire sans investissement préalable des gouvernements dans la santé, l’éducation, l’emploi et les droits des jeunes.

Dans un établissement d’enseignement professionnel, des jeunes reçoivent une éducation sexuelle complète grâce au Youth Enterprise Model. © UNFPA ESARO/Corrie Butler

« En exploitant les extraordinaires capacités transformatives des jeunes, des nations entières peuvent améliorer leurs perspectives », a expliqué Peter Thomson, président de l’assemblée générale des Nations Unies, à la réunion de haut niveau du 17 juillet sur la question au quartier général de l’ONU, à New York. « Nous devons investir une davantage de ressources dans la formation des jeunes, pour qu’ils innovent, entreprennent et soient vecteurs de changement ».

Les jeunes représentants présents à l’événement ont fait écho à l’appel de M. Thomson.

« Laissez-nous apporter notre contribution en tant que jeunes, avec nos compétences, notre formation, nos idées et notre engagement actif », a déclaré Jayathma Wickramanayake, l’Envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour la Jeunesse.

La solution : donner du pouvoir aux jeunes

Les efforts pour rendre les jeunes autonomes, les former et favoriser leur emploi peuvent induire une réaction en chaîne dans le reste de la société. 

Edith Nambalirwa, 20 ans, qui habite à Mubende en Ouganda, en est un exemple saisissant. Sa communauté connaît beaucoup de problèmes, car elle est soumise à une pauvreté sévère, un taux de VIH élevé, de fréquentes grossesses chez les adolescentes, et de nombreux abandons de scolarité.

Mme Nambalirwa a eu son lot de difficultés, elle aussi. « J’ai perdu mon père quand j’étais enfant, et j’ai eu tellement de défis à relever », a-t-elle expliqué à l’UNFPA. Aujourd’hui, pourtant, elle tient un salon de coiffure qui marche très bien, et sert de modèle à d’autres jeunes.

Tout cela résulte de sa participation, il y a trois ans, au Youth Enterprise Model (YEM) de l’UNFPA, un programme qui forme les jeunes à prendre soin de leur santé et à monter une petite entreprise. 

L’information sur la santé sexuelle et reproductive permet aux jeunes d’éviter les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles, ce qui les aide à se concentrer sur leurs objectifs. Des pairs-éducateurs du YEM font de la sensibilisation communautaire dans un village rural de la province de Mubende. © UNFPA ESARO/Corrie Butler

Grâce à des enseignements professionnels et des séances de sensibilisation communautaire, le YEM donne aux jeunes des connaissances financières et des informations sur la santé sexuelle et reproductive, et notamment sur la façon d’éviter une grossesse non désirée ou les infections sexuellement transmissibles comme le VIH. L’information est aussi transmise par la radio et via un numéro vert joignable par SMS.

Mme Nambalirwa explique que ces connaissances lui ont permis de se concentrer sur le développement de son entreprise. Elle a récemment installé son salon dans un nouveau local pour pouvoir accueillir ses clients, de plus en plus nombreux.

Elle est également devenue paire-éducatrice, pour partager ce qu’elle a appris avec les jeunes qui fréquentent son salon, et a même convaincu l’un de ses clients, porteur du VIH, de continuer à prendre son traitement antirétroviral.

« C’est facile avec les jeunes filles, car je suis jeune moi aussi. Elles peuvent me parler de leurs problèmes », explique-t-elle encore.

« Je veux être un exemple pour les jeunes. Je veux aider mon pays, ajoute-t-elle. Si je ne peux pas le faire par l’argent, qu’on me laisse le faire par le savoir ». 

Un besoin d'engagement et d'inclusion

Les efforts individuels ne sont cependant pas suffisants. Si les pays veulent pouvoir profiter des compétences et de l’ingénuité de leur jeunesse, il faut un engagement des gouvernements, ont souligné les ministres, défenseurs et responsables des Nations Unies lors de l’événement du 17 juillet dernier.

Les différents pays doivent améliorer l’éducation et la couverture santé, fournir de l’emploi, mais aussi s’attaquer aux inégalités de genre pour faire en sorte que tous les jeunes aient les moyens de sortir de la pauvreté. 

Jayathma Wickramanayake, l’Envoyée du Secrétaire général des Nations-Unies pour la Jeunesse, a exhorté les dirigeants à faire des jeunes des partenaires de développement. © UNFPA/Eddie Wright 

« Nous voulons que notre gouvernement s’engage à la fois au niveau national et international sur les problèmes rencontrés par les jeunes et notamment par les filles », a déclaré Nur Hidayati Handayani de la Youth Coalition for Sexual and Reproductive Rights (Coalition de la jeunesse pour les droits sexuels et reproductifs).

Les jeunes eux-mêmes doivent avoir un droit de regard sur les décisions qui les affectent.

« Laissons les jeunes être des partenaires actifs et non des personnes à charge passives », a dit Mme Wickramanayake.

Traduit de l'anglais par Marie Marchandeau

la République de l'Ouganda
Population : 42.9 mil
Taux de fertilité
5.5
Ratio de mortalité maternelle
343
Taux de prévalence contraceptive
37
Population âgée de 10 à 24 ans
34%
Inscription des jeunes en enseignement secondaire
Garçons 24%
Filles 22%