UNFPA - 2008 Rapport Annuel

← Back to homepage

Santé reproductive et maternité sans danger

Promouvoir la santé des mères et de leurs enfants en réduisant le nombre de décès maternels et de lésions liées à la maternité, en prévenant le VIH et en fournissant des produits et services de santé reproductive propres à sauver la vie

Janice Banaag, 18 ans, est une toute jeune mère. Elle réside à Tondo, zone de taudis à population dense et aussi zone industrielle située à Manille (Philippines).  Elle-même, son mari Joell et son bébé Janelle vivent dans une petite pièce sans fenêtre. Ils survivent avec l'argent que gagne Joell grâce à son cyclo-pousse. Tandis que la plupart des accouchements ont lieu à Tondo au domicile et sans la présence d'une assistante qualifiée, Janelle est née dans un dispensaire pour mères et enfants géré par la Zone One Tondo Organization, que soutient l'UNFPA. Le dispensaire offre aussi des examens prénatals et postnatals et des services de planification familiale. Après la naissance de Janelle, Janice est retournée au dispensaire pour obtenir un dispositif intra-utérin. Elle veut un autre enfant plus tard, mais préfère attendre d'avoir davantage d'économies.

La santé reproductive est essentielle au bien-être général des femmes, des enfants et des familles. La santé reproductive englobe la protection et la promotion des droits des individus et des couples en matière de reproduction par l'accès à des services de santé et à une information complets pour répondre à leurs besoins en matière de sexualité et de reproduction, ce qui intéresse la santé aussi bien mentale que physique.

La mauvaise santé reproductive représente un sixième du fardeau mondial de morbidité et de mortalité prématurée, un tiers parmi les femmes d'âge procréateur. Les grossesses non recherchées, les décès maternels et lésions dues à l'accouchement, les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH, continuent d'affliger la population – et surtout les pauvres – dans le monde entier.

L'un des principaux objectifs du Plan stratégique de l'UNFPA pour la période 2008-2011 est d'améliorer la qualité de vie en assurant l'accès de tous à la santé reproductive d'ici à 2015 et l'accès de tous à une prévention complète du VIH d'ici à 2010.

Améliorer la santé reproductive, en particulier réduire la mortalité et la morbidité maternelles, exige des systèmes de soins de santé fiables et en bon état de fonctionnement, ainsi qu'une planification et une politique adéquates des ressources humaines. En 2008, l'UNFPA a mis au point un cadre des droits en matière de reproduction et de santé sexuelle et reproductive afin de fournir des directives d'ensemble et une action cohérente qui permettraient de mettre en œuvre ce qui, dans le Plan stratégique de l'UNFPA, concerne la santé reproductive et les droits en matière de reproduction. Le cadre s'appuie sur les objectifs de la Conférence internationale sur la population et le développement de 1994, le Sommet du Millénaire et les objectifs du Millénaire pour le développement adoptés en 2000, le Sommet mondial de 2005 et l'addition en 2007 de l'objectif de l'accès de tous à la santé reproductive à l'objectif du Millénaire pour le développement 5, qui concerne l'amélioration de la santé maternelle. Ces accords internationaux de haut niveau appellent la communauté internationale à faire de plus grands efforts pour améliorer la santé maternelle et infantile et pour faire une réalité de l'accès de tous à la santé reproductive. Les accords inscrivent aussi la réaction de l'UNFPA dans le cadre du climat changeant de l'aide et dans celui de l'attention accrue portée au renforcement des systèmes de santé partout dans le monde.

En 2008, l'UNFPA a continué de soutenir l'accès à un ensemble de services de santé sexuelle et reproductive en l'intégrant dans les politiques nationales, les plans de santé et les systèmes régulateurs.

Parce que la santé mentale a souvent été négligée ou marginalisée dans le domaine de la santé reproductive, l'UNFPA et l'Organisation mondiale de la santé ont publié un rapport intitulé Mental Health Aspects of Women's Reproductive Health: A Global Review of the Literature. Ce rapport, qui vise à informer les professionnels de la santé, les décideurs et autres catégories des liens entre santé mentale et santé reproductive, décrit les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux et étudie les différents moyens possibles d'adopter une approche intégrée de la santé mentale et de la santé reproductive.

Sauver la vie des mères et des nouveau-nés

Plus de 500 000 femmes meurent chaque année durant la grossesse ou l'accouchement, et un bien plus grand nombre souffrent de lésions liées à la grossesse. Un million de nouveau-nés meurent dès leur première journée d'existence. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des décès maternels surviennent dans les pays en développement. La plupart des décès de mères et de nouveau-nés peuvent être prévenus par des interventions stratégiques, rentables et propres à sauver la vie, telles que la planification familiale, les soins obstétricaux d'urgence et la présence d'accoucheuses qualifiées à la naissance. Un mouvement mondial visant à prévenir ces décès est en train de prendre forme.

Une mère et son jeune enfant à Katmandou (Népal)

Afin d'atteindre les objectifs fixés dans son Plan stratégique pour 2008-2011, l'UNFPA s'efforce d'élargir l'accès aux services de santé maternelle et leur utilisation dans le but de réduire la mortalité et la morbidité maternelles, et il promeut un "continuum des soins de santé maternelle" en tant qu'élément de la santé reproductive et du droit à la santé.

L'UNFPA aide déjà les pays à moderniser leurs dispensaires et hôpitaux qui servent les femmes enceintes, à former des sages-femmes et d'autres catégories de personnel médical, à fournir des produits de planification familiale et proposer des programmes qui permettront aux femmes d'espacer en toute sécurité les naissances, enfin à promouvoir la demande locale de services et d'information en matière de santé reproductive. L'UNFPA renforce aussi les capacités des pays à mettre au point et appliquer des stratégies et plans nationaux visant à réduire la santé maternelle et à améliorer la santé reproductive de toutes les femmes.

En septembre 2008, l'UNFPA, en collaboration avec la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), s'est efforcé d'accélérer l'application des mesures prises pour améliorer la santé maternelle et néonatale dans les 60 pays où les taux de mortalité maternelle sont les plus élevés. "Nous aiderons les pays à renforcer leurs systèmes de santé afin d'atteindre les deux cibles de l'objectif du Millénaire pour le développement 5, qui sont de réduire des trois quarts le taux de mortalité maternelle et de réaliser l'accès de tous à la santé reproductive d'ici à 2015", se sont engagées les organisations dans une déclaration commune faite au début d'une rencontre de haut niveau sur les objectifs du Millénaire pour le développement, à New York. "La mortalité maternelle constitue l'inégalité la plus marquée dans le monde sur le plan sanitaire", a ajouté la déclaration. "Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des décès maternels surviennent dans les pays en développement – dont la moitié en Afrique."

Points saillants

À sa réunion annuelle, le Groupe des Huit nations industrialisées a renouvelé son approbation des objectifs du Millénaire pour le développement, en s'engageant particulièrement à améliorer la santé maternelle et reproductive. Le Groupe des Huit a publié une déclaration commune par laquelle il s'engage à rendre la santé reproductive "largement accessible" à l'aide de mesures telles que l'amélioration de l'accès aux soins de santé et la prévention de la transmission du VIH de mère à enfant.

La Conférence tenue au Cap (Afrique du Sud) sur le Compte à rebours 2015 pour la survie des mères, des nouveau-nés et des jeunes enfants s'est terminée par un engagement d'experts de la santé, de décideurs et de parlementaires à augmenter les investissements faits pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Un rapport publié lors de cette conférence, Tracking Progress in Maternal, Newborn and Child Survival, a révélé qu'un petit nombre seulement des 68 pays en développement qui représentent 97 % de la mortalité maternelle et infantile au niveau mondial font des progrès assez rapides pour prévenir les décès de mères, de nourrissons et de jeunes enfants. Le rapport, appuyé par l'UNFPA, a lancé un vigoureux appel aux gouvernements et à d'autres entités en les informant des dernières tendances en matière d'interventions salvatrices conduites pour réduire la mortalité maternelle et infantile.

L'UNFPA et la Confédération internationale des sages-femmes ont lancé un programme conçu pour accroître le nombre de naissances assistées par des sages-femmes dans les pays en développement. Cette initiative mettra l'accent sur la création d'un effectif permanent de sages-femmes et sur le renforcement de l'éducation et des normes à suivre par les sages-femmes, cela dans le cadre d'efforts plus vastes pour renforcer les systèmes de santé dans 11 pays.

L'UNFPA a lancé son Fonds thématique pour la santé maternelle afin de lever près de 500 millions de dollars qui serviront à réduire la mortalité et la morbidité maternelles dans 68 pays. En 2007 et 2008, ce fonds a levé 25 millions de dollars en promesses de contributions et contributions effectives, dont 5 millions de dollars pour le programme de formation à la profession de sage-femme. Le Fonds a commencé à fonctionner dans 11 pays avec un examen rapide des plans de chacun de ces pays pour améliorer la santé maternelle et néonatale, l'identification des lacunes et difficultés, et des consultations avec les parties nationales intéressées pour déterminer une ligne d'action.

Afin de renforcer les systèmes nationaux de santé, l'UNFPA, l'UNICEF et le programme Averting Maternal Death and Disability de l'Université Columbia ont convenu de créer en commun un réseau d'institutions et d'experts pour mettre en place une capacité nationale et régionale de soins obstétricaux d'urgence et de soins aux nouveau-nés.

Planification familiale

La planification familiale est une composante essentielle si l'on veut atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement 5, qui porte sur l'amélioration de la santé maternelle. L'accès à la planification familiale de base peut réduire les décès maternels de non moins d'un tiers et les décès de jeunes enfants de non moins d'un cinquième. Malgré le besoin critique de planification familiale, le financement de l'achat des fournitures n'a pas progressé depuis 2001, selon un rapport de l'UNFPA publié en 2008: Donor Support for Contraception and Condoms for STI/HIV Prevention 2007. En outre, la planification familiale est généralement laissée en dehors de la planification, de la budgétisation et de l'application des programmes de santé maternelle.

Dans sa déclaration faite à l'occasion de la Journée mondiale de la population 2008, le Secrétaire général Ban Ki-moon a exhorté le monde à "mettre l'accent sur l'importance critique de la planification familiale si nous voulons atteindre avec succès les objectifs du Millénaire pour le développement".

En 2008, l'UNFPA a poursuivi ses efforts pour assurer l'accès universel à la santé reproductive et le droit de chacun à décider du nombre de ses enfants et du moment de leur naissance. L'UNFPA a des programmes de planification familiale dans 140 pays et travaille avec les gouvernements, la société civile et ses partenaires des Nations Unies pour prévoir les besoins, fournir et coordonner la distribution de contraceptifs et de fournitures de santé maternelle et édifier les capacités logistiques de chaque pays.

Points saillants

L'UNFPA a fourni des articles et services de planification familiale dans les situations d'urgence, où l'accès à ces services est souvent compromis. L'UNFPA a soutenu les réfugiés et les personnes déplacées en fournissant près de 7 millions de préservatifs masculins et 440 000 préservatifs féminins à 26 pays en situation de conflit ou d'après conflit, par l'entremise du Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés.

Au Nicaragua, les fonds du Gouvernement ont couvert 1 % des contraceptifs utilisés en 2006, environ 10 % en 2007 et environ 36 % en 2008.

Reducing Unmet Need for Family Planning: Evidence-Based Strategies and Approaches a offert des suggestions succinctes et claires que les gérants de programme, les décideurs et d'autres catégories professionnelles peuvent utiliser pour répondre aux besoins non satisfaits de planification familiale. La publication commune UNFPA-PATH s'inspire des recherches scientifiques et des données les plus récentes sur la programmation de la santé reproductive.

Produits de santé reproductive

Les produits tels que contraceptifs et médicaments pour soins obstétricaux d'urgence préviennent les grossesses non recherchées, facilitent la santé reproductive et évitent la propagation du VIH. Selon le Plan stratégique de l'UNFPA  pour 2008-2011, le manque d'accès aux produits de prix abordable a été l'un des principaux obstacles s'opposant à l'accès de tous à la santé reproductive et à la prévention du VIH. L'UNFPA est l'institution du système des Nations Unies qui collabore avec les secteurs public et privé pour veiller à ce que les quantités voulues de produits atteignent les personnes voulues à des prix abordables. L'UNFPA préside aussi deux des trois groupes de travail de la Reproductive Health Supply Coalition (Coalition pour la fourniture de produits de santé reproductive), partenariat mondial entre plus de 70 organisations multilatérales et bilatérales, fondations privées, gouvernements nationaux, groupes de la société civile et sociétés privées, afin de veiller à ce que tous les habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire puissent avoir accès aux fournitures. En 2008, 80 pays avaient des postes budgétaires pour les contraceptifs et autres fournitures de santé reproductive.

En 2008, l'UNFPA a continué de veiller à renforcer les systèmes et plans nationaux en matière de produits. Afin de répondre aux besoins urgents de produits de santé reproductive et d'éviter les épuisements de stocks en 2008, l'UNFPA a fourni à une soixantaine de pays une assistance technique aux systèmes de logistique et d'information, ainsi que des articles de santé reproductive d'une valeur d'environ 20 millions de dollars. Ces produits ont compris environ 196 millions de préservatifs masculins et 2,9 millions de préservatifs féminins, ainsi que d'autres contraceptifs et médicaments destinés à protéger la santé maternelle.

Points saillants

La poursuite du financement par le Programme mondial pour améliorer la sécurité d'approvisionnement des produits de santé reproductive (Global Programme to Enhance Reproductive Health Community Security - RHCS) a permis à l'UNFPA d'élargir son aide aux gouvernements pour inscrire cette sécurité d'approvisionnement dans leurs politiques, programmes, budgets et plans nationaux de santé dans quatre pays de plus: Haïti, Madagascar, Niger et République démocratique populaire lao. Le programme fait fonction de catalyseur pour l'action nationale et pour la place prioritaire donnée à cette sécurité d'approvisionnement dans les politiques, programmes, budgets et plans nationaux de santé.

En Èthiopie, les fonds du Programme mondial couvrent la RHCS afin de compléter l'initiative quinquennale du Ministère de la santé, d'un montant de 110 millions de dollars, qui est destinée à mettre en place un nouveau système d'approvisionnement des produits de santé au niveau national. Au Nicaragua, les fonds du Programme mondial servent à intégrer la santé reproductive et la sécurité d'approvisionnement des produits de santé dans la Stratégie nationale de santé sexuelle et reproductive du Ministère de la santé.

Les fonds du Programme mondial aident aussi à renforcer la capacité des institutions régionales qui sont en mesure de fournir un appui technique à la santé reproductive et à la sécurité d'approvisionnement des produits y afférents au niveau national.

L'UNFPA a utilisé son "tableau de bord de la RHCS" pour suivre de près les progrès mondiaux vers la sécurité d'approvisionnement des produits de santé en matière de reproduction, en donnant aux pays des notes qui mesurent leurs progrès d'ensemble dans six catégories clefs. Le logiciel de gestion des produits par pays, utilisé par le Fonds dans 89 pays, aide à gérer et communiquer les données sur le volume des fournitures disponibles dans les entrepôts.

L'UNFPA a travaillé avec les parlementaires, les communautés régionales et d'autres parties intéressées clefs afin d'accroître l'appui à la sécurité d'approvisionnement des produits de santé en matière de reproduction. L'UNFPA et la Communauté de l'Afrique orientale ont organisé une réunion du Forum interparlementaire de l'Afrique orientale sur la santé, la population et le développement, au cours de laquelle cinq pays ont mis au point des plans d'action détaillés.

Au niveau mondial, le Fonds d'affectation spéciale thématique pour la sécurité d'approvisionnement en produits de santé reproductive a aidé l'UNFPA à collaborer avec les gouvernements et les partenaires de développement afin de promouvoir cette sécurité d'approvisionnement. En 2008, des activités de plaidoyer ciblées ont été menées aux niveaux régional et national, ce qui a conduit à une augmentation du montant des entrées budgétaires concernant les produits de santé en matière de reproduction. Au Burkina Faso, par exemple, la contribution du budget national à l'achat de contraceptifs est passée à 32 % du montant total de cet achat en 2007 et à 89 % en 2008.

Conduire la lutte contre la fistule

La Campagne mondiale pour éliminer les fistules, créée par l'UNFPA et d'autres partenaires, a pour ambition d'éliminer les fistules obstétricales d'ici à 2015. La fistule obstétricale est une lésion liée à l'accouchement qu'il est possible de prévenir et de traiter; elle laisse les femmes incontinentes et, souvent, socialement isolées. En 2008, la Campagne pour éliminer les fistules a atteint un important tournant en annonçant qu'elle avait quadruplé son rayon d'action. La Campagne couvre maintenant plus de 45 pays en Afrique, en Asie et dans la région des Ètats arabes, contre 12 pays quand elle a été lancée en 2003. Depuis 2003, la Campagne a aidé plus de 12 000 femmes à recevoir un traitement de la fistule, et plus de 20 pays ont intégré la lutte contre la fistule à leurs stratégies, politiques et plans nationaux. Ces efforts renforcent les mesures prises pour atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement 5, qui est d'améliorer la santé maternelle.

En 2008, grâce à la Campagne, environ 4 000 femmes ont été traitées pour la fistule avec l'appui de l'UNFPA; plus de 2 000 professionnels de la santé ont reçu une formation pour assurer des services de prévention et de traitement de la fistule, ainsi que de réinsertion sociale; et la capacité de gérer et traiter la fistule a été renforcée dans 104 centres de santé répartis entre 20 pays.

Les accomplissements de la Campagne ont été reconnus en 2008 avec la remise d'un prix par le Programme des Nations Unies pour le développement. Il était fait mention dans le texte accompagnant la remise du prix des efforts novateurs et remarquables de la Campagne pour faciliter la collaboration et le partage de connaissances et d'expériences entre les pays en développement.

Points saillants

Journée de la sensibilisation au sida à Tegucigalpa (Honduras). La manifestation était subventionnée par l'UNFPA.

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a publié le premier rapport qu'un secrétaire général ait jamais établi sur la fistule. Faisant suite à une résolution de l'Assemblée générale, le rapport, auquel l'UNFPA a contribué, décrivait les efforts déployés pour éliminer les fistules dans le monde entier. Le rapport se terminait par des recommandations tendant à intensifier les efforts faits pour rejeter la fistule dans le passé, notamment avec le renforcement des systèmes de santé et l'augmentation du financement.

Avec le soutien de l'UNFPA, des survivantes de la fistule ont pris la parole pour promouvoir la santé maternelle. Treize pays sont désormais engagés dans les efforts menés pour venir en aide aux survivantes de la fistule en tant qu'avocates de la santé maternelle dans leurs communautés et au niveau national. L'UNFPA et la Fondation pour les Nations Unies ont pris en charge l'intervention de deux survivantes de la fistule lors de rencontres qui ont eu lieu au Capitole de Washington, D. C. Ces avocates ont exposé des recommandations tendant à améliorer la santé maternelle et ont vivement exhorté les membres du Congrès à soutenir un projet de résolution qui vise à réduire la mortalité maternelle aux Ètats-Unis et dans le monde entier. Le lendemain de ces visites, la Chambre des Représentants des Ètats-Unis a adopté la résolution.

La Campagne a mis l'accent sur la lutte contre la fistule dans les situations de conflit et d'après conflit au moyen de programmes élargis en Afghanistan, au Libéria, en République démocratique du Congo, en Somalie et au Soudan.

L'UNFPA et le Ministère ivoirien de la santé et de l'hygiène publique ont organisé une conférence sous-régionale sur la fistule obstétricale qui a débouché sur la création du Réseau africain pour l'élimination des fistules.

L'UNFPA et d'autres organisations ont collaboré avec Engel Entertainment pour produire un film sur les survivantes de la fistule qui a obtenu un prix. A Walk to Beautiful suit le voyage de plusieurs femmes éthiopiennes qui cherchent un traitement de la fistule.

Promouvoir les droits des adolescents et des jeunes

Environ 1,5 milliard de personnes sont âgées de 10 à 25 ans. Ètant donné la contribution potentielle des jeunes en tant que futurs chefs de familles, de communautés et de nations, l'UNFPA donne priorité aux jeunes, surtout aux adolescents, dans l'ensemble de sa programmation et de ses activités. Le Framework for Action on Adolescents and Youth (Cadre d'action sur les adolescents et les jeunes) de l'UNFPA oriente ses efforts afin de promouvoir et de protéger les droits des jeunes en plaidant pour leurs problèmes propres dans le cadre des stratégies nationales de développement et des programmes de santé sexuelle et reproductive et de prévention du VIH. L'UNFPA prête une vive attention aux besoins des adolescentes et, en particulier, de celles qui sont marginalisées et ne sont pas nécessairement servies par d'autres programmes de développement. Il est essentiel d'investir dans les jeunes, surtout les adolescentes, concernant la santé sexuelle et reproductive, la prévention du VIH et la participation sociale afin d'en finir avec la transmission de la pauvreté de génération à génération.

Points saillants

Une génération de changement: les jeunes et la culture, "supplément jeunesse" de l'Ètat de la population mondiale 2008, a mis en lumière le talent spécial qu'ont les jeunes de protéger la culture dans laquelle ils ont grandi. Il a aussi affirmé que les jeunes peuvent aider à transformer leur culture et préparer leur société à relever de nouveaux défis.

L'UNFPA a soutenu les activités qui ont conduit sept pays à ratifier la Convention ibéro-américaine sur les droits des jeunes, le seul instrument juridiquement contraignant dans le monde qui reconnaisse les droits des jeunes en tant que citoyens.

L'UNFPA, en sa qualité de coprésident de l'Èquipe de travail interorganisations des Nations Unies sur les adolescentes, a promu les droits des adolescentes et plaidé pour des investissements stratégiques en faveur des filles dans les politiques et programmes nationaux. L'Èquipe de travail a mis au point le premier cadre de programmation conjoint des Nations Unies qui ait jamais ciblé les adolescentes marginalisées.

L'UNFPA a organisé un voyage d'étude portant sur le programme de l'Èthiopie qui aborde la question du mariage des enfants. Des représentants de la Fondation Nike, de la Fondation pour les Nations Unies, du Gouvernement finlandais et de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture y ont participé.

Les bureaux de pays de l'UNFPA au Guatemala, au Libéria et au Malawi dirigent un processus interorganisations qui vise à appeler l'attention sur les besoins des adolescentes marginalisées dans le cadre des politiques et programmes nationaux, l'accent portant sur leur éducation, leur santé, leurs moyens d'existence et leur sécurité.

L'UNFPA a accueilli en décembre son cinquième Groupe consultatif mondial des jeunes. Ce groupe, qui comprend 21 jeunes venus du monde entier, a élaboré 14 recommandations visant à accroître la participation des jeunes à la programmation de l'UNFPA aux niveaux national et régional.

Pour faciliter un dialogue ouvert avec les jeunes et pour les faire participer au développement, l'UNFPA a continué de fournir un appui technique et financier à 25 groupes consultatifs des jeunes au niveau national. En 2008, le Népal est devenu le dernier pays à lancer l'un de ces groupes.

Prévenir le VIH

En 2008, un rapport sur l'épidémie mondiale du sida publié par ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, a apporté davantage de nouvelles positives que les années précédentes. Cependant, il a aussi révélé que, si le nombre de nouvelles infections au VIH était tombé dans plusieurs pays, il continuait de s'élever dans beaucoup d'autres. La recherche menée par ONUSIDA montre qu'il y avait en 2007 33 millions de séropositifs, tandis que 2,7 millions de nouvelles infections au VIH survenaient chaque année.

Le VIH/sida continue de se répandre et son impact continue de s'intensifier parmi les femmes. Cela résulte en partie des facteurs sous-jacents de l'inégalité des sexes, de l'opprobre et de la discrimination qui persistent à l'égard des malades, ainsi que de l'absence d'autonomie qui permettrait de réduire les vulnérabilités à l'infection.

Parce que l'écrasante majorité des infections au VIH est transmise par voie sexuelle ou associée à la grossesse, à l'accouchement et à l'allaitement naturel, l'UNFPA recherche une approche intégrée de la prestation de services de santé sexuelle et reproductive et des interventions contre le VIH/sida. Il est très généralement reconnu que le renforcement de ces liens est essentiel pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. L'UNFPA concentre son action sur la prévention de l'infection au VIH, surtout parmi les femmes et les jeunes. L'UNFPA aide d'autre part les pays à assurer l'accès des séropositifs aux services de santé sexuelle et reproductive.

En tant que cogarant d'ONUSIDA, l'UNFPA dirige des initiatives diverses et innovantes pour freiner la propagation du VIH.

Un examen externe, conduit en 2008, des efforts de l'UNFPA pour soutenir les réactions nationales au VIH/sida a conclu que l'ampleur, l'intensité et la qualité de la contribution de l'UNFPA à la prévention du VIH avait opéré un changement positif au cours des trois dernières années, suscitant du même coup une crédibilité accrue du Fonds auprès des partenaires nationaux et internationaux de l'UNFPA et de ses partenaires au sein de la famille des Nations Unies.

L'UNFPA a continué à travailler en 2008 avec ses partenaires afin d'appuyer l'extension des programmes de prévention du VIH. En 2008, le soutien de l'UNFPA au renforcement institutionnel et à la mise en place de capacités techniques dans les équipes de pays des Nations Unies et dans les organisations régionales et nationales a conduit au recrutement de plus de 120 responsables nationaux du VIH dans 65 pays, aussi bien que de conseillers régionaux et sous-régionaux.

Points saillants

L'UNFPA a joué un rôle clef à la dix-septième Conférence internationale sur le sida tenue à Mexico et à la quinzième Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles tenue à Dakar. La Directrice exécutive de l'UNFPA, Thoraya Ahmed Obaid, a participé à plusieurs rencontres, notamment à une séance sur les liens entre la violence sexiste et le VIH/sida et à la première réunion jamais organisée entre ministres de la santé et de l'éducation des pays d'Amérique latine et des Caraïbes pour débattre de la prévention du VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles. L'UNFPA a subventionné la participation aux deux conférences de plus de 600 jeunes venus de 41 pays.

L'UNFPA a encouragé les dirigeants mondiaux à assister à la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée au sida afin d'intensifier leurs efforts pour répondre aux besoins des femmes et des jeunes atteints du VIH/sida et pour intégrer plus efficacement les réactions au sida et aux problèmes de santé sexuelle et reproductive.

L'UNFPA a prêté appui à l'élaboration, la publication et la diffusion de plusieurs matériels et outils sur les liens entre santé sexuelle et reproductive et VIH. Rapid Assessment Tool for Sexual and Reproductive Health and HIV Linkages: A Generic Guide a été récemment utilisé pour mettre au point des plans de pays en Uruguay et dans les pays insulaires du Pacifique.

L'UNFPA a contribué à Linkages: Evidence Review and Recommendations, un examen de textes pertinents qui confirment les liens entre la santé sexuelle et reproductive et le VIH/sida. L'UNFPA a aussi aidé à élaborer Linking Sexual and Reproductive Health and HIV: Gateways to Integration in Haiti and Kenya. Cette étude fournit des exemples approfondis du lien entre la santé sexuelle et reproductive et la prévention du VIH/sida.

Pour renforcer le lien entre la santé sexuelle et reproductive et, d'autre part, les services et interventions contre le VIH, l'UNFPA et ses partenaires ont atteint 66 pays à travers cinq ateliers de formation régionaux.

Dans le cadre de sa réponse stratégique au VIH, l'UNFPA a participé à plusieurs efforts tendant à accroître la fourniture et la demande mondiale de préservatifs masculins et féminins. La Global Condom Initiative dirigée par l'UNFPA, qui cherche à prévenir le VIH et les grossesses non désirées, a poursuivi son action dans 55 pays. Avec l'aide de l'UNFPA, 20 pays ont élaboré des stratégies nationales du préservatif.

Pour la troisième année consécutive, la distribution de préservatifs féminins s'est accrue, atteignant en 2008 un chiffre total de 33 millions. Avec l'aide de l'UNFPA, le Zimbabwe reçoit plus de préservatifs féminins par habitant que tout autre pays.

Sous la direction de l'UNFPA, l'Èquipe de travail inter-organisations sur le VIH et les jeunes a amplifié son rôle mondial dans la prévention du VIH et augmenté le nombre de ses membres au-delà de l'ONU pour inclure divers réseaux et associations de jeunes, des donateurs bilatéraux et multilatéraux, la société civile et des fondations. L'Èquipe de travail a aussi publié des directives mondiales sur le VIH et les jeunes, qui exposent des mesures spécifiques pour intervenir efficacement face au VIH parmi les jeunes sur les lieux d'éducation, les lieux de travail et dans les cas d'urgence humanitaire.

Le Fonds a contribué à la publication de "carnets de notes" nationaux sur la prévention du VIH parmi les filles et les jeunes femmes. Ces carnets de notes – 25 en tout jusqu'ici – apprécient les progrès qui ont été faits s'agissant de satisfaire aux engagements mondiaux concernant le VIH/sida et d'offrir des recommandations que les parties intéressées peuvent appliquer pour amplifier la prévention du VIH/sida et les services y relatifs à l'intention des filles et jeunes femmes.

Le Fonds a continué de soutenir Y-PEER, le Réseau d'éducation des jeunes par les pairs, présent dans 39 pays. Une évaluation de Y-PEER dans huit de ces pays a permis de conclure que le projet a créé avec succès des réseaux de jeunes afin d'améliorer la connaissance qu'ont les jeunes des problèmes de santé sexuelle et reproductive et de renforcer la capacité des services nationaux destinés aux jeunes.

L'appui technique de l'UNFPA a aidé à appliquer sur une plus grande échelle la Stratégie mondiale d'accélération de la prévention de la transmission du VIH de mère à enfant, l'accent portant sur un ensemble primordial de services de prévention et de traitement du VIH/sida dans les centres de soins de santé maternelle, sur les services de santé sexuelle et reproductive pour les femmes séropositives et sur les liens entre santé maternelle, sexuelle et reproductive.

L'UNFPA a organisé des ateliers dans 11 pays pour aider à intégrer de meilleures méthodes de collecte, de suivi et d'évaluation des données dans les soins de santé destinés à prévenir la transmission de mère à enfant.