
Kouboura Moutari, du Niger, s’est
mariée à 15 ans seulement. Peu après, elle a donné
naissance à son premier enfant, qui était mort-né. Au terme de
sa seconde grossesse,
l’accouchement durait depuis deux jours quand sa famille l’a
enfin emmenée à l’hôpital,
sur une charrette traînée par un cheval, pour y subir une césarienne
d’urgence. Malheureusement, il était trop tard et non seulement
elle a perdu le bébé, mais une
fistule obstétricale est apparue. Avec l’aide de l’UNFPA, cependant,
elle a pu recevoir
le traitement nécessaire et travaille aujourd’hui avec une organisation
non gouvernementale
(ONG) subventionnée par l’UNFPA à informer les villageoises de
l’importance
des soins prénatals et d’une intervention obstétricale en temps
voulu.
La promotion de la santé reproductive et des droits en
matière de reproduction occupe une place centrale dans
la mission de l’UNFPA. Le Fonds s’efforce de contribuer aux
objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en
mettant l’accent sur la mortalité maternelle, les adolescents,
l’égalité des sexes, la prévalence du VIH (notamment chez les
femmes), la mortalité des enfants de moins de cinq ans et les
besoins non satisfaits en matière de planification familiale.
Dans de nombreux pays en développement, la mortalité maternelle
demeure inacceptablement élevée – acte d’accusation
cinglant contre des priorités nationales inadéquates qui ne
savent pas faire face à une tragédie mondiale aussi facile à prévenir
qu’en apparence irréductible. Selon le rapport intérimaire de 2006 sur
les OMD, le progrès s’est arrêté concernant la santé
maternelle et, dans quelques cas, il y a même eu régression.
Bien que de nombreux pays aient institué des programmes
de santé reproductive, des millions de grossesses sont
encore non désirées ou mal situées dans le temps. En outre,
les méthodes modernes de planification familiale restent
hors de la portée des plus pauvres et, en particulier, des jeunes
non mariés.
En 2006, l’UNFPA a renforcé ses efforts pour garantir le droit
à la santé sexuelle et reproductive, aider les filles exposées à
contracter le VIH et soutenir les jeunes, qui sont la clef d’un
avenir de santé.
Sauver la vie de mères
Sauver des vies – réduire la mortalité maternelle et
protéger les femmes des graves complications liées à
la grossesse et à l’accouchement – est non seulement
une priorité majeure du développement international,
mais aussi un impératif des droits humains. L’UNFPA aide
familles et individus à obtenir accès à une planification
familiale fiable, et les pays en développement à se doter
des capacités voulues afin de pouvoir assurer aux femmes
l’assistance d’accoucheuses qualifiées et des soins obstétricaux
d’urgence en cas de complications. En 2006:
- L’UNFPA a fait prendre conscience de la pénurie critique
de sages-femmes dans les pays en développement, où
environ 529 000 femmes meurent chaque année durant la
grossesse et l’accouchement. Ses partenaires clefs ont été la
Confédération internationale des sages-femmes et l’Organisation
mondiale de la santé (OMS). En décembre, l’UNFPA et
ses partenaires ont organisé en Tunisie un forum sans précédent
centré exclusivement sur le métier de sage-femme. Les
participants venus de 23 pays ont signé l’Appel à l’action de
Hammamet, qui recommande que les donateurs et les gouvernements
nationaux élargissent la présence des sages-femmes
dans l’ensemble du monde en développement.
- L’UNFPA a aidé à lancer deux nouveaux vaccins contre le
papillomavirus humain (HPV) – le virus qui cause le cancer du
col de l’utérus – en travaillant avec les donateurs, les gouvernements
et les organisations multilatérales à déterminer comment
les services nationaux d’immunisation et de santé sexuelle et
reproductive, ainsi que les programmes de lutte contre le cancer,
pouvaient mettre rapidement les vaccins à la disposition des
femmes dans le monde en développement. L’UNFPA a également
contribué à la préparation d’un guide sur les politiques et les
programmes après une consultation technique tenue en mars
2006. La fourniture de vaccins HPV peut offrir une occasion d’assurer
aux filles préadolescentes et à leurs mères la prévention
du VIH et d’autres soins de santé reproductive.
- En partenariat avec l’OMS, le Fonds des Nations Unies
pour l’enfance (UNICEF) et la Banque mondiale, l’UNFPA a
appuyé l’élaboration de stratégies nationales de santé maternelle
et néonatale afin d’aider les pays à atteindre l’OMD 5
(améliorer la santé maternelle). Les nouvelles stratégies – qui
seront mises au point et financées en 2007 – permettront aux
partenaires d’amplifier rapidement la portée des interventions,
de contribuer à prévenir la transmission mère-enfant,
et d’intégrer les meilleures pratiques dans les programmes de
santé maternelle.
Planification familiale: Pour que
chaque grossesse soit désirée
L’amélioration de l’accès aux services de planification familiale,
hors de toute contrainte, se place au centre même
du mandat de l’UNFPA. Malgré le manque de données à
jour sur les taux mondiaux ou régionaux de prévalence des
contraceptifs, l’amélioration ne fait aucun doute: un nombre
croissant de pays communiquent que les points de prestation
de services ont désormais en stock au moins trois méthodes
modernes de contraception. Néanmoins, des millions de personnes
n’ont pas encore accès aux contraceptifs. Aujourd’hui,
environ 201 millions de femmes dans le monde entier ne sont
pas en mesure d’acquérir des moyens de contraception sûrs
et efficaces. En 2006:
- L’UNFPA a travaillé avec plus de 50 pays à améliorer la prévalence
des contraceptifs et à prévenir, contrôler et traiter les
infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH. Le Fonds promeut
la planification familiale en tant que moyen de
réduire le nombre d’avortements pratiqués dans des conditions
dangereuses, qui causent la mort d’environ 78 000 femmes par an – dont
99 % dans les pays en développement.
- L’UNFPA et le Programme for Appropriate Technology
in Health ont publié et lancé Meeting
the Need: Strengthening Family Planning Programs. Ce document vise à aider les praticiens à consolider
leurs programmes et à répondre aux besoins croissants de planification
familiale. Il offre un large aperçu sur les considérations
essentielles en matière de programmation, les ressources pratiques
spécialisées et les outils en ligne d’accès immédiat.
- L’UNFPA a continué à collaborer avec la République
islamique d’Iran pour faire baisser les taux de fécondité.
L’initiative montre comment un environnement favorable
peut rapidement changer ces taux. Un examen de la situation
a révélé que le succès était dû largement à la création
d’un consensus national résolu qui a pris forme avec l’aide
du clergé islamique; à l’élaboration de politiques qui reflétaient
les besoins de la population; et à l’accès à un large
éventail de méthodes de planification familiale.
 |
La Directrice exécutive de l’UNFPA, Thoraya
Ahmed Obaid,
avec une patiente âgée de 16 ans au Centre de traitement de
la fistule du Medical College Hospital (Centre hospitalier universitaire)
de Dhaka, au Bangladesh. Le Centre de traitement
de la fistule a été créé avec l’appui de l’UNFPA. |
Fournir des produits
A chaque minute, 190 femmes sont contraintes d’affronter la possibilité d’une
grossesse non planifiée ou non désirée – qu’elles auraient pu facilement prévenir
si seulement elles avaient accès aux contraceptifs. A chaque minute, 650 personnes
contractent une IST et près de 10 sont infectées par le VIH parce qu’elles
n’ont pu obtenir des préservatifs. Il est indispensable que les gouvernements
affectent des fonds à l’achat de contraceptifs pour garantir la durabilité
des services de santé reproductive.
Afin d’améliorer l’accès aux services de santé reproductive, les bureaux
de pays de l’UNFPA ont eu avant tout les préoccupations suivantes: a) mener
des campagnes de plaidoyer pour accroître les investissements nationaux dans
les services de planification familiale; b) promouvoir la sécurité de l’approvisionnement
en produits de santé reproductive; c) élargir le choix des méthodes; d) améliorer
la qualité des services; e) augmenter le nombre des points de prestation des
services; f) développer la capacité dans des domaines tels que la mise au point
de protocoles, la logistique, les prévisions, l’établissement des coûts, le
suivi et évaluation; et g) entreprendre des campagnes de plaidoyer et renforcer
les capacités afin d’accroître le volume des services destinés aux adolescents.
Avec le soutien de l’UNFPA, certains gouvernements lèvent actuellement des
fonds pour leurs stratégies quinquennales en matière de préservatifs. D’autres
y affectent des fonds venus d’autres sources, comme le Fonds mondial de lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme, afin d’aider à couvrir le coût
des produits et des programmes. En outre, dans certains pays, les préservatifs
féminins sont actuellement en voie d’incorporation à la Liste nationale des
médicaments essentiels pour le VIH et la santé reproductive. En 2006:
- Le nombre de pays affectant leurs fonds propres aux achats de contraceptifs
est passé à 66, contre 34 en 2004. Au total, 13 bureaux de pays de l’UNFPA
ont communiqué que les budgets nationaux de contraceptifs avaient augmenté
au cours de la même période.
- Les Ministres de la santé et les délégués de 48 pays africains se sont
rencontrés en septembre à Maputo (Mozambique) et ont reconnu qu’une mauvaise
santé sexuelle et reproductive était l’un des principaux facteurs de mortalité.
Ils ont par la suite adopté un plan d’action pour garantir l’accès universel
à des services complets de santé sexuelle et reproductive. Au cours de cette
réunion, les Ministres de la santé ont réaffirmé la nécessité urgente d’assurer
la sécurité d’approvisionnement en produits de santé reproductive afin d’aider
à réduire la mortalité maternelle et de tenir en échec la tragédie du VIH/sida
qui frappe le continent.
- L’UNFPA a aidé à surmonter les pénuries de produits de santé reproductive
dans plus de 60 pays. Les gouvernements des pays européens et du Canada ont
financé le programme et créé un fonds d’affectation spéciale de 63,8 millions
de
dollars à cette fin expresse.
- Sous l’égide du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA),
l’UNFPA a assumé un rôle de pointe s’agissant de garantir l’approvisionnement
des fournitures en préservatifs masculins et féminins, et il est
aujourd’hui le plus important fournisseur de préservatifs dans le secteur
public. À la XVIe Conférence internationale sur le sida, tenue à Toronto,
l’UNFPA a mis en relief le fait que des millions de personnes n’ont pas encore
accès à la méthode de prévention la plus élémentaire de toutes – le préservatif
masculin ou féminin.
- Dans 23 pays, le programme d’approvisionnement en préservatifs féminins
a été approuvé sur les plans politique et technique et il a désormais atteint
le stade de l’application. Les achats de préservatifs féminins ont augmenté
de 40 % en un an – leur nombre passant de 13,5 millions en 2005 à près de
20 millions en 2006.
- L’UNFPA a aidé les vendeurs de produits à se préqualifier afin d’élargir
sa base de fournisseurs dans le monde entier. Ne se limitant pas à mettre
les pays en mesure d’obtenir une habilitation internationale de leurs centres
respectifs de mise à l’essai des produits, l’UNFPA conseille les fabricants
sur la manière de livrer des produits qui soient conformes aux spécifications
de l’OMS et de l’ONUSIDA.
- En mai, le Secrétariat du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et
du Pacifique, la Commission européenne et l’UNFPA ont approuvé un budget
de 15 millions d’euros destiné à fournir à 17 pays en conflit ou en période
d’aprèsconflit des produits de santé reproductive et à développer leurs capacités.
Rendre aux femmes et aux filles espoir et dignité
La Campagne pour éliminer les fistules menée sous la direction de l’UNFPA,
qui en 2006 a été active dans 40 pays de l’Afrique subsaharienne, de l’Asie
du Sud et de la région des États arabes, a pour objectif de galvaniser l’appui
à la santé maternelle. Le but immédiat en est de prévenir et traiter une terrible
lésion consécutive à l’accouchement connue sous le nom de fistule – rupture
de la paroi du vagin qui se produit durant un accouchement prolongé et arrêté
et qui entraîne une incontinence chronique, condamnant les femmes à l’isolement
et à la honte. La plupart des victimes sont pauvres, jeunes et sous-alimentées.
Dans neuf cas sur 10, la fistule disparaît à la suite d’une intervention.
 |
Trois mères et leurs bébés au dispensaire Al-Rimal de
Gaza, dans le Territoire palestinien occupé, que subventionne
l’UNFPA. |
Trois ans seulement après le lancement de la campagne en 2003, l’UNFPA a aidé
30 pays à achever l’évaluation de leurs besoins. Plus de 20 pays sont passés
de l’évaluation et de la planification à l’exécution. Onze pays, ainsi que
des sympathisants dans le secteur privé comme Johnson & Johnson, One
by One, les 34 Millions d’Amis de l’UNFPA et Virgin
Unite, ont contribué à la
campagne en 2006.
L’année a vu plusieurs événements sans précédent. En 2006:
- Le Pakistan a lancé sa propre campagne nationale pour éliminer les fistules.
Avec l’aide de l’UNFPA, sept centres régionaux sont actuellement mis en place
afin de fournir un traitement chirurgical gratuit. Les imams locaux et les
médias avertissent désormais la population des dangers de la maternité précoce
et de la possibilité de réparer la fistule.
- L’UNFPA a aidé à ouvrir à Zalingei (Soudan) le premier centre complet
de traitement de la fistule dans l’ouest du Darfour. Ce centre, qui comprend
16 lits, devrait accueillir près de 300 filles et femmes par an, offrant
un éventail de soins qui comprend l’intervention chirurgicale, la réadaptation,
la réinsertion sociale et les conseils psychosociaux.
- L’UNFPA et l’OMS ont collaboré avec Averting Maternal
Death and Disability et la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique à la préparation
d’un manuel sur la fistule obstétricale, le premier du genre. Cette publication
énonce des principes directeurs en matière de soins cliniques et de mise
au point des programmes.
- Le Président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a exprimé sa détermination
d’offrir dans son pays le traitement gratuit de la fistule obstétricale après
avoir vu un documentaire produit par CNN et l’UNFPA.
- L’UNFPA a lancé en juin au Royaume-Uni une importante campagne de prise
de conscience, qui vise le grand public aussi bien que les responsables.
L’initiative Renew a comporté des avis publicitaires dans la presse et le
réseau des transports publics de Londres, ainsi qu’un message élaboré gratuitement
par RKCR/Y&R
– filiale londonnienne de l’agence de publicité Young & Rubicam. Natalie
Imbruglia, porte-parole de la campagne, a aidé à lancer ce qui s’est avéré
une remarquable réussite.
Investir dans les jeunes, investir dans l’avenir
Avec le soutien de l’UNFPA, les jeunes de toutes les régions du monde ont
agi en 2006 pour protéger leur santé, leur éducation et leurs perspectives
d’avenir. Le Fonds s’est fait le champion des droits des jeunes et a mis en
lumière leurs problèmes, y voyant une priorité pour le développement humain
et la croissance sociale et économique. Voici quelques-unes des grandes réussites
de 2006:
- L’UNFPA a élaboré un cadre stratégique concernant les jeunes, qui montre
en détail comment en investissant dans les jeunes on peut réduire la pauvreté.
Quatre domaines clefs de définition des politiques y sont décrits: population,
pauvreté et politiques y afférentes; services de santé sexuelle et reproductive;
éducation à la sexualité fondée sur des connaissances pratiques de base;
et participation des jeunes. Ce cadre est en harmonie avec l’attention portée
par la communauté internationale à la réduction de la pauvreté et à la réforme
des Nations Unies. Il fait progresser l’action permanente de l’UNFPA pour
aider les filles à poursuivre leurs études, inculquer les aptitudes nécessaires
à la vie, différer jusqu’à l’âge adulte le moment du mariage et de la première
grossesse, et prévenir l’infection par le VIH.
- L’UNFPA a produit pour la première fois une publication consacrée à
la jeunesse qui accompagne son principal rapport annuel, L’état
de la population mondiale. Cette publication, Des
jeunes en mouvement, met en lumière les
aspects sociaux, économiques et démographiques de la migration des jeunes
à travers des récits de première main faits par les jeunes euxmêmes. Ce supplément
sera publié chaque année et offrira une dimension complémentaire à notre
présentation approfondie des problèmes de population et de développement.
- Des centres accueillants aux jeunes aident les jeunes, tant mariés que
célibataires, à obtenir des informations et des services qui préservent leur
santé. En Ouzbékistan, une formation professionnelle au tissage de tapis
et à la technologie de l’informatique a ajouté un important complément aux
centres subventionnés par l’UNFPA; en Mongolie, les centres ont offert un
refuge sûr pour débattre de problèmes rarement évoqués dans les foyers ou
en public; et, au Pakistan, plus de 54 000 jeunes se sont rendus dans 80
centres subventionnés par l’UNFPA et l’Union européenne dans le cadre de
l’Initiative de santé reproductive pour les jeunes d’Asie.
- L’éducation et la formation reçues ont doté les jeunes femmes d’informations
et de savoir-faire, l’accent portant particulièrement sur la santé sexuelle
et reproductive des adolescents (ASRH) dans des pays comme la Bolivie, où
l’UNFPA a aidé à former 12 000 enseignants et a atteint 67 000 adolescents
et 3 500 parents à travers le projet Adolescents. Au Malawi, 350 nouveaux
agents de distribution basés dans les communautés ont suivi une formation
à l’ASRH. Au Libéria, des jeunes femmes touchées par la guerre civile ont
participé à la prévention du VIH et à la formation professionnelle dispensée
avec le soutien de l’UNFPA par l’Organisation pour les enfants et les mères
adolescentes. En collaboration avec l’UNFPA et la World
YWCA, de jeunes femmes
ont préparé un
manuel de formation destiné à développer chez leurs paires du monde entier
des aptitudes à tenir un rôle dirigeant.
- Dans chaque région, un nombre croissant de pays ont adopté des stratégies
de santé reproductive pour les adolescents et les jeunes – entre autres pays,
récemment, le Bangladesh, la Chine, l’Éthiopie et l’Inde. Le Maroc et le
Mozambique ont amplifié à l’échelle nationale les services de santé destinés
aux jeunes. En juillet, avec le soutien de l’UNFPA, le Sommet de l’Union
africaine tenu en Gambie a adopté la première Charte de la jeunesse africaine
depuis 1964. Le Fonds a également fourni un appui technique à la stratégie
de la Ligue des États arabes pour les jeunes.
- Seize pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont signé en novembre la
Convention sur les droits des jeunes. L’UNFPA a aidé à mettre en place un
environnement favorable, parallèlement au programme pilote destiné aux adolescents
et aux jeunes de l’Organisation ibéro-américaine de la jeunesse et de Family
Care International en Bolivie, au Panama et en République dominicaine.
- Suite à une recommandation de son Global Youth Advisory
Panel, l’UNFPA
a institué dans plus de 20 pays des groupes nationaux de la jeunesse pour
le conseiller sur la manière d’améliorer les programmes destinés aux jeunes
et pour offrir aux jeunes une plate-forme où ils puissent exprimer leurs
opinions et promouvoir leurs besoins dans le cadre des politiques et débats
sur le développement international et national.
Intensifier la prévention du VIH
La prévention offre la meilleure chance de faire reculer l’épidémie du VIH.
Un engagement politique soutenu grâce à des programmes intensifs menés dans
divers contextes a réduit l’incidence du VIH. Les progrès en matière de traitement
renforcent les activités de prévention en encourageant le dépistage volontaire
et en réduisant l’opprobre associé au sida. Néanmoins, la pandémie déjoue les
efforts déployés pour la tenir en échec et gagne du terrain au niveau mondial.
La stratégie globale de l’UNFPA consiste à établir un lien entre la santé sexuelle
et reproductive et la lutte contre le VIH/sida afin d’optimiser la prévention,
les soins, le traitement et le soutien aux personnes atteintes.
La majorité des infections par le VIH sont transmises sexuellement ou liées
à la grossesse, à l’accouchement et à l’allaitement naturel. Aussi bien le
VIH/sida que la mauvaise santé sexuelle et reproductive ont des causes fondamentales
communes – la pauvreté, l’inégalité entre les sexes et la marginalisation sociale.
Les interventions en réponse à ces deux problèmes de santé doivent être étroitement
liées et se renforcer mutuellement.
En tant que l’un des 10 cogarants de l’ONUSIDA, l’UNFPA s’efforce d’intensifier
et d’amplifier les activités de prévention du VIH en appliquant des stratégies
fondées sur les droits et sur les faits. Au sein de l’ONUSIDA, le Fonds centre
son action sur la programmation des préservatifs et la prévention du VIH. En
2006:
- L’UNFPA a soutenu les efforts déployés pour entreprendre avec les gouvernements,
la société civile, le secteur privé et les partenaires de développement des
débats au niveau national, dans plus de 100 pays, sur l’accès
universel à la prévention, les traitements, les soins et le soutien aux personnes
atteintes.
- En juin, l’UNFPA, l’ONUSIDA et le Ministère brésilien de la santé ont
organisé à Rio de Janeiro une consultation globale sur le VIH et les travailleurs
de l’industrie du sexe. Y ont participé notamment des ministres, des groupes
confessionnels
et des réseaux de travailleurs de l’industrie du sexe.
- En collaboration avec la Fédération internationale pour la planification
familiale, la Coalition mondiale sur les femmes et le sida et Young
Positives,
l’UNFPA a publié une série de “bulletins scolaires” de huit pages au niveau
national centrés
sur la prévention du VIH pour les jeunes filles et les jeunes femmes. Ces
bulletins sont conçus comme un instrument de plaidoyer à l’usage des responsables
et des prestataires de services. L’UNFPA a également collaboré avec la Coalition
mondiale pour produire Keeping the Promise: An Agenda
for Action on Women and AIDS, qui appelle à amplifier massivement la réaction au sida en faveur
des femmes et des filles.
- En Amérique latine et dans les Caraïbes, l’UNFPA a, tout au long de
l’année, mobilisé et sensibilisé les responsables concernant la nécessité
de programmer la distribution de préservatifs et a insisté auprès de plus
de 20 ministres de la région, au cours de réunions tenues en juin au siège
de l’ONU, pour un renforcement des services de prévention du VIH destinés
aux femmes et aux groupes vulnérables. En outre, l’UNFPA et le Fonds de l’OPEP
pour le développement international ont continué de mener des activités d’éducation
des pairs dans six pays.
- Le Plan d’action de Maputo engage les gouvernements des pays africains
à s’efforcer d’atteindre l’objectif de l’accès universel aux services de
santé sexuelle et reproductive d’ici 2015, ainsi que l’intégration de la
programmation de la lutte contre le VIH dans ces services. L’UNFPA a aidé
l’Union africaine à élaborer et adopter le plan, en recommandant deux mesures
immédiates: l’établissement d’un lien entre la prévention du VIH et la planification
familiale et, d’autre part, l’intégration de la lutte contre le VIH/sida
dans les programmes de santé maternelle et néonatale.
- L’UNFPA a participé aux manifestations de la Journée mondiale du sida,
par exemple dans le Territoire palestinien occupé, où plus de 1 000 étudiants
universitaires ont assisté à des activités de prévention du VIH/sida et de
prise de conscience qui ont été conduites à cinq universités ou collèges
de Cisjordanie et de Gaza.
- L’UNFPA a mis en relief la dure épreuve des femmes et des jeunes à la
Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée
au sida, en juin. À cette réunion, l’UNFPA a également accueilli un Sommet
de la jeunesse,
qui a réuni plus de 60 représentants de jeunes venus de 28 pays et préparé
un intrant pour l’examen intérimaire. Le Fonds a aussi cofinancé et lancé
“Wake-Up” (Réveillezvous), documentaire portant sur les jeunes et le VIH
au Mozambique, qui a été par la suite diffusé dans le monde entier; et il
a organisé un comité des jeunes chargé d’examiner les résultats de la réunion.
- À la même réunion de juin, la Directrice exécutive de l’UNFPA, Thoraya
Ahmed Obaid, a animé un débat de groupe destiné à mettre en lumière l’impact,
hors de toute proportion, du VIH/sida sur les femmes et les filles. Pour
faire reculer le VIH/sida, a-t-elle dit, les femmes doivent avoir un contrôle
accru sur leur corps et sur leur vie, aussi bien qu’une plus grande influence
sur la politique et les budgets. Mme Obaid a d’autre part coprésenté le Rapport
sur l’épidémie mondiale du sida, 2006.
- Le Fonds a remporté un triomphe quand les délégués à la Réunion de haut
niveau ont entériné l’idée d’établir un lien entre la prévention du VIH et
la santé sexuelle et reproductive. Les dirigeants mondiaux se sont d’autre
part engagés à éliminer les inégalités entre les sexes et à offrir aux jeunes
une prévention ondée sur les faits, une éducation et des services.
- En août, l’UNFPA a assisté avec 24 000 participants à la XVIe Conférence
internationale sur le sida, tenue à Toronto (Canada). Le Fonds a pris part
à un certain nombre de séances et de groupes de débat dans le but de promouvoir
des interventions basées sur les faits qui soient propres à donner des résultats,
notamment des programmes centrés sur les femmes enceintes, que l’on oublie
souvent quand il s’agit de prévenir, de traiter et de soigner. Le Fonds a
également mis en relief la nécessité de prévenir l’infection chez les filles
et les femmes; de prévenir les grossesses non recherchées chez les femmes
séropositives; de réduire la transmission mère-enfant grâce aux médicaments
antirétroviraux; et de promouvoir l’accouchement sans risques et l’allaitement
naturel des nourrissons.
- Le Gouvernement du Canada, l’UNFPA, l’ONUSIDA et d’autres partenaires
ont réuni 250 jeunes venus du monde entier prendre part à la Conférence de
Toronto. Le Fonds a d’autre part fait équipe avec MTV pour la “48
Fest”,
qui a fourni à de jeunes cinéastes les fonds nécessaires pour produire une
série de courts documentaires consacrés au VIH/sida. L‘UNFPA a également
coprésenté “Ready, Steady, Go”, étude qui examine les moyens les plus efficaces
de venir en
aide aux jeunes.
 |
L’horloge du sida, créée par l’UNFPA en 1997 pour enregistrer
le tribut croissant payé par l’humanité à l’épidémie,
a été lancée de nouveau en 2006 sur la base de nouvelles
données épidémiologiques empruntées au Programme
commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).
L’horloge, postée sur le Web, a été inaugurée durant la
Réunion de haut niveau sur le sida, tenue au Siège de
l’ONU du 31 mai au 2 juin. Ne se limitant pas à présenter
des évaluations du nombre de personnes séropositives,
l’horloge offre des liens donnant accès aux chiffres régionaux,
aux fiches de données et aux principales campagnes ciblant
la maladie. On peut accéder à l’horloge sur le site Web
www.unfpa.org/aids_clock. |