
L’UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la population, mène son action en vertu d’un mandat unique en son genre – un mandat important et souvent négligé. C’est un mandat qui défend avec la plus grande énergie la santé et les droits des groupes de population les plus pauvres, marginalisés et oubliés dans le monde: les femmes, les adolescents et les personnes atteintes du VIH/sida.
L’UNFPA s’efforce de faire en sorte que chaque grossesse soit désirée, chaque accouchement sans danger, chaque jeune non contaminé par le VIH/sida, chaque fille et chaque femme traitée avec dignité et respect. Cette vision nous incite à promouvoir une approche globale de la santé sexuelle et reproductive et des droits en matière de reproduction, et c’est elle aussi qui a placé nettement le Fonds à l’avant-garde concernant certains des problèmes de développement les plus sérieux, délicats et importants.
En 2006, l’UNFPA a aidé 154 pays et territoires en développement ou en transition à réduire la mortalité maternelle, à promouvoir la prévention du VIH et à répondre aux besoins de planification familiale non satisfaits. Nous avons également promu des politiques de la population efficaces pour alléger la pauvreté et mettre femmes et hommes en mesure d’effectuer les choix nécessaires afin d’améliorer leur vie et celle de leurs familles.
Donnant un signe solide de confiance en notre engagement à l’échelle mondiale, 180 pays ont contribué au Fonds en 2006 – c’est-à-dire le nombre le plus élevé jamais enregistré de pays donateurs, qui ont ensemble versé à l’UNFPA les contributions les plus importantes jamais reçues depuis le début de ses activités, en 1969.
En 2006, l’UNFPA a aussi mis l’accent sur la prise en compte de la population, des sexospécifités et de la santé de la reproduction dans les stratégies de développement mondiales, régionales et nationales. Nous avons joué un rôle actif dans la réforme des Nations Unies avec l’intention d’améliorer l’efficacité de l’aide à l’appui d’un développement contrôlé et dirigé au niveau national.
Nous avons continué d’aider les pays à développer leurs capacités d’appliquer le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), tenue au Caire en 1994, et d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Afin d’accélérer les progrès, le Fonds a approuvé de nouvelles stratégies visant à élargir les activités de secours humanitaire, la prise en compte des sexospécifités et l’action en faveur des adolescents et des jeunes. Nous avons renforcé et amplifié nos partenariats – stratégie d’importance absolument critique pour mener à bien notre mandat.
Tout au long de l’année, l’UNFPA a mobilisé un soutien étendu à la santé sexuelle et reproductive et aux droits en matière de reproduction. Les bénéfices de la planification familiale, de l’assistance d’accoucheuses qualifiées, des soins obstétricaux d’urgence et de la prévention du VIH se concrétisent dans la bouche de personnes telles que Kouboura, Tarcila, Nazia et Khadija, dont nous contons l’histoire dans le présent rapport. Le Fonds a également demandé l’intégration de la santé sexuelle et reproductive et des politiques et programmes de lutte contre le VIH/sida afin de répondre plus spécifiquement aux besoins des femmes et des jeunes.
En Afrique, avec le Plan d’action de Maputo, 48 pays se sont engagés à élargir l’accès à la santé sexuelle et reproductive à travers le continent entier. L’Appel à l’action d’Hammamet sur la nécessité de faire aux sages-femmes une place accrue dans les communautés et le Partenariat pour la santé maternelle, néonatale et infantile ont renforcé la détermination d’améliorer la santé maternelle.
L’UNFPA a contribué à faire respecter davantage les droits humains au niveau mondial avec l’adoption de la nouvelle Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui mentionne expressément le droit à la santé reproductive. La troisième Conférence internationale des parlementaires sur l’application du Programme d’action de la CIPD, tenue à Bangkok, a stimulé l’engagement des parlementaires et mieux dégagé la nécessité de créer un monde à l’abri de la discrimination sexuelle.
Tout au long de l’année, nous avons aussi parlé hautement contre la violence sexiste et pour l’égalité des sexes et le renforcement du pouvoir des femmes. Nous considérons que l’adoption de l’Appel à l’action de Bruxelles, lors du Symposium international sur les violences sexuelles en période de conflit et au-delà, a marqué un tournant dans l’histoire des conflits et des secours humanitaires.
L’UNFPA a continué de soutenir la collecte, l’analyse et l’utilisation
des données ventilées par sexe afin de mieux
formuler les stratégies humanitaires et de développement, cela dans l’intention
de pousser plus avant le développement
des capacités nationales. Au cours de l’année, nous avons soutenu les pays
dans leurs efforts pour intégrer la
dynamique de la population aux plans de développement et de réduction de
la pauvreté. Le rapport sur L’état de la population
mondiale a centré l’attention
du monde entier sur l’épreuve des femmes migrantes et contribué au dialogue
planétaire sur la migration internationale et le développement.
En octobre, les États Membres de l’ONU ont pris note du rapport du Secrétaire général sur l’activité de l’Organisation, qui a inclus quatre nouvelles cibles, dont l’accès universel à la santé reproductive, renforçant ainsi la place centrale des objectifs de la CIPD dans la réalisation de tous les OMD – en particulier des objectifs 1, 3, 4, 5 et 6.
À cette fin, l’année 2006 a vu un nombre toujours croissant de pays affecter une plus large part de leurs ressources nationales au financement d’achats de contraceptifs, à l’extension des services de planification familiale, à l’amélioration des soins maternels et à la prévention du VIH, surtout parmi les femmes et les adolescents. En partie grâce aux efforts de l’UNFPA, les services de santé reproductive ont été rendus plus généralement accessibles grâce à un renforcement accru des capacités destinées aux prestataires de services, ainsi qu’à l’élaboration de directives et protocoles nationaux.
Malgré ces succès considérables, il faut faire davantage. Sous l’angle du mandat de l’UNFPA, plusieurs enseignements se dégagent: il est nécessaire de tirer parti des progrès réalisés sur le plan des politiques afin de mettre en oeuvre à plus grande échelle des programmes efficaces visant les groupes de population les plus vulnérables et marginalisés du monde. Afin de consolider et d’affermir ces tendances positives, nous devons continuer de développer au niveau national la capacité en ressources humaines afin d’établir un lien entre santé reproductive, population et sexospécificités avec les problèmes plus larges que pose la réduction de la pauvreté. Il nous faudra aussi redoubler d’efforts pour intégrer dans notre programmation des problèmes nouveaux de population, comme la migration et le vieillissement.
Bien que le Fonds et ses partenaires aient élaboré avec succès un cadre stratégique qui inclut les jeunes, l’UNFPA aura besoin de ressources pour consolider son rôle dirigeant, surtout au niveau national. Il en est ainsi parce que les jeunes non scolarisés ne reçoivent pas encore dans la mesure adéquate une information sur la prévention du VIH ni des services de santé reproductive.
De manière identique, les activités de plaidoyer et les politiques concernant la violence sexiste doivent s’accompagner d’un suivi plus strict et d’un meilleur exercice des responsabilités. Dans la même veine, le Fonds est aussi devenu un partenaire de pointe dans le domaine de l’intervention humanitaire. Nous continuons à insister pour que les priorités de la CIPD soient incorporées à la planification préalable aux situations d’urgence, afin de garantir que l’intervention humanitaire sur le terrain inclura une programmation concernant la santé reproductive, les sexospécifités et la lutte contre le VIH.
Nous avons tellement à faire, et l’année à venir sera fort remplie. Avec nos partenaires, nous allongerons les immenses pas en avant accomplis en 2006 et avancerons vers une ère nouvelle où, en effet, chacun compte.