UNFPA    
UNFPA Annual Report 2005

Intensification de la prévention du VIH

L’application systématique des programmes de prévention du VIH a joué un rôle clé dans la réduction des taux d’infection dans plusieurs pays, notamment en Haïti, au Kenya et au Zimbabwe. Mais malgré certains progrès, la sombre réalité reste que l’on a compté au niveau mondial cinq millions d’infections supplémentaires en 2005, ce qui porte le nombre de gens vivant avec le VIH à un peu plus de 40 millions.

L’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins est aujourd’hui au centre des préoccupations mondiales. Les dirigeants du monde entier assemblés au Sommet mondial 2005 ont réaffirmé leur attachement à cet objectif ainsi que la nécessité de maintenir la lutte contre le VIH/sida aux premiers rangs de l’ordre du jour international. Le système des Nations Unies s’est mobilisé pour intensifier ses interventions et a lancé un appel en faveur d’une amplification rapide des efforts de prévention du VIH. L’UNFPA a poursuivi à plein régime ses activités visant à relier les politiques et les mesures concernant la lutte contre le VIH/sida d’une part et la santé sexuelle et procréative d’autre part. Ces efforts contribueront à assurer l’accès universel à la médecine procréative ainsi qu’à enrayer la propagation du VIH/sida et à inverser la tendance actuelle d’ici 2015, ce qui est le sixième OMD.

ACTIONS CONTRE LE VIH/SIDA

Dans le monde, moins d’une personne à risque d’être infectée par le VIH sur cinq a accès à des services de prévention de base et seule une personne vivant avec le VIH sur dix connaît son statut sérologique.

  • Dans un rapport publié en juin, l’Équipe spéciale mondiale pour le renforcement de la coordination dans la lutte contre le sida a recommandé une amplification rapide de la riposte au sida, fondée sur l’appropriation nationale, l’harmonisation des interventions des Nations Unies et les « trois principes » : un cadre national commun de lutte contre le sida, un plan d’action national de lutte contre le sida et un système commun de suivi et d’évaluation à l’échelon national.

  • En décembre, l’Union européenne a appelé à un développement massif des activités de prévention du VIH, en déclarant que l’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins devrait constituer l’objectif immédiat au niveau mondial. Elle a également demandé à ce que des relations plus solides soient établies entre la prévention du VIH et la santé sexuelle et procréative, et à ce que tous les efforts de prévention du VIH reposent sur des stratégies axées sur les droits et fondées sur les faits.

  • L’UNFPA est à la tête des initiatives prises par les Nations Unies pour coordonner les programmes relatifs aux préservatifs et à la prévention du VIH chez les jeunes. Il s’est également vu attribuer de nouvelles responsabilités en 2005 en tant que principal organisme coordonnateur des mesures visant le VIH/sida et l’industrie du sexe. Les efforts sont harmonisés par l’entremise du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), ainsi que par les groupes thématiques des Nations Unies sur le VIH/sida au niveau des pays, qui sont souvent présidés par l’UNFPA.

  • L’UNFPA a publié un rapport émanant de jeunes et a accueilli un dialogue entre des jeunes et des représentants des pouvoirs publics et de la société civile sur les besoins des jeunes, durant la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/sida qui a eu lieu le 2 juin à New York. Cette publication, intitulée Notre voix, notre avenir : rapport des jeunes sur les progrès accomplis concernant la Déclaration d’engagement de session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au VIH/sida, a été élaborée par des membres de la Coalition mondiale de la jeunesse contre le sida, alliance réunissant plus de 1 000 jeunes dirigeants et adultes alliés, et par Jeunes partenaires mondiaux, campagne de plaidoyer dirigée par des jeunes et exécutée dans 29 pays.

  • Les relations qui existent entre le VIH/sida et la mauvaise santé procréative ainsi que leurs causes profondes communes ont été soulignées en 2005. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Fédération internationale de la planification familiale, l’ONUSIDA et l’UNFPA ont publié des directives sur les relations prioritaires à prendre en considération dans l’élaboration des politiques et les activités de programmes.

  • L’UNFPA a lancé un projet de trois ans pour les réfugiés, les personnes déplacées et leurs communautés d’accueil en phase de post-conflit dans les zones frontières de la Guinée, du Libéria, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone. Parmi les partenaires de ce projet de 7,5 millions de dollars visant à prévenir la propagation du VIH/sida et des autres IST figurent les secrétariats nationaux de lutte contre le sida, l’OMS, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’UNICEF, la Banque africaine de développement, le secrétariat de l’Union du fleuve Mano et des ONG.

« Ne meurs pas d’amour. » Tel est le message de cette affiche produite dans le cadre d’une campagne médiatique appuyée par l’UNFPA en Colombie pour promouvoir le respect des droits en matière de procréation, la prévention des comportements sexuels à risque et la lutte contre la violence sexuelle et le VIH/sida. Quelque 12 partenaires du secteur privé, notamment des fondations et des universités, ont participé à cette initiative.

 

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LES FEMMES ET LE SIDA

Les nouvelles infections à VIH augmentent plus rapidement chez les femmes que dans tout autre groupe, les jeunes femmes étant les plus à risque. En 2005, au moins 48 % des adultes vivant avec le VIH étaient des femmes, contre 35 % en 1985.

  • L’UNFPA, de prévention de la transmission mère-enfant (TME). L’Appel à l’action d’Abuja : « Vers une génération sans VIH et une génération sans sida », lancé en décembre 2005 note que les programmes complets de prévention de la TME doivent comprendre des stratégies pour prévenir l’infection des femmes par le VIH, dispenser des soins de santé en matière de procréation aux femmes vivant avec le VIH, prévenir la transmission du VIH pendant la grossesse et lors de l’accouchement et minimiser l’incidence de l’infection à VIH au moyen de pratiques d’alimentation des bébés à moindre risque.

  • Les étudiantes de l’université d’Addis-Abeba (Éthiopie) se sont vu accorder l’accès à une salle de lecture réservée aux femmes, grâce à un projet sur le VIH/sida et la santé en matière de procréation lancé en mars par l’UNFPA. Le projet a également établi un centre d’information avec accès à l’internet et un centre de conseil et dépistage volontaire dans les services de santé de l’université.

  • L’UNFPA et EngenderHealth ont collaboré avec des réseaux de gens vivant avec le VIH par le truchement d’un forum de débat électronique et de recherches qualitatives au niveau des pays. Le but visé est, avec d’autres partenaires, d’élaborer des directives des plus nécessaires sur les droits et la santé sexuelle et procréative des gens vivant avec le VIH, tout particulièrement des femmes.

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LES JEUNES ET LE VIH/SIDA

Ce sont les jeunes qui sont les plus à risque, les plus vulnérables et les plus aptes à instaurer des changements. La moitié de tous les nouveaux cas surviennent chez les jeunes : chaque jour, 6 000 d’entre eux sont infectés par le VIH.

  • Les accomplissements et les orientations futures d’une initiative conjointe de l’UNFPA et du Fonds de l’OPEP pour le développement international ont été examinés lors de réunions en avril. Le projet de prévention du VIH a appliqué des approches nouvelles et novatrices pour atteindre les jeunes et les encourager à modifier leurs comportements. Le Fonds de l’OPEP a alloué 4,2 millions de dollars à un programme de trois ans ciblant les jeunes vulnérables de six pays d’Amérique centrale et des Caraïbes et de sept pays de la région arabe.

  • En Roumanie, l’UNFPA a continué d’appuyer la Fondation Youth-for-Youth en 2005. Au cours de huit années de partenariat, ce groupe a formé plus de 7 000 pairs-éducateurs, exécuté des campagnes nationales et créé un jeu informatique sur les IST et le VIH/sida pour un site web qui reçoit près de 150 000 visites par an.

  • Au Mozambique, un programme pilote a été lancé par le PNUD sur deux sites, avec le soutien du projet Gerção Biz, pour développer les services intégrés. Sur ces deux sites, les services de santé en matière de procréation ont été étendus pour englober les conseils et le dépistage volontaire, le traitement des infections opportunistes, la prévention de l’infection à VIH chez les femmes enceintes, les soins communautaires à domicile et les groupes d’appui pour les jeunes vivant avec le VIH/sida. En outre, l’UNFPA et Pathfinder International ont prévu l’amplification du projet Gerção Biz en vue d’atteindre plus de la moitié de la jeunesse du pays.

  • Des milliers d’adolescents du district de Deqing de la province de Zhejiang (Chine) ont acquis des connaissances pratiques grâce à des programmes de formation pour la vie, des lignes téléphoniques d’information gratuite et des centres de services conviviaux pour les jeunes établis en 2005 dans toutes les municipalités du district.

  • Des clubs anti-sida ont été formés dans cinq lycées de Mansoura (Égypte), pour diffuser des informations sur la prévention du VIH dans le cadre d’un effort d’éducation par les pairs mis en oeuvre avec l’appui de l’UNFPA par Global Youth Partners.

  • L’UNFPA a organisé en juillet à Kobé (Japon) un forum sur le renforcement de la prévention du VIH pour les jeunes, lors du Septième Congrès international sur le sida dans la région Asie et Pacifique. À Abuja (Nigéria), en décembre, le l’OMS, l’UNICEF et d’autres partenaires ont renforcé leur coopération pour appliquer une stratégie globale Fonds a organisé un forum pré-conférence sur la prévention du VIH pour 300 jeunes, à la veille de la Conférence internationale sur le sida et les IST en Afrique.

  • En Asie et en Afrique, plus de 100 partenariats ont été fondés pour améliorer la fourniture de services de santé sexuelle et procréative et la prévention du VIH. En Asie, les centres de jeunes ont été développés pour s’assurer que l’accès à l’information soit accompagné d’un accès à des services conviviaux pour les jeunes.

--------------------------------------------------------------------PROGRAMMATION DE L’USAGE DES PRÉSERVATIFS

Le préservatif de latex est le moyen le plus efficace dont on dispose actuellement pour réduire la transmission du VIH et des autres IST. Toutefois, malgré son efficacité, moins de la moitié des gens à risque d’infection par le VIH peuvent s’en procurer.

  • L’UNFPA, PATH, la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlett et le Département du développement international du Royaume-Uni ont organisé la Consultation mondiale sur le préservatif féminin en septembre 2005 à Baltimore (États-Unis); les experts mondiaux participant à la conférence ont convenu, pour la première fois de l’histoire, de collabo prer pour intensifier la programmation de l’usage de ce type de préservatif.

  • Au Myanmar, l’UNFPA et Population Services International ont convenu d’acheter et de distribuer 500 000 préservatifs féminins de 2005 à 2007. Le préservatif féminin a également fait l’objet d’efforts de promotion au Malawi, au Nigéria, en Zambie et au Zimbabwe dans le cadre de l’Initiative mondiale du préservatif féminin de l’UNFPA visant à desservir au moins 23 pays.

  • Deux guides sur la programmation de l’usage du préservatif pour la prévention du VIH, publiés conjointement par l’UNFPA, l’OMS et PATH en 2005, donnent des orientations détaillées à l’intention des gestionnaires de programmes et des prestataires de services.

  • En Asie, l’Initiative de la santé en matière de reproduction pour les jeunes et les adolescents a accru l’accessibilité des préservatifs grâce à des activités d’information, d’éducation et de conseil conviviaux pour les jeunes, telles que l’établissement de « stands de préservatifs » au Bangladesh.

--------------------------------------------------------------------EDUCATION ET PLAIDOYER

  • L’UNFPA a continué d’appuyer les activités de prévention du VIH dans les forces armées et les services de police de près d’une quinzaine de pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Depuis 2000, le Comité des forces armées et de la police du Pérou pour la prévention du VIH/sida a dispensé des formations, distribue des préservatifs, élabore des normes et recueille des données en vue de mener des études. En novembre 2005, l’UNFPA et l’ONUSIDA ont conclu un accord avec le ministère de la Défense d’El Salvador pour dispenser des programmes sur la prévention du VIH ainsi que sur d’autres questions de santé sexuelle et procréative au personnel des forces armées.

  • L’UNFPA et le Population Media Center ont publié un guide à l’intention des journalistes et du personnel des médias contenant des conseils pratiques sur la production de séries télévisuelles à valeur éducative sur les changements sociaux et la prévention du VIH.

  • Lors de la Journée mondiale du sida, le 1er décembre, le Premier ministre de l’Inde a lancé un guide contenant des réponses aux questions fréquemment posées sur le VIH/sida, lors d’une convention nationale à laquelle ont participé 1 500 jeunes dirigeants. L’UNFPA a marqué la journée à New York en lançant « J’ai le pouvoir », mosaïque photo en ligne qui encourage le dialogue public sur le VIH/sida.

--------------------------------------------------------------------APPROVISIONNEMENT EN FOURNITURES ESSENTIELE

L’UNFPA s’emploie à faire en sorte que, dans toutes les circonstances où ils en ont besoin, tous les gens aient accès à de produits de santé en matière de procréation de qualité et à un prix abordable. La demande dépasse toujours de beaucoup les fonds disponibles et elle est encore appelée à s’accroître du fait de l’amplification des efforts des pays visant à réaliser les OMD. La fiabilité de l’approvisionnement en ces produits, depuis les contraceptifs jusqu’aux kits d’essai et au matériel destiné aux soins obstétriques d’urgence, est indispensable pour appuyer les efforts mondiaux déployés dans le domaine du développement.

  • L’UNFPA a lancé un nouveau Programme mondial d’amélioration de la sécurité des produits de santé de la reproduction (RHCS) en 2005, dont le principal objectif est de faire fonction de catalyseur des efforts dus aux initiatives nationales visant à assurer l’approvisionnement de manière systématique. En sus de remédier aux pénuries immédiates de produits de santé en matière de procréation, le Programme mondial vise à renforcer les capacités nationales à mettre en place des procédures et des mécanismes durables et à promouvoir la fourniture de préservatifs. Les principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et de la réforme des Nations Unies, notamment l’appropriation nationale, l’harmonisation des interventions et les partenariats, sont d’une importance primordiale pour assurer le succès de cet effort mondial.

  • En 2005, l’UNFPA a investi 60 millions de dollars d’une généreuse contribution ponctuelle de 75 millions de dollars des pays de l’Union européenne, pour combler les manques en matière d’approvisionnement dans près d’une soixantaine de pays. Ainsi, pour la première fois, l’UNFPA ne prévoit-il pas de ruptures de stocks majeures au cours de l’année à venir pour les pays qui font appel au secteur public pour répondre à leurs besoins d’approvisionnement en fournitures essentielles.

  • L’UNFPA et divers partenaires, dont la Coalition pour les fournitures de santé en matière de procréation, ont obtenu des ministres de la santé de l’Afrique de l’Ouest l’engagement d’allouer des ressources budgétaires pour l’approvisionnement en fournitures, de mettre en place des comités nationaux de coordination de la RHCS et d’inscrire les contraceptifs sur leur liste de médicaments essentiels.

Participants à une réunion nationale du réseau Youth Peer Education (Y-PEER) organisée à Odessa (Ukraine). Y-PEER, initiative novatrice d’éducation des jeunes par les jeunes due à l’UNFPA, recourt à l’internet pour prévenir l’infection par le VIH et pour traiter d’autres questions de santé sexuelle et procréative chez les adolescents. À la fin 2005, Y-PEER reliait plus de 3 000 membres dans 39 pays, auxquels il apporte des nouvelles, des matériels de plaidoyer, des plans de leçons, des cours de télé-enseignement, des forums de discussion et de nouveaux instruments de formation à l’éducation par les pairs; le réseau dispense également des ateliers pédagogiques pour amplifier son impact. En août 2005, 11 États arabes et deux États d’Afrique de l’Est ont adhéré au réseau dans le cadre de l’initiative de mondialisation de celui-ci.

 

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