ARRÊTER LA VIOLENCE

Une femme sur trois au moins a été battue, contrainte à avoir des rapports sexuels ou a fait l'objet de sévices quelconques. La violence contre les femmes et les filles, forme la plus cruelle de discrimination, est une conséquence immédiate du statut inférieur des femmes. Le FNUAP a une politique claire concernant la violence d'origine sexuelle : tolérance zéro.
Nous travaillons à améliorer les lois et politiques et à faire mieux prendre conscience femmes et hommes, garçons et filles, de la
violence d'origine sexuelle en tant que violation des droits de la personne et atteinte à la santé publique. Nous appuyons la formation des travailleurs sanitaires quant aux moyens d'aider les victimes de la violence, la formation des forces de police et des magistrats afin que soient appliquées les lois pertinentes. Nos projets visent également les hommes, afin de susciter une prise de conscience accrue et de promouvoir un changement de comportement positif. Nous appuyons aussi les entretiens-conseils et les campagnes visant à éliminer les pratiques traditionnelles nuisibles, comme la mutilation génitale féminine.

  • Au Bangladesh, le FNUAP, de concert avec le Ministère de l'intérieur, a fait prendre mieux conscience de la santé en matière de reproduction et des problèmes d'égalité des sexes à près de 4 millions d'officiers des forces militaires et de police. Le projet s'inscrit dans le cadre d'un effort d'ensemble pour sensibiliser les responsables de l'application des lois aux droits des femmes et pour diminuer la violence contre les femmes et les filles.
  • En Indonésie, le FNUAP a soutenu la mise au point d'un plan national d'action sur l'élimination de la violence contre les femmes, lancé le 24 novembre 2000.
  • Au Kenya, des activités de plaidoyer ont encouragé les filles à éviter la mutilation génitale féminine et les hommes à accepter en mariage des filles non circoncises. De nouveaux efforts visent à venir en aide aux filles qui ont été reniées par leurs familles ou se sont enfuies de leur domicile parce qu'elles ne voulaient pas être circoncise.

AIDER LES FEMMES À PARLER ET À GUÉRIR

La vie des femmes peut commencer à changer quand elles parlent à haute voix de la violence dans leurs vies et reçoivent des soins attentifs.
Pour les aider à briser le silence, le Fonds s'est engagé en 2000 dans une nouvelle initiative visant à faire place dans les services de santé en matière de reproduction à l'évaluation et au traitement de la violence. En collaboration avec le Fonds de développement des Nations Unies
pour la femme (UNIFEM) et l'OMS, nous avons préparé un nouveau manuel, A Practical Approach to Gender-Based Violence : A Programme Guide for Health Care Providers and Managers, qui offre des conseils très précis sur la manière de traiter la violence contre femmes
et filles dans les centres de santé. Ce guide fait une place privilégiée aux sévices sexuels dans l'enfance, à la violence familiale, au viol ou à
l'agression sexuelle, et sera mis à l'épreuve sur le terrain en 2001.

Le rapport sur L'état de la population mondiale 2000 a centré l'attention sur les dommages causés par l'inégalité sexuelle et sur la nécessité d'améliorer la condition des femmes. Le rapport, présenté chaque année au mois de septembre dans le cadre de manifestations organisées dans le monde entier, obtient des comptes rendus de presse détaillés. Le rapport de 2000 a occupé la première place sur le site Web de CNN et compté parmi les événements majeurs dans les principaux journaux du monde entier.

LA BOLIVIE AMÉLIORE LE TAUX
D'ALPHABÉTISATION NATIONAL

Sur les hauts plateaux du sud de la Bolivie, les taux de décès infantiles et maternels et d'analphabétisme féminin sont parmi les plus élevés du pays. En 1998, le FNUAP s'est associé au Ministère de l'éducation et à d'autres partenaires pour lancer un projet d'alphabétisation en quechua/espagnol visant à affranchir les femmes et à élargir leur accès aux soins de santé et aux perspectives économiques. En septembre 2000, le projet a obtenu l'un des cinq prix internationaux d'alphabétisation de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Jusqu'à présent, environ 40 000 personnes ont appris à lire et à écrire et sont devenues plus conscientes de leur santé et de leurs droits en matière de reproduction et de sexualité. Le projet a conduit à un recours accru aux services de santé et permis de sauver la vie de mères. Dans la province de Chuquisaca, les taux de mortalité maternelle ont chuté de 70 % en un an, avec 13 décès en 1998 et quatre seulement en 1999.